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Lundi.am et BHL : convergence des luttes ?

Lundi.am et BHL : convergence des luttes ?

Chers lecteurs de lundi.am,

Le Média a été gravement mis en cause dans un article paru sur le site lundi.am le 28 février dernier, sous le titre « Le Média sur la Syrie : naufrage du ‘journalisme alternatif’ » et portant la signature de Mme Sarah Kilani et M. Thomas Moreau. Si nous avons attendu avant de répondre aux contre-vérités et aux divagations qu’il contient, c’est que, tout d’abord, nous n’avons pas estimé qu’il s’agissait d’un travail sérieux.

Mais nous avons été ensuite surpris par l’intérêt suscité par un agglomérat aussi peu solide et des critiques aussi infondées. En quelques jours, grâce au pouvoir multiplicateur des réseaux sociaux et à l’hostilité que Le Média inspirait avant même d’avoir produit le moindre programme, le texte des contributeurs de lundi.am a été largement diffusé par toutes sortes « d’autorités » de la presse française, disposant de puissants relais, à l’image de l’improbable Bernard-Henri Lévy qui, dans Le Point, a repris leur argumentaire. Que cette publication de la gauche critique, lundi.am, se soit alignée sur la position des néo-conservateurs atlantistes nous a d’abord étonné. Mais le pouvoir de nuisance de ce texte ayant propagé des mensonges, il faut nous résoudre à devoir défaire méthodiquement ses raisonnements spécieux, bien que nous aurions préféré utiliser notre énergie pour participer à un débat utile sur la couverture des conflits contemporains, plutôt que de perdre notre temps à dissiper des sottises. Mais enfin, la bulle médiatique unanime nous étant tombé dessus avec les armes que lundi.am lui a fournies, nous devons bien aujourd’hui nous efforcer de montrer que les attaques de leurs contributeurs sont aberrantes.

Voici donc notre réponse à ce pamphlet bâclé qui a tant plu et tant servi à l’ordre médiatique dominant. Ordre dont lundi.am s’est fait, ironie de l’histoire pour des héritiers du situationnisme, le porte-flingue du moment.

L’article de lundi.am commence par une mise en cause des qualités professionnelles de notre correspondant à Beyrouth, Claude El Khal, en se fondant sur la présentation qu’il fait de lui-même sur son blog. Si leurs contributeurs avaient voulu faire preuve d’honnêteté avec vous, lecteurs, ils auraient souligné que ce n’est pas au titre de ces qualités qu’il intervient sur notre antenne, de la même manière que Mme Sarah Kilani n’intervient pas dans les pages de lundi.am au titre de son activité professionnelle de « médecin anesthésiste-réanimateur ». Mais admettons que semer la confusion dans l’esprit de leurs lecteurs était négligeable pour les auteurs de ce texte.

Sans même s’embarrasser de rappeler la mise en contexte de son analyse opérée par Claude El Khal dans la première moitié de son billet, l’article de leurs contributeurs déploie ensuite un raisonnement incohérent et infondé, sur le choix de ne pas diffuser, dans le cadre de son sujet, d’images provenant des quelques sources présentes à l’intérieur de La Ghouta orientale et qui étaient alors quotidiennement relayées par la presse internationale. Les auteurs du texte que lundi.am a publié estiment que cela « pourrait ressembler à de la négation de crimes de guerre », ce qui est non seulement insultant, mais également doublement stupide. Voici pourquoi.

D’abord, nulle part n’est-il fait mention des deux arguments avancés par Claude El Khal, pourtant élémentaires dans la pratique du journalisme, pour justifier son choix et qui méritaient, selon nous, d’être au moins débattus : d’une part, l’interrogation prudente des sources et, d’autre part, le refus de l’instrumentalisation de l’image de la violence à des fins spectaculaires ou « sensationnalistes » et, en fin de compte, politiques.

Nous, nous avons le respect de nos lecteurs.

