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« The Last Shot » pour l’éternité

« The Last Shot » pour l’éternité

Il y a 20 ans jour pour jour, le 14 juin 1998, Michael Jordan et les Chicago Bulls gagnaient leur 6ème et dernier sacre NBA. Retour sur ce que beaucoup aiment considérer comme étant la « véritable dernière saison » du plus grand joueur de basket-ball de l’histoire.

La plus grande équipe de l’Histoire du jeu ?

C’est une question à laquelle il est évidemment difficile de répondre dans l’absolu. Toujours est-il qu’en novembre 1998, la franchise de Windy City (le surnom donnée à la ville de Chicago) revient défendre un second titre consécutif obtenu dans la douleur contre le Utah Jazz de Karl Malone et John Stockton. La bande emmenée par coach Phil Jackson sort aussi de deux saisons stratosphériques avec, à la clé, deux bilans records en saison régulière (le fameux 72-10 en 1996 puis 69-13, deuxième bilan de l’histoire à l’époque, en 1997) et deux titres.

Les amoureux de la balle orange se souviennent sûrement du buzzer beater planté par “MJ” lors du game 1 et évidemment du légendaire flu game lors du game 5. Ce fameux match durant lequel un Michael Jordan souffrant d’une grippe intestinale offrit la victoire aux Bulls. Cette rencontre, en plus d’y être décisif, il la termine avec 38 points, 7 rebonds, 5 passes et 3 interceptions. Cette performance est encore aujourd’hui considérée comme l’une des plus impressionnantes de l’histoire des NBA Finals.

Une saison régulière en demi-teinte

Le trio Michael Jordan-Scottie Pippen-Dennis Rodman, bien aidé par Tony Kukoc en sixième homme, paraît imbattable au moment d’entamer l’édition 1997/1998. Et comme la saison précédente, le Jazz semble être l’équipe la plus crédible pour leur tenir tête. Ce, d’autant plus que Michael Jordan file vers ses 36 ans et que Scottie Pippen est en délicatesse avec son dos.

En effet, le fidèle lieutenant de “Sa Majesté” manque la moitié de la saison, ne jouant que 44 matchs sur 82 possibles. Avec un bilan de 9 victoires pour 7 défaites à l’issue du mois de novembre, les observateurs commencent à se poser des questions sur les chances de Chicago de remporter un second three peat (gagner trois titres consécutifs). Leurs concurrents directs dans la conférence Est et dans la division centrale, les Indiana Pacers de Reggie Miller, sont en embuscades. Ils se sont même situés devant au classement durant une bonne partie de la saison.

Si Michael Jordan tient la baraque, le retour de Pippen apporte un peu d’air à la franchise de l’Illinois qui va enregistrer treize victoires de rang pour finir la saison sur un bilan encore une fois excellent de 62 victoires pour 20 défaites, à égalité avec… le Jazz évidemment. Comme à l’accoutumé, “His Airness” finit meilleur scoreur de la saison et glane un cinquième MVP de la saison régulière.

Cependant, entre l’âge de Jordan et le dos de Pippen, les chances du Jazz dans l’éventualité d’une nouvelle confrontation face aux Bulls en finale, paraissent franchement ouvertes…

L’enfer c’est Reggie Miller

En Playoffs, si le Jazz se fait une petite frayeur contre les Rockets du vieillissant trio Olajuwon-Barkley-Drexler au premier tour, la suite est une promenade de santé. Pour Chicago, c’est le schéma inverse. Une promenade de santé au premier tour puis en demi-finale de conférence, avant de passer tout près de l’enfer.

Les finales de Conférence Est face aux Pacers ont sans doute été les plus difficiles à remporter. Reggie Miller – gâchette légendaire de la franchise de l’Indiana – offrait sur un buzzer beater un game 7 qui promettait d’être irrespirable. Reggie Miller, c’est ce personnage taillé comme un coton-tige mais qui, par son abnégation et sa rage, en a fait voir de toutes les couleurs au déjà proclamé “meilleur joueur de tous les temps”. Sa défense sur l’homme, son adresse aux tirs et son trash talking (manière de nommer la provocation verbale outre-Atlantique et pratique courante dans les sports US) ont été un calvaire à gérer pour Chicago.

