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C’était il y a 40 ans, l’odyssée européenne du Sporting Club de Bastia

C’était il y a 40 ans, l’odyssée européenne du Sporting Club de Bastia

Quarante années sont passées depuis l’exploit du Sporting Club de Bastia, qui était parvenu jusqu’à la finale de la Coupe UEFA (appelée Europa League aujourd’hui). Une performance qui a marqué l’histoire du football français et peut-être même – n’ayons pas peur de le dire – du football européen.

Oui, du football européen, car il faut se rendre compte à quel point le “SCB” est non seulement un petit club à l’échelle du football français, mais l’est encore davantage à l’échelle du football européen. Sur le parcours du club corse jusqu’à la finale se trouvent, le Sporting Portugal, Newcastle, le Torino, les Est-Allemands de Iéna, les Grasshoppers de Zurich. Autant d’immenses Goliath à affronter pour le petit “David” venu de l’Île de Beauté. Peu de clubs de français se sont payés le luxe de pouvoir battre des clubs anglais et italiens sur leurs propres pelouses. Bastia l’a pourtant fait.

Un exploit de taille

L’armada corse était néanmoins belle. Il faut le dire. Charles Orlanducci, François (dit “Fanfan”) Félix, l’avant-centre Merry Krimau, les anciens stéphanois Félix Lacuesta, Jean-François Larios et l’international hollandais Johnny Rep, sans oublier le génial meneur de jeu Claude Papi. Sur les terrasses de la Place Saint-Nicolas, on se plaisait à dire que « le divin chauve (son surnom alors) » était « plus fort que Michel Platini ». Nous ne polémiquerons pas là-dessus. Toujours est-il que le meneur corse avait de l’or dans les pieds pour mener son équipe sur les plus hautes marches du football européen, en marquant 7 buts qui plus est.

L’exploit est d’autant plus impressionnant que les règles de fonctionnement de la “C3”, à l’époque, étaient bien différentes. Aujourd’hui, les championnats d’Angleterre et d’Italie offrent 4 places pour accéder à la Ligue des Champions. Les trois places suivantes sont quant à elles qualificatives pour l’Europa League. Lorsque la Ligue des Champions s’appelait encore “Coupe des Clubs Champions”, seul le champion national pouvait y concourir. Imaginez, si les règles étaient encore ainsi à l’heure actuelle, le Real Madrid de Cristiano Ronaldo jouerait l’Europa League, puisque seul le FC Barcelone, récemment sacré champion, aurait le droit de jouer la “C1”.

Ainsi, lorsque Bastia affrontait Newcastle et le Torino, c’était à ce moment-là des véritables cadors des championnats anglais et italiens. Le club corse, encore nommé le “Sporting Etoile Club de Bastia” à ce moment-là, semblait si petit que le Sporting Portugal avait pris le stade Armand Cesari (le stade du Sporting) pour le terrain d’entraînement. C’est ce que raconte l’anecdote. Le club portugais n’allait pas tarder à regretter sa condescendance puisque les Bastiais allaient remporter ces 32e de finale 3 buts à 2 à l’aller, puis 2 buts à 1 sur le terrain des Lisboètes au retour. La belle histoire blanche et bleue pouvait commencer.

Mais le plus beau reste à venir. Lors des 16e de finale les Corses doivent défier Newcastle. L’aller avait été remporté par les Bastiais sur le score de 2-1. Le retour à St James’ Park s’annonçait alors très compliqué, comme au tour précédent. Le premier exploit insulaire allait voir le jour lorsqu’ils s’en allait terrasser les anglais sur leur pelouse 1-3. Le tour suivant promets aux Corses le grand Torino.

Le Torino était alors une des plus grandes équipes italiennes. Elle compait dans ses rangs quelques illustres internationaux transalpins tels que les attaquants Francesco Grazziani et Paolo Pulici ou encore le milieu de terrain Claudio Sala. Le match aller n’augurait au départ rien de bon car Pulici allait ouvrir la marque avant la demi-heure de jeu. Mais Papi et Rep se sont respectivement chargés d’égaliser puis de donner un avantage crucial aux turchini.

Le match retour, au Stadio Communale de Turin, qui accueillait dix mille supporters bastiais, s’annonçait encore une fois compliqué. Le “Toro”, alors invaincu depuis deux ans, allait mener 2 buts à 1 jusqu’à ce que Krimau, attaquant providentiel, vienne planter un retentissant doublé afin d’offrir une victoire et une qualification historique pour le petit club insulaire. Ainsi le SEC Bastia s’envolait pour les 1/4 de finale.

Fort du coup réalisé en 1/8e, les Est-Allemands de Iéna allaient goûter au plein de confiance engrangé par les joueurs du Sporting, se faisant ainsi éparpiller façon puzzle. Le score est lourd, 7-2. Bien que le match retour allait marquer la première défaite corse dans la compétition, sur le score de 4 buts à 2, rien d’alarmant, la qualification pour les 1/2 s’octroie sans encombre.

Et cette fois-ci, le match aller allait se jouer à l’extérieur, sur le terrain des Grasshoppers de Zurich. Match que les suisses allaient remporter 3-2. Lors du match retour, tout le monde retient son souffle jusqu’à la délivrance venue du pied du “divin chauve” Claude Papi, qui marque l’unique but de la rencontre à la 67e minute. Bastia est en finale de la Coupe UEFA !

Si proche de la gloire

Cette finale allait se jouer contre les hollandais du PSV Eindhoven. A l’époque, les finales se jouaient, elles-aussi, en aller-retour. Le premier match s’est disputé à Furiani, dans un stade détrempé suite à d’intenses intempéries. Selon toutes vraisemblances, le match n’aurait pas dû se jouer tant le terrain était impraticable. Mais la Coupe du Monde en Argentine qui se profilait ne permettait pas au calendrier le report du match. C’est logiquement qu’il s’est soldé sur le score de 0-0. Dans les vestiaires turchini, la cohésion n’était plus au beau fixe, aussi le match retour à Eindhoven voyait les hollandais dominer et logiquement s’imposer 3 buts à 0.

Ainsi se termine l’histoire bastiaise dans cette édition 1977/1978 de la Coupe UEFA. Mais rien n’empêche, le Sporting Etoile Club de Bastia s’est inscrit parmi les plus belles pages du football français. Une épopée, pour une si petite équipe, une si petite ville, venant d’une si petite îles, que nous ne reverrons peut-être jamais plus. Jusqu’à ce qu’un jour le football populaire retrouve sa place…

Photo : Torino-Bastia

Crédits : Wikimedia common

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