D’abord, l’interrogation des sources et de leur situation concrète dans une zone de conflit de haute intensité comme La Ghouta orientale n’équivaut en rien à « la négation » de quoi que ce soit, bien sûr, sauf à dire que l’absence d’images postule l’absence de faits. Sans doute est-il bon de rappeler aux auteurs du texte publié par lundi.am que le réel n’a pas commencé à exister à l’invention de la photographie et de la télévision. Et de surcroît, qu’une image en soi ne « prouve » rien, comme l’ont abondamment montré les nombreux exemples de manipulation et d’interprétation erronée des images dans les guerres qui ont ensanglanté le XXe siècle ou l’essentiel des travaux de sémiologie des médias, par exemple, sans même parler de Guy Debord pour qui « les images existantes ne prouvent que les mensonges existants ». Mais ces questions sont tellement scolaires que nous ne pouvons que renvoyer leurs contributeurs aux abondants travaux universitaires de ces soixante dernières années, pour commencer.

Entre parenthèses – et ce serait burlesque si l’accusation n’était pas aussi grave –, leur usage du conditionnel est particulièrement malhonnête, dans la mesure où il ne fait qu’émettre l’hypothèse suivante : « Peut-être Le Média se rend-t-il coupable de négation de crimes de guerre ? » Peut-être… Ou peut-être pas. Pure insinuation qui, utilisée à l’encontre de la publication lundi.am, permettrait toutes sortes de flétrissures et d’amalgames injurieux dont nous nous abstiendrons, de manière à ne pas faire usage de procédés aussi pervers que ceux des auteurs du texte. Nous, nous avons le respect de nos lecteurs.

Ceci étant posé, il ne nous paraît donc pas nécessaire de répondre aux digressions suivantes des auteurs sur les vertus des outils technologiques d’analyse des images, sur l’existence ou non de « photos neutres » dans les guerres ou sur les opinions politiques des correspondants de guerre, en prenant de surcroît pour exemple l’immense photographe Robert Capa, dont on sait quel regard détaché et parfois ironique il posait sur la pratique de son métier au front. Sans doute serait-il d’ailleurs utile de rappeler aux contributeurs de lundi.am que le nom même de « Robert Capa » est celui d’un personnage fictif inventé par le facétieux et intrépide couple que le photographe André Friedmann formait avec Gerta Pohorylle, dite Gerda Taro, pour mieux « vendre » leurs images de la guerre d’Espagne à des journaux à fort tirage.

Par ailleurs, les digressions de leurs contributeurs ne répondent à aucune des questions que nous avons posées sur notre antenne. L’appel à la prudence formulé par Claude El Khal n’étant ni un amalgame de l’ensemble des images provenant des agences de presse dans un même ensemble définitivement disqualifié, ni une distinction absurde entre « images neutres » et « images partisanes », ni une discutaillerie sur l’état de conscience des reporters de terrain. Ni non plus, comme leurs contributeurs le répètent à l’envi tout le long de leur pamphlet, une défense et illustration du régime de Bachar al-Assad, de ses séides ou de ses donneurs d’ordre.

Qu’il nous soit donc permis de préciser son intention puisque, à l’évidence, les extrapolations de vos collaborateurs sont passées totalement à côté, au profit d’une très longue digression qui ne correspond absolument pas aux propos de Claude El Khal. Vous, lecteurs, en serez, nous l’espérons, plus instruits sur un débat qui nous paraît plus que nécessaire.

D’abord, l’interrogation des sources. Dans son billet, Claude El Khal ne prétendait pas théoriser le statut des informations provenant de zones de conflit en général. Au contraire, il se contentait de mettre en garde contre un usage imprudent et périlleux d’images en provenance de La Ghouta orientale, étant donné la situation concrète dans cette ville, les rapports de force internationaux actuels autour de la guerre en Syrie, étant donné aussi les acteurs d’un conflit qui ne sont pas que Syriens, et enfin aux nombreux cas problématiques d’influence des images sur le cours des guerres observés lors d’un passé récent, surtout s’agissant des conflits du Moyen et du Proche-Orient. Que l’on songe seulement à la somme de mensonges, d’intoxications, de fausses nouvelles et d’âneries plus ou moins volontaires diffusés avant, pendant et après les deux invasions de l’Irak en 1991 et 2003, le coup de force de l’OTAN au Kosovo en 1999 ou les opérations militaires étrangères en Libye en 2011… Cette énumération n’est pas exhaustive. Mais leurs contributeurs n’en font pas mention : cela mettrait en péril leur prétendue démonstration.

