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Violences obstétricales : le HCE publie 26 recommandations

Violences obstétricales : le HCE publie 26 recommandations

Humiliations, touchers vaginaux non consentis, gestes violents.. le Haut Conseil pour l’Egalité entre les hommes et les femmes s’est penché sur ce que subissent les femmes à huit clos, chez le gynécologie, et appelle à l’action.

Après la déferlante du hashtag #PayeTonUterus, où des centaines de femmes ont témoigné des violences qu’elles ont subi lors de leur suivi gynécologique et obstétrical, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes rend aujourd’hui publiques vingt-six recommandations pour lutter contre ces violences dénoncées par les femmes. Épisiotomie abusive, humiliations, touchers vaginaux non consentis, gestes violents, injures sexistes… la liste est longue.

Violences obstétricales et silence médicale

Entre elles, sur les réseaux sociaux, dans des livres, les femmes dénoncent de plus en plus les violences qu’elles subissent en se rendant chez le gynécologue ou en accouchant. Si les témoignages affluent sur internet, notamment grâce à la plateforme « Paye ton Gynéco », le Haut Conseil pour l’Égalité a souhaité rendre officiel cette violence qui se passe à huit clos. Il rappelle qu’une femme va en moyenne consulter cinquantaine de fois un gynécologue ou gynécologue-obstétrique dans sa vie. A cette occasion, elle subit des remarques, des violences, qui peuvent aller jusqu’au viol, sans même que la victime ne s’en rende compte parfois.

Parmi les nombreux exemples relevés dans le rapport, on trouve ces témoignages de femmes : « Mon gynéco m’a dit une fois : “Votre col de l’utérus doit être parfait pour une levrette” » ; « Quand la gynéco refuse de me prescrire ma pilule habituelle : “Non, on nous a dit de tester les nouvelles, donc vous allez tester” » ; ou bien encore « Quand on s’entend dire : “mais pourquoi vous ne voulez pas le garder ?” »

Si le droit des femmes à disposer librement de leur corps devrait être un droit fondamental, force est de constater qu’il n’en est rien. Tout commence dès l’école de médecine. Le HCE révèle que 86% des internes déclarent avoir été exposé au sexisme.

Il plaide également pour intégrer la bientraitance, le respect du consentement, et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans la formation initiale et continue des médecins. Mais aussi, que soit intégré au Code de déontologie médicale, qu’ils soignent avec la même conscience « toutes les personnes, quel que soit leur sexe, leur orientations sexuelle, ou leur identité de genre. »

Encore aujourd’hui, de nombreuses personnes LBGT ne consultent plus, usées de ces rendez-vous intimes synonymes de souffrance.

« Une volonté de contrôler le corps des femmes »

Si les témoignages sont nombreux, difficile de quantifier le phénomène, explique Danielle Bousquet, présidente du HCE, au journal Le Monde :

« Tous les professionnels de santé ne sont pas auteurs d’actes sexistes, assure-t-elle, mais ce n’est pas un phénomène isolé. Le nombre important de témoignages peut aussi s’expliquer par le fait que ce sont des rendez-vous très particuliers, liés à l’intime. Quant à l’accouchement mal vécu, il peut entraîner un traumatisme qui dure dans une vie affective et sexuelle. »

« Certains gynécologues ont joué un rôle en faveur des droits des femmes, notamment sur l’interruption volontaire de grossesse, relève Mme Bousquet. Mais c’est aussi une spécialité traversée de manière historique par une volonté de contrôler le corps des femmes. Aujourd’hui encore certains gynécologues imposent leur point de vue, par exemple le fait de ne mettre un stérilet qu’aux femmes ayant déjà eu en enfant. »

Le HCE appelle à une forte mobilisation des pouvoirs publics sur ce sujet. Chose difficile dans le contexte actuel. Rappelons que le Conseil d’administration de l’Académie nationale de médecine est 100% masculin.

Crédits : Jeanne Menjoulet / Flickr

4 Comments

  1. Amstramgram

    La domination masculine s’affiche partout et se masque de moins en moins! Réactionnaires et machistes,violents et opprimants, voilà ce que sont la grande majorité des hommes! Une minorité a évolué, mais la masse des hommes reste aussi stupidement imbue de sa soi-disant supériorité (alors que la peur des femmes les poussent à vouloir les humilier et les détruire de toutes les façons possibles). Le pire des animaux est le mâle humain, hélas!

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  2. Juan

    Il nous faut mieux éduquer nos garçons (pour bcp déjà hommes il est trop tard) et apprendre à nos filles à ne pas se taire. Tous mes gynéco m’ont respectée, parce que je me suis imposée face à certains un peu trop « brusques et machos » à mon goût. J’ai même claqué la porte en plein rdv de l’un en faisant de très bons commentaires envers la salle d’attente. Monsieur voulait que je mette une ovule de monazol pour avoir le « col propre » pour effectuer le frottis. Seulement il n’a pas voulu me dire ce qu’était cette ovule, après qq minutes de conversation très hautaine et cette réflexion « non mais c’est moi le médecin à ce que je sache ! » j’ai répondu en gueulant : « c’est mon corps, j’ai le droit de savoir ce que vous voulez me mettre NON ?! Médecin ou pas c’est MON CORPS MERDE ! » et je suis partie, il ne m’a plus revue.

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  3. Comparaison

    Votre commentaire est totalement inadapté au sujet traité. Il s’agit de praticien en gynécologie et non des hommes dans leur généralité. De plus vos arguments sont fallacieux. Le monde occidentale tend vers une égalité homme-femme (ou femme-homme, à votre guise), bien qu’elle soit loin d’être atteint, l’on est loin du temps où seul l’homme gérait l’ensemble des aspects de la vie des femmes (finance activité mariage tenue…etc). Enfin vous expliquez que l’homme a la volonté de nuire à la femme dans son ensemble…. pourriez-vous argumenter (malhonnêteté intellectuel ?) ?? Enfin : « Le pire des animaux est le mâle humain, hélas! » j’imagine que votre adage est dents pour dents ; à la guerre comme à la guerre… attention en suivant votre raisonnement vous devenez un homme….. la chose la plus détestable existant dans votre univers.

    Enfin sur le sujet de l’article, bravo tous et toutes ceux et celle qui osent mettre le débat sur le terrain public, un domaine restant la plupart du temps tabou, souvent enfermé par « c’est une conversation de fille ». Cette violence est abjecte et certains corps de métiers médicaux doivent remettre en question leurs méthodes.

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