Irrespirable, ce game 7 l’a été. Les Bulls sortent du premier quart-temps en étant menés 27-19, étouffés par la défense rugueuse des joueurs d’Indianapolis. Car les Pacers, ce n’est tout de même pas que Reggie Miller. Le duo d’intérieur Rik Smith-Dale Davis, Jalen Rose et Travis Best sur les postes extérieurs pour entourer Reggie, n’étaient pas moins des chiens sur le parquet que ce dernier. Néanmoins, le temps de rattraper ce retard dans le second quart-temps puis de jouer au coude à coude toute la seconde mi-temps, les Bulls viennent finalement à bout de la bande à Reggie sur le score de 88-83. Les chicagoans retrouvent les NBA Finals pour la sixième fois, la troisième consécutivement et pour y retrouver le Jazz une seconde fois de suite.

Vers un sixième sacre ?

A priori, ces finales paraissent plus équilibrées, peut-être même avec un très léger avantage au Jazz. Au vu de la saison régulière et des finales de conférences, beaucoup voyaient Chicago moins fort que la saison passée et, a contrario, le Jazz plus fort.

La rencontre initiale semblait partie pour donner raison à certains observateurs, forcément attentifs à une éventuelle chute de “Sa Majesté”. Et en effet, les débats ne commençaient pas sous les meilleurs augures pour Jordan et ses compagnons. Le Jazz enlève le game 1 sur le score de 88 à 85. C’était un petit événement dans la mesure où il n’était plus arrivé aux Bulls de perdre la première rencontre des finales depuis celles jouées en 1991 face aux Lakers de Magic Johnson. Il s’agissait alors des toutes premières NBA Finals pour “Michael” et ses Bulls.

Si les Bulls remportent les trois matchs suivants, ils perdent néanmoins le game 5. Comme l’année précédente, les Bulls doivent jouer le titre lors d’une sixième rencontre.

Un dernier game winner pour la route

Le game 6 est chargé d’une atmosphère étouffante. Sans vraiment se détacher, le Jazz domine les trois premiers quart-temps. Côté Bulls, Michael Jordan paraît quelque peu esseulé. Pippen est asphyxié par la défense du Jazz (il finira le match avec 8 petits points au compteur). Karl Malone domine Dennis Rodman dans leur match-up dans la raquette. Les systèmes mis en place par Jerry Sloane, coach d’Utah, fonctionnent. Le Delta Center – la salle du Jazz – pousse, entrevoyant un possible match décisif.

C’est alors que l’odyssée “jordanesque” atteint à la fois son point d’orgue et son épilogue. Ce qui va se passer n’a plus rien de rationnel. Un homme, ou « Dieu déguisé en Michael Jordan » comme disait Larry Bird, prend en main son destin, celui de sa franchise, ainsi que celui de ces finales NBA. Pour beaucoup — et comme faisant l’analogie avec 1993, lorsque Jordan avait pris sa première retraite après un premier three peat — cette saison prend alors des airs de tournée d’adieu. Une seconde et dernière retraite était pressentie. Ainsi His Airness choisit ce moment précis pour faire ce qu’il savait faire de mieux.

Il reste moins d’une minute à jouer et le Jazz menait 86 à 83, possession pour les Bulls. Jordan remonte le ballon tel un meneur de jeu. Il s’en va pénétrer seul dans la raquette d’Utah pour, d’un lay-up, permettre à sa formation de revenir à -1. Le Jazz récupère donc la possession, menant encore 86-85 et avec l’horloge qui continuait de tourner. Malone reçoit le ballon, bien serré par le marquage de Dennis Rodman. Moment idéalement choisi par Jordan pour venir prendre le ballon dans les mains de l’intérieur du Jazz.

La suite n’est que pure poésie. La fin rêvée pour tout athlète, pour tout compétiteur. Définitivement, Michael Jordan va devenir le plus grand. Plus grand qu’il ne l’a jamais été. Il remonte la balle, et comme lors du buzzer beater planté dans le game 1 des finales 1997, Byron Russell vient se placer au marquage. Et toujours comme l’année précédente, Jordan s’en va le mettre dans le vent pour rentrer son dernier game winner en NBA Finals. Le temps que John Stockton manque sa tentative désespérée à 3 points, le buzzer retentit et les Bulls de Michael Jordan gagnent leur sixième titre. Le troisième consécutif, pour un deuxième three peat. The Last Shot, pour l’éternité et à jamais.

Légende : Michael Jordan

Crédits: mccarmona23/Flickr

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