Dans son billet, Claude El Khal attirait donc l’attention sur le fait que le secteur soumis à l’offensive d’une extrême brutalité de l’armée de Damas et de ses supplétifs, appuyée par les forces armées russes, était encerclé. Et que les civils y sont piégés, non seulement par la présence tout autour de forces armées pro-gouvernementales qui se sont rendues coupables d’innombrables crimes dans toute la Syrie, mais aussi par leur instrumentalisation par les groupes armés insurgés qui s’y trouvent et qui ont unanimement, le 23 février dernier, dans une lettre ouverte au secrétaire général de l’ONU Antonio Gutteres, « rejeté catégoriquement toute initiative qui prévoit la sortie des habitants de leur maison et leur transfert vers n’importe quel autre endroit ». Comme vous le savez, les journalistes étant des civils, il ne nous paraît pas absurde de nous questionner sur les conditions concrètes de recueil et de diffusion d’informations depuis une enclave soumise d’un côté à un siège d’une violence extrême et, de l’autre, où des groupes armés interdisent toute sortie et qui, ainsi que l’a documenté Human Rights Watch fin 2015, ont eu recours à des pratiques barbares telles que l’encagement public de prisonniers et de leurs familles afin de « dissuader les attaques des forces gouvernementales ».

Nous disons que l’examen rationnel des conditions de production des images et, ensuite, de leur diffusion dans un programme comme notre journal quotidien, sous une forme très brève, nécessairement peu contextualisée, donc difficilement compréhensible pour le téléspectateur, est une démarche nécessaire. Le Média, et son correspondant Claude El Khal, ont choisi de répondre deux choses à ces questions : premièrement, étant donné la situation concrète du secteur et les nombreuses questions sans réponse que posent les documents provenant de la zone assiégée, que nous ne sommes pas en mesure actuellement de connaître avec certitude les conditions de tournage des images qui nous parviennent de La Ghouta orientale, même à travers des canaux traditionnels que sont les agences de presse internationales ; deuxièmement, que la diffusion de telles images à la signification vague, ou incomplète, dans le cadre d’un journal tel que celui que nous diffusons tous les jours à 20 heures, au milieu d’autres informations relayant d’autres images, ne nous a pas paru pas justifiée.

Ces questions, du reste, l’ensemble quasi unanime des médias français se les sont posées régulièrement dans le passé, après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, après les tueries de Charlie-Hebdo et du supermarché Hypercacher, celles du Bataclan ou de la promenade des Anglais à Nice, par exemple. Le maniement des archives est un exercice simple aujourd’hui : aussi vos contributeurs auraient-ils pu se souvenir que le Conseil supérieur de l’audiovisuel avait d’ailleurs, en juin 2017, sanctionné France Télévisions pour la diffusion d’images « choquantes » après l’attentat terroriste de Nice et que plusieurs médias, comme Le Huffington Post par exemple, avait choisi en septembre 2015 de ne pas diffuser l’image terrible d’un petit enfant noyé sur une plage de la mer Egée et avaient publiquement expliqué pourquoi. Mais s’agissant d’images en provenance des zones de conflit, qu’elles proviennent d’Afrique ou du Moyen-Orient, il n’y aurait pas matière à débat ?

Nulle part nous n’avons dit que nous prétendions contester à d’autres rédactions la liberté de faire d’autres choix (étant donné leurs formats différents, notamment), ni que nous prenions là une position de principe, qui vaudrait dans toutes les situations, à toutes les époques. Claude El Khal a répondu à des questions précises, posées par une situation précise et un contexte politique précis.

Encore une fois, les contributeurs de lundi.am tirent des conclusions générales d’un cas particulier, ce qui est un procédé qu’on appelle « l’induction », mais que nous pourrions tout aussi bien appeler « sophisme ». Ce n’est pas parce que, dans le cas de La Ghouta orientale, Claude El Khal exprime des réserves sur ce qui paraît peut-être des évidences à beaucoup de médias qu’il énonce une règle générale et indépassable du journalisme, qu’il engage la ligne éditoriale du Média pour tous les conflits du monde, ou même pour toutes les zones de conflit de Syrie. Il conduit un raisonnement, explique ses choix et propose des réponses à des questions. Lui faire dire autre chose est soit le signe d’un manque d’intelligence, soit le révélateur d’une évidente volonté de nuire. Ou les deux.

Que notre contribution à ce problème grave auquel les médias contemporains sont confrontés ait été interprétée par les contributeurs de lundi.am comme du « révisionnisme en temps réel bon teint », voire du « conspirationnisme avéré » ne démontre, par conséquent, qu’une série de choses, en réalité : les lacunes de leur outillage intellectuel, leur manque de culture sur les accusations qu’ils profèrent, leur préjugés malveillants à notre encontre, l’indigence de leur capacité de raisonnement, leur projet de désinformation de vos lecteurs et leur méconnaissance de l’état de la réflexion contemporaine sur la diffusion d’informations depuis les zones de conflit.

