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A la Coupe du Monde, les joueurs “made in France” sont partout…

A la Coupe du Monde, les joueurs “made in France” sont partout…

Cinquante joueurs nés en France participent à la Coupe du Monde, dans six pays différents. Un record.

Avec un peu de malice, on pourrait dire que la France pouvait déjà être considérée comme la première nation de football, au début de la Coupe du Monde qui se déroule en ce moment. Cocorico ! Il suffit pour cela de changer les règles du jeu – avec certes une bonne dose de mauvaise foi – et de considérer comme vainqueur le pays dont le plus grand nombre de natifs ont mouillé le maillot durant le tournoi. A cette aune, la France est largement en tête, avec cinquante joueurs nés sur son sol. Si vingt-et-un d’entre eux jouent pour les Bleus, vingt-neuf autres essaiment au sein de cinq autres équipes nationales : l’Argentine (un joueur “made in France”), le Portugal (3), le Maroc (8), le Sénégal (8) et la Tunisie (9). Bien entendu, ce phénomène s’explique principalement par la bi-nationalité de joueurs qui sont fils ou petits-fils d’immigrés.

La mondialisation responsable

De manière plus générale, mondialisation aidant, un nombre croissant de footballeurs évoluent dans les équipes nationales de pays où ils ne sont pas nés – mais dont ils sont citoyens, comme l’exigent les règles de fonctionnement de la FIFA. Enfants de réfugiés à la suite de guerres, enfants nés d’une union mixte, joueurs choisissant de lier leurs destins à des nations avec lesquels ils n’ont a priori aucun lien… les cas de figure sont multiples. Et ils se manifestent de diverses manières, y compris en Europe.

L’équipe de France, en dépit de son caractère multiethnique, ne compte que 2 joueurs nés à l’étranger – Samuel Umtiti, né au Cameroun et Steve Mandanda, né en République démocratique du Congo. Conséquence des grandes migrations liées à la guerre dans les Balkans, la Suisse compte trois joueurs nés au sein de l’ex-Yougoslavie, et la Serbie a en son sein deux natifs de… Suisse ! La reconfiguration des identités nationales dans ce qui fut le pays de Tito s’illustre aussi dans le football. Deux footballeurs de l’équipe de Serbie sont nés dans ce qui est aujourd’hui la Bosnie-Herzégovine, tout comme deux membres de l’équipe de Croatie.

Cette diversité donne en tout cas des lots de consolation aux pays qui n’ont pas réussi à se qualifier pour la phase finale de la Coupe du Monde, dont les citoyens peuvent se projeter dans le parcours de leurs “compatriotes” de la diaspora. Les Cap-Verdiens peuvent supporter Gelson Fernandes (Suisse) ou Gelson Martins (Portugal). Les Kosovars ont quant à eux organisé une cagnotte pour payer les amendes de leurs “fils“ Granit Xhaka et Xherdan Shaqi, qui ont profité de la tribune offerte par la Coupe du Monde – et de buts marqués par la Suisse, au sein de laquelle ils évoluent, contre la Serbie – pour représenter avec leurs mains un aigle bicéphale. Le symbole de la “Grande Albanie“.

Légende : Gonzalo Higuain, le 28 mai 2016, lors de la victoire de l’Argentine contre le Honduras (1-0)

Crédits : Flickr

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