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Une école de journalisme recale un étudiant à cause de son handicap

Une école de journalisme recale un étudiant à cause de son handicap

Tom Villet, un jeune étudiant de 22 ans, vient d’être recalé de l’école de journalisme de l’ESJ Paris à cause de son handicap moteur. On est en 2018, à Paris, mais tout va bien.

Tom Villet a 22 ans. Il est en licence d’anglais à l’université d’Austin, au Texas, et rêve d’intégrer une école de journalisme pour devenir journaliste sportif. « Il est brillant, il a un savoir énorme dans le sport, il est bilingue en anglais et je sais que son rêve se réalisera, il est bosseur », nous explique Thierry Rousset, son père.

Tom a un handicap moteur. Il peut marcher sur de courtes distances, mais a souvent besoin de béquilles ou d’un fauteuil roulant. Aux Etats-Unis, tout est fait pour qu’il puisse suivre une scolarité normale, ce qui lui permet d’oublier son handicap. Tom prévoit de revenir en France pour intégrer un master de journalisme sportif. Il y a quelques semaines, il envoie son dossier d’admission à plusieurs écoles, et les réponses qui lui reviennent sont lunaires.

La première vient de l’ESJ Lille. Qui lui répond que puisqu’il ne peut pas être présent physiquement aux examens d’entrée, son dossier est refusé. Première désillusion. « Nous n’avons pas compris la réponse de l’ESJ Lille: même si Tom avait pu se permettre de faire l’aller-retour entre le Texas et Lille, il aurait du passer les examens dans des conditions adaptées à son handicap, puisqu’il ne peut pas écrire à la main. Il aurait pu les passer par Skype, mais ça a été refusé par l’école », regrette Thierry. Mais c’est la réponse d’une autre école, l’ESJ Paris, qui a retenu toute notre attention.

Sur le mail de réponse que lui a envoyé la responsable des admissions, Chantal Moufant (ci-dessous) explique : « votre candidature a retenu notre attention. Néanmoins, les locaux de l’école comportent de nombreux escaliers, y compris l’accès de la rue, cela risque d’être compliqué et difficile pour vous ». Le couperet tombe. Tom est effondré, son père ne comprend pas.

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« Le profil de Tom est excellent, c’est le genre d’étudiants que l’on recherche pour notre master de journalisme sportif et son dossier a été accepté », nous confirme Nathalie Bédé, responsable de la communication de l’école. Et pourtant. Tom est refusé. ». C’est son père qui a lu ce mail en premier. « Ils lui remettent son handicap en pleine face, c’est impensable », nous explique-t- il.

Contactée par Le Média, l’école est embarrassée. Nathalie Bédé nous avoue même ne pas savoir quoi répondre à nos questions. « Nous avons travaillé avec un cabinet d’architectes qui a conclu que la construction d’accès pour handicapés dans nos bâtiments est impossible ». Selon elle, ce n’est pas la première fois qu’un tel cas se présente, et si le cabinet d’architecte récemment mandaté ne trouve pas de solution, l’école déménagera. Pour l’instant, l’école est située dans le XIIIè arrondissement, à coté de la faculté de Tolbiac. C’est un bâtiment des années 70, pas conçu pour être aménagé. Mais que dit la loi ? L’ESJ Paris est un ERP, un « établissement recevant du public », et doit donc être accessible à tous, quel que soit le handicap. Sur cette question, c’est la loi du 11 février 2005 qui nous éclaire. Aussi appelée « loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », son article 41 énonce : « l’accessibilité est due à tous, et notamment aux personnes handicapées, quel que soit le type de handicap, physique, sensoriel, cognitif