Lundi.am peut très bien faire le choix d’œuvrer à la victoire des groupes fondamentalistes armés qui combattent la dictature syrienne et leurs tuteurs internationaux : c’est sa liberté.

Plus complexe, donc plus difficile à appréhender par les deux contributeurs de lundi.am, l’autre question soulevée par Claude El Khal a, identiquement, été largement ignorée. Cette question était : quelle règle un média comme le nôtre entend-t-il respecter, face à l’utilisation récurrente d’images de violence, à notre époque, dans des campagnes de communication politique ? La réponse des deux contributeurs est : aucune, pourvu que les images proviennent du camp qu’ils soutiennent. Encore une fois, il appartient à lundi.am de soutenir la victoire d’un camp contre l’autre dans les conflits violents qui ensanglantent la planète. Lundi.am peut très bien faire le choix d’œuvrer à la victoire des groupes fondamentalistes armés qui combattent la dictature syrienne et leurs tuteurs internationaux : c’est sa liberté. Mais c’est là sans doute notre différence fondamentale. Car au-delà de l’appréciation que nous pourrions porter sur tel ou tel belligérant dans et autour de La Ghouta orientale, nous n’entendons pas faire du Média un instrument de mobilisation des belligérants défigurant le monde selon nos préférences politiques, mais avant tout un instrument de compréhension des événements contemporains. Loin de plonger les téléspectateurs dans « les eaux glacées du relativisme total et une reprise sans filtre de la rhétorique justement développée depuis le début de la révolution par Bachar el-Assad » comme l’affirment les contributeurs de lundi.am, notre volonté est de prendre du recul par rapport à un événement d’une puissante charge émotionnelle et de réfléchir aux conséquences de ce qui nous apparaît comme de fausses évidences dans la pratique du journalisme. Il est donc assez sidérant de voir qu’on reproche au Média de ne pas prendre parti, alors même que Le Média est accusé d’être de parti-pris !

Nous l’avons dit et répété. Notre manifeste fondateur est clair. Nous souhaitons être un média humaniste, soucieux de la dignité des victimes et plus sensibles aux initiatives de paix qu’aux appels à la guerre. Instruits par l’histoire, nous sommes solidaires du peuple syrien, qui est la première victime des tueurs qui font régner leur loi et des fanatiques qui ont piraté sa révolution. Nous mettons en garde contre l’instrumentalisation des médias et de leur puissance sur les affects par les partisans d’une intervention militaire occidentale en Syrie et nous mettons en garde contre les conséquences désastreuses d’une internationalisation plus large, plus grave, plus incontrôlable, de la guerre en Syrie.

En exprimant notre volonté de prudence dans notre usage des images et notre appréhension méfiante des efforts de propagande autour du conflit syrien, nous aurions donc « renvoyé dos à dos bourreaux et victimes », ce qui serait un « procédé rhétorique bien connu qui permet de relativiser les crimes de l’agresseur », affirment encore les contributeurs de lundi.am. Notre positionnement en faveur de la paix serait une manière de mettre « crosse en l’air » afin de « mieux laisser faire en Syrie les puissants, les forts, les dépositaires de la violence soi-disant légitime », disent-ils encore. C’est gravement déformer notre position, qui est de préférer à toute entreprise d’appel à la mobilisation belliqueuse les voies et moyens de cessation des violences, sans que cela ne préjuge en rien de nos sympathies ou nos vœux sur l’issue du conflit d’un pays qui, nous le rappelons à toutes fins utiles, n’appartiennent qu’aux Syriens, et rien qu’aux Syriens. En fait de « procédés rhétoriques », en voilà un bel échantillon : le même que l’ancien président des Etats-Unis George W. Bush avait utilisé en disant que « ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous ». Pire encore : c’est un procédé qui consiste à nous faire dire des choses que l’on ne dit pas, puis à s’offusquer qu’on les ait dites. Cela s’appelle vous enfermer, vous lecteurs, dans un cercle vicieux et vous mentir.

Donc, que les choses soient claires une fois pour toutes. Claude El Khal a été explicite à ce sujet mais, malheureusement pour vous, lecteurs, les contributeurs de lundi.am ne reprennent ses propos que pour les mettre en doute. En Syrie, nous sommes bouleversés par les souffrances de la population prise dans les combats et nous en tirons les conséquences pour notre travail. Nous saluons le courage et l’application des reporters de guerre qui témoignent, avec leurs moyens, de la douleur et de l’épuisement des civils coincés dans une guerre monstrueuse. Nous soutenons, dans la bataille de La Ghouta orientale, les voix et les efforts de ceux qui appellent à faire cesser durablement le massacre, les voix et les efforts de ceux qui s’efforcent de faire cesser les tueries, lesquelles ne se résument d’ailleurs pas à cette ville, ou à Damas, ou à Afrine, ou à Alep ou à Mossoul.

Eh bien non, c’est maintenant clair, ce n’est pas Le Média qui prône l’intensification de la guerre et l’aggravation des violences contre les civils.

Les contributeurs de lundi.am mélangent par ailleurs, dans leur texte, le sujet présenté le 23 février par Claude El Khal dans le Journal du Média et l’interprétation qu’ils font de « posts » de blog anciens, voire de « tweets ». Pour notre part, nous ne pousserons pas la critique jusqu’à l’exploration édifiante des publications antérieures de Mme Kilani ou de M. Moreau sur les réseaux sociaux ou ailleurs : mais, si vous souhaitez connaître notre avis sur les publications de Claude El Khal, nous engageons simultanément lundi.am à faire toute la lumière, dans l’intérêt de ses lecteurs, sur les propos publics tenus sur les réseaux sociaux par ces deux procureurs improvisés.

Enfin, la conclusion de l’article des contributeurs de lundi.am est d’une indécence rare, qui ne peut pas rester sans réponse. Dans un court paragraphe honteux, ils avancent le nom de l’immonde Darquier de Pellepoix et les mensonges ignobles de Robert Faurisson pour prétendre que « la rhétorique » de Claude El Khal « se situe dans le registre du premier pas vers le négationnisme ». Non seulement les contributeurs de lundi.am imputent à Claude El Khal, et par extension au Média, la commission d’un crime puni par le code pénal, mais ils ajoutent une injure infâme à la diffamation caractérisée en sous-entendant que le travail de l’un de nos collaborateurs pourrait aboutir « un jour à une ignominie semblable sur La Ghouta ou Alep si l’on n’y prend pas garde ». Eh bien non, c’est maintenant clair, ce n’est pas Le Média qui prône l’intensification de la guerre et l’aggravation des violences contre les civils.

Au fond, chers lecteurs de lundi.am, vous le voyez : les contributeurs qui nous ont injurié ont pris leur désir pour des réalités et leurs préjugés pour des arguments. C’est pourquoi nous voulons faire connaître notre position, de manière à ne pas vous laisser être insultés par la médiocrité du travail fourni par ces personnages.

La Rédaction du Média

21 Comments

  1. franck rigaud

    La présentation de Claude El Khal était digne. De plus, le fait d’insister sur la non présentation des images nous obligeait à réfléchir. Pour ma part, j’avais en tête des images vues à la télé des bombardements alliés sur les villes françaises (une pensée pour Howard Zinn : https://fr.wikipedia.org/wiki/Howard_Zinn ou alors sur « là-bas si j’y suis »).

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    • Michel Haji

      Pire que le libéralisme ultra-réactionnaire de Mr Macron et des grands médias, il y a votre confusionnisme à 2 sous. Vous vous vautrez dans les théories du complot tout en cherchant des appuis à gauche. Vous êtes non seulement pitoyables, mais aussi terriblement nuisibles et dangereux. Allez plutôt aider vos nouveaux copains de causeur ou du PRCF.
      A quand l’antisémitisme et les théories du complot trotskyste?

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      • Michel Haji

        ( je vise « le média »)

      • valentini

        t’as l’air un tantinet confus voire tourneboussolé Mimi ! Mais bon ! Ne lâche pas ta crotte ! Je sens que t’es sur une piste !

  2. Cristo

    Personnellement je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à ne pas montrer d’images choquantes. La prise de position de C. El Khan est respectable. Certains médias bien pensant me dégoûte et nous abrutissent.

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    • Alain Huard

      Ah ça je suis bien d’accord ! C’est quoi cette couleur de texte gris pâle sur fond blanc ?
      Nous n’avons pas tous un écran calibré pour le travail photo/vidéo, et généralement on pousse la luminosité pour voir les vidéos confortablement, du coup le texte est illisible.
      J’ai deux écrans, dont un pour regarder les films, et en passant cette page de l’un à l’autre j’ai vu la différence !

      Et on doit zoomer la page à 150% pour que ça soit lisible.

      Petits détails à la con, mais ça compte !

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      • Alain Huard

        Tiens, il semble qu’on ait été entendus, bravo au webmaster pour la réactivité !

        Tant qu’on y est, si vous pouviez faire en sorte que quand on zoome dans la page on ne zoome pas le menu (chapeau ?), ça serait bien, parce que j’ai dû dézoomer pour arriver à lire, sinon le menu prend près de la moitié de la page !

        Je suis un peu tatillon, mais à la limite ça vous fait des vacances par rapport aux discours haineux qu’on peut lire ici !
        Les discours de paix et de sagesse semblent pour certains d’une violence extrême !

  3. BERNARD

    Votre réponse à cette calomnie est à la hauteur de la qualité de votre travail de journaliste. Tant que vous serez dans cette attitude et ce professionnalisme, vous serez inattaquables. Je suis de plus en plus fiers de vous avoir suivi dès le début au 15 janvier dernier et d’être devenu #socio des la mi-décembre. Merci, vous représentez LA démocratie, face à un système médiatique mainstream défaillant qui doit promouvoir les intérêts de leurs employeurs.

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  4. Hollard

    D’abord bien d’accord avec Franck, Cristo et Bernard.
    J’ajoute que, face à une expression de « pensée unique » exacerbée, je suis aussi très heureux (oui heureux !) de partager ce projet « Le Média » avec les socios et web-spectateurs attentifs aux informations, présentations et débats qui nous font voir et comprendre les dessous de l’actu.
    Merci et on continue !!!

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  5. Alain Huard

    Merci pour cette mise au point, et merci de ne pas vous laisser faire.

    Ça devient dingue, c’est plus un débat d’idées, où on aurait le droit d’avoir une approche différente, auquel cas on argumente, mais non, là c’est le pilori si tu ne suis pas la ligne !

    Les braves gens n’aiment pas que
    L’on suive une autre route qu’eux.

    Et quand on voit où mène leur autoroute, on a de quoi être fiers de notre chemin des pâquerettes !

    Claude, on est avec vous, et big up à Alexis poulain et son texte sur la calomnie !

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  6. SENIAU

    Très bonne mise au point avec recul sur la campagne de calomnies et de déformations des propos de Claude et du Média
    Continuez comme cela nous sommes avec vous et avec Claude respect

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  7. Socio Noëlle M

    J’ai écouté (en direct) et validé chaque mot, chaque prise de position de Claude El Khal et ce n’est pas un BHL qui me fera changer d’avis, tout au contraire !

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  8. Romain

    Bravo et merci ! Je n’avais pas le recul nécessaire pour savoir quoi penser de l’article de Lundi.am, et j’attendais avec impatience une réponse de votre part. Je suis fier de vous soutenir ! Merci pour votre travail !

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  9. valentini

    Allez les socios les sociosses ! Au point où les médias-hue ! en sont donnant au mieux dans la cuistrerie et le philistinisme jouons au point godwin

    Les médias meinkampf accusent Le Média de relativisme de négationnisme et donc, chemin faisant pavé de bonnes intentions, d’antisémitisme qui au fond tout au fond du cerveau sans fond de Botul-Hou-La seigneur des foules philosophe-pêcheur de moules perlières, n’est qu’un cas particulier d’antiaméricanisme La terre promise en effet c’est Collomb qui l’a trouvé pas Moïse Et comment l’a-t-il trouvé ? En suivant les migrants à la trace… AH AH AH (avec un A et un H comme Adolf Hitler) Rions de leurs valeurs et de nous voir canard noir canardé dans ce miroir ! Et pis tout ça qui n’a de sens que sur un divan avachi à force d’ouverture d’esprit en direction de nulle part chez les frères UBUczynski, il y a bien un bon ami qui en tirera de quoi crouter ? Disons lundi matin en présence de l’empereur Potain de sa grue couronnée et du p’tit con au cerveau où circule de l’eau-de-boudin…

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  10. Jacquot

    Vous écrivez «L’article de lundi.am commence par une mise en cause des qualités professionnelles de notre correspondant à Beyrouth, Claude El Khal, en se fondant sur la présentation qu’il fait de lui-même sur son blog.»
    Mais n’est-il pas légitime de juger les idées d’un commentateur à ce qu’il écrit?

    À ce sujet, vous ne répondez pas au fait que Claude El Khal a écrit sur son blogue que Daesh pourrait avoir été créé par Israël pour servir ses intérêts dans la région, comme le remarque l’article de lundi.am. (le poste de blogue en question: https://claudeelkhal.blogspot.fr/2014/08/the-daesh-conspiracy-fact-or-fiction.html, le tweet « Isisrael » de M. El Khal https://twitter.com/claudeelkhal/status/488769223661846528/photo/1)
    N’est-il pas problématique que votre correspondant véhicule des thèses se rapprochant, semble-t-il, du complotisme?

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    • valentini

      N’EST IL PAS PROBLÉMATIQUE que votre correspondant VÉHICULE DES THÈSES SE RAPPROCHANT, SEMBLE-T-IL, du complotisme ?

      ma foi ! monsieur le répète-Jacquot ou tu exhibes les thèses en question, en coupant court aux circonlocutions prudentielles qui font quand même un peu avocat collé au trou du cul du diable, à chacun son judas, et tu cesses sur-le-champ, sans remettre la chose au lundi matin, de jouer au voyeur heureux d’en foutre plein la vue ou tu avoues que tu ne véhicules rien d’autre que de vaines spéculations à la façon des aigrefins et autres pisse-vinaigres Mais à propos de complot plot plot pouf ! COLIN POWELL le remonteur de bretelles dictatoriales n’a-t-il pas juré à la face des nations avec l’aplomb de l’homme habitué à pisser en pleine lumière, n’a-t-il pas prétendu IMAGES à l’appui et croquant croquis détenir des preuves irréfutables qui ont servi de prétexte à la guerre en Irak elle-même MÈRE d’autres guerres qui se poursuivent en ce moment même… Qui alors a parlé de thèses se rapprochant du complotisme ? Sans parler de qui a réellement comploté contre l’Irak avec les résultats que nul n’est censé ignorer, monsieur le bon client du con qui p’lote ?

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  11. BaladiAkka1948

    Perso, ce qui m’a fait le plus ‘marrer’ dans l’article de Lundi-Machin: il tente de décrédibiliser Claude El-Khal en évoquant que sur la carte en arrière-plan Damas a été confondu avec Deraa, alors qu’il suffit de vérifier sur un carte, Deraa est collée à la frontière jordanienne …… à partir de là j’avais compris qu’ils cherchaient uniquement à le calomnier (et je dis en n’étant pas sur la même ligne que Claude El-Khal et Le Media sur la Syrie, mais c’est une autre histoire).

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  12. Sylviane Pantigny

    Merci de cette mise au point claire et respectueuse des lecteurs. Mon soutien total bien sûr au Média et à toute l’équipe et dans ce cas particulier à Claude El Khal qui ne cherche pas à racoler en usant de la sensibilité des spectateurs. Les images, on le sait, les photographies disent ce qu’on veut leur faire dire. En plus, la photo ne révèle que ce qui est dans le cadre, mais qu’y a-t-il hors cadre ? Nous avons besoin, grandement, de vrais journalistes, comme ceux du Média, comme Claude El Khal.

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  13. Politicoboy

    Bonjour ! Cet épisode ressemble à s’y méprendre à une manoeuvre de subversion rondement menée, dans le pur style du comité invisible. Le pamphlet publié sur lundi AM par des journalistes rageurs dont on terra en effet les tweets problématiques a provoqué une passion soudaine des grands médias et éditocrates qui se sont empressés comme des idiots utiles à relayer massivement lundi AM, attirant des milliers de nouveaux visiteurs sur les pages de ce foyer insurrectionnel, et faisant monter de façon spectaculaire le site dans le référencement google. Et de l’autre, LemédiaTV récupère de nouveaux socios et collecte des dons supplémentaires.

    SI ce n’est pas fait exprès, alors espérons que ces deux foyers de la gauche critique, chacun dans son rôle et à sa façon, vont continuer de mener leur propre entreprise de subversion pour gagner la bataille des idées sans se tirer des balles dans le pied !

    http://www.politicoboy.fr/politique/faut-il-avoir-peur-black-bloc/

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