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Arsène Wenger, héros d’une autre époque

Arsène Wenger, héros d’une autre époque

La longue histoire entre Arsène Wenger et Arsenal se terminera à la fin de la saison, tel que l’a annoncé l’entraîneur alsacien aujourd’hui.

22 ans que l’entraîneur alsacien entraînait le club de Londres. Une longévité incroyable à la tête de l’un des plus grands clubs d’Angleterre. Parmi les coachs encore en activité, ce chiffre constitue d’ailleurs un record. Sir Alex Ferguson, à la retraite depuis 2013, reste tout de même devant lui avec 27 années passées sur le banc de l’éternel rival, Manchester United. L’annonce de ce départ, augure peut-être la fin d’une ère. Wenger-Arsenal était le dernier exemple d’une telle fidélité entre un club et son entraîneur.

Une histoire et des trophées

Au sein d’un football où les exigences économiques viennent renforcer les impératifs sportifs et, in fine, la pression exercée sur les entraîneurs, une telle longévité ne se reverra peut-être plus de sitôt. N’est-ce pas cette même pression, d’ailleurs, qui aura fini par contraindre Wenger à quitter ses Gunners ? Si les critiques n’ont eu de cesse de l’assaillir ces dernières années, notamment pour des résultats en-deçà des objectifs affichés et aussi pour une gestion des transferts jugée inadaptée au marché actuel, le passage d’Arsène Wenger aura tout de même marqué l’histoire du club et du football français.

En effet, Wenger et Arsenal, ce n’est pas qu’une histoire de longévité. Sur le banc des Gunners, il cumule un palmarès conséquent avec pas moins de 17 trophées, parmi lesquels trois championnats de Premier League et sept FA Cup (l’équivalent de la Coupe de France chez nous). Si la nouvelle dictature de la Ligue des Champions tend à faire passer les coupes nationales pour des « trophées en bois », il faut savoir qu’en Angleterre, la FA Cup, doyenne des compétitions du football, reste culturellement très importante. Et aucun autre entraîneur, outre-Manche, n’en a remporté autant que lui.

L’intelligence tactique

Il faut aussi tenir compte du fait que tout cela a été accompli au sein d’un championnat muni des clubs parmi les plus riches du monde. Nous parlons évidemment de Manchester United, de Chelsea puis de Manchester City. Loin d’avoir le rapport de force en sa faveur financièrement, Arsène Wenger savait construire des équipes cohérentes. L’intelligence tactique, les complémentarités entre ses joueurs et l’utilisation de leurs aptitudes techniques faisaient de son Arsenal une des plus belles équipes à voir jouer en Europe.

A cette fantastique armoire à trophées s’ajoutent quelques records d’invincibilité dont il est le seul à pouvoir se vanter. En effet, Arsène Wenger est le seul entraîneur de l’histoire du championnat d’Angleterre à remporter le titre sans avoir concédé la moindre défaite. A l’époque, c’était entre 2003 et 2004, il avait fini par enchaîner 49 matchs sans défaites. Seul l’AC Milan de Fabio Capello, entre 1991 et 1993, avait fait mieux avec 58 matchs.

En dehors des titres, nous pouvons aussi rappeler que le futur ex-entraîneur d’Arsenal a permis à son équipe de jouer deux finales de coupe d’Europe. Tout d’abord la Coupe UEFA, en 2000, perdue aux tirs au but contre le club turc du Galatasaray, puis la fameuse finale de Ligue des Champion, en 2006, perdue sur le fil contre le Barça de Ronaldinho et de Ludovic Giuly.

Ce fut, au total, son troisième échec à ce stade d’une compétition européenne. Il en avait déjà joué une du temps où il entraînait Monaco. C’était en Coupe des Coupes en 1992. Cette fois-ci, c’était les Allemands du Werder Brême qui avaient eu raison de lui et son équipe. Il avait par ailleurs offert un titre de champion de France au club de la Principauté.

Au regard de tout ce qui vient d’être énuméré, certaines critiques adressées à l’encontre d’Arsène Wenger peuvent sembler symptomatiques d’un pays, la France, qui ne sait pas rendre hommage à ses grands noms du football. Il devrait venir à l’idée de certains que la France n’en compte pas tant que cela. Peut-être discuté d’une philosophie tactique en phase d’obsolescence, au regard des canons imposés par le football moderne et les « super team » tels que Manchester City, le Barça et le Real. Encore que son équipe s’est toujours distinguée par la qualité de son jeu. Et c’est toujours le cas aujourd’hui.

Certains lui reprochent aussi des méthodes de recrutement par trop austères financièrement, et ce dans une époque où les « mœurs » sont à la surenchère excessive. C’est à dire d’acheter des joueurs trois ou quatre fois leur valeur réelle. N’éludons pas qu’Arsenal n’a pas le même budget que ses concurrents. En effet, Arsenal a-t-il les moyens de se payer le top mondial à chaque poste à l’instar des deux ogres espagnols ? Peut-on également lui reprocher d’avoir encore un peu d’éthique à ce sujet ?

Alors, oui, Arsène Wenger est sans doute un peu dépassé par le football actuel ainsi que par la manière dont il évolue. Mais doit-on vraiment lui en tenir rigueur ? A l’attention de ceux qui en douteraient encore, Arsène Wenger est un gagneur comme le sport français n’en a pas souvent eu. D’ici l’officialisation de son départ, l’entraîneur français aura l’occasion de partir par la plus grande des portes s’il venait à remporter l’Europa League, compétition à laquelle Arsenal est encore en lice.

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