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L’Equipe de France assure l’essentiel, l’Argentine revient de l’enfer : la revue du mondial N°8

L’Equipe de France assure l’essentiel, l’Argentine revient de l’enfer : la revue du mondial N°8

Tandis que la France ne s’est pas foulée pour s’assurer la première place du groupe C, l’Argentine se hisse quant à elle en 1/8ème de finale en dominant le Nigéria. Retour sur une journée riche en émotion.

La France sans forcer, le Pérou sort par la grande porte

On tient peut-être là le match le plus ennuyeux du mondial. L’équipe de France n’avait besoin que d’un match nul face à son concurrent direct pour la première place, le Danemark. C’est chose faite. Didier Deschamps s’est même payé le luxe de reposer ses cadres avant un 1/8ème de finale qui pouvait promettre l’Argentine. Le genre de cadeau empoisonné qu’il vaut mieux aborder le plus frais possible physiquement. Nzonzi était donc aligné à côté de Kanté au milieu, Dembele et Lemar ont débuté la rencontre et Griezmann est sorti à la 69ème minute. Évoluant en 4-2-3-1, l’équipe de Deschamps s’est contentée de contrôler un Danemark qui n’avait pas franchement l’air concerné par la première place du classement. Tel était pourtant l’enjeu, pour les scandinaves.

De son côté le Pérou termine son apprentissage de la Coupe du Monde sur une victoire 2-0 sur l’Australie. On attendait un match dominé techniquement par les péruviens mais étrangement, la ballon était laissé aux australiens qui pourront regretter leur manque de précision dans les 20 derniers mètres. Agressive et volontaire comme nous la connaissons désormais, la blanquiroja s’est montrée également beaucoup plus réaliste que son adversaire. Quatre tirs, trois cadrés, deux buts. Carrillo puis le vétéran Paolo Guerrero ont soufflé les espoirs de victoire de l’Australie. Le Pérou enregistre ainsi sa première victoire en Coupe du Monde depuis 40 ans. C’était en Argentine, en phase de poule et contre l’Iran. L’autre belle histoire est à mettre au crédit de Paolo Guerrero. Jusqu’à la dernière minute, l’attaquant péruvien aurait pu ne jamais mettre les pieds en Russie, suspendu en raison d’un contrôle antidopage positif survenu le 3 novembre 2017. Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a décidé au dernier moment, le 31 mai 2018, de suspendre provisoirement cette suspension.

Le miracle de l’Argentine et de son Messi

Toute l’attention était néanmoins porté sur le Groupe D. Car s’y préparait un tremblement de terre, un drame national, un désastre. Le vice-champion du monde et double vice-champion d’Amérique du Sud risquait de sortir dès le premier tour après l’humiliation subie face à la Croatie. Les premiers espoirs sont venus de la victoire du Nigéria sur l’Islande le lendemain de ladite humiliation. Le topo est le suivant : l’Argentine devait absolument battre le Nigéria et espérer soit un match nul soit une victoire de la Croatie sur l’Islande. Le destin n’était donc pas entièrement dans les mains de l’Albiceleste.

Cette dernière et son sélectionneur Jorge Sampaoli avait bien conscience que pour qu’un miracle se produise, il allait falloir un supplément d’âme. Et également une certaine force de frappe offensive. Cela en parvenant à régler tous les doutes autour de sa défense. Ainsi Franco Armani prenait la place de Wilfredo Caballero, gravement fautif face à la Croatie. Devant lui, Tagliafico et Mercado étaient positionnés latéral droit et latéral gauche. Marcos Rojo et Otamendi s’occupaient tous deux de la charnière centrale. Au sein d’un schéma en 4-4-2, Ever Banega et Javier Mascherano étaient au relais et à la récupération, Enzo Perez sur l’aile droite, Di Maria à gauche tandis que Lionel Messi et Gonzalo Higuain étaient devant.

Dans le jeu, l’envie était clairement du côté argentin. Bien poussée par un public en fusion. Encore une fois, le Krestovsky Stadium de Saint-Petersbourg ressemblait à l’Estadio Bombonera. Avec Diego Maradona en tribune. Comme à la Bombonera. C’est comme si l’Argentine jouait à domicile. Et le premier éclair de génie est encore une fois venu de Lionel Messi. Sur une somptueuse ouverture de Banega, Messi s’en va offrir les premiers espoirs de qualification à l’issu d’un enchaînement venu d’ailleurs. L’Argentine continue de pousser, de presser, et quelques minutes plus tard, La Pulga vient tutoyer les montants d’Uzoho sur coup-franc. Le score en reste pourtant là à la mi-temps.

La seconde mi-temps voit les Argentins accusent un petit coup de mou. Les Nigérians se créent quelques situations et sur corner, Mascherano, pas très bon depuis le début de la rencontre, concède un penalty. Litigieux mais accordé malgré tout, Moses le transforme et plonge tout le public argentin dans l’angoisse. Pendant quelques minutes, les joueurs bleu-ciel et blanc paraissent avoir pris un coup sur la tête. L’entrée en jeu de Cristian Pavon va offrir une fraîcheur et une percussion inespérée. Le jeu argentin se fluidifie, les lignes remontent, on commence à combiner habilement. Et ce jusqu’à la délivrance et le dénouement ! Sur un centre de Mercado, Marcos Rojo, héros improbable d’une soirée folle, propulse d’une volée le ballon au fond des filets. Comme un seul homme, le public argentin se lève. Comme un seul homme, le banc argentin s’en va célébrer son héros du soir.

De l’autre côté, la Croatie qui avait entre temps ouvert la marque, s’était fait rejoindre par l’Islande, avant d’inscrire le but du 2-1 et d’entériner la victoire croate. Le Nigéria tente de revenir au score afin d’assurer sa qualification mais le pressing argentin continue d’étouffer les nigérians incapables de passer la ligne médiane jusqu’au coup de sifflet final retenti. L’Argentine peut souffler. Elle arrache sa qualification pour les 1/8ème de finale où elle y affrontera l’Equipe de France. Une équipe et un capitaine sont peut-être nés ce soir. Loin de la “Messi dépendance” observée lors des matchs précédent, c’est en équipe que l’Argentine s’est battue pour obtenir son billet et sortir de l’enfer. Lionel Messi, de son côté, a pressé les attaquants adverses comme jamais. étouffant même les relances nigérianes en fin de match. Auprès de ses coéquipiers, le génie argentin s’est montré également plus loquace. Motivant ces troupes tel un vrai capitaine. C’est dans les moments les plus difficiles que se révèlent parfois les grands personnages.

La dernière fois que l’Argentine et la France se sont affrontées en Coupe du Monde, c’était en 1978. Chez elle, l’Argentine était sortie victorieuse 2-1. Passarella et Luque étaient les buteurs ce jour-là. Le jeune Michel Platini également. En 2010, l’Argentine était également venu affronter l’“EdF” au Vélodrôme. Maradona était sur le banc argentin. L’Argentine était également sortie victorieuse sur un exploit individuel de… Lionel Messi. Autre époque, autre contexte. Les deux équipes ont aujourd’hui bien changée et la France partira logiquement favorite. Mais si l’Albiceleste et Lionel Messi gardent cet état d’esprit et cette grinta retrouvée, le 1/8ème de finale contre l’équipe de France promet d’être intense.

Légende: Messi après son but contre le Nigéria

Crédits: Capture écran/chaîne YouTube Kyliann22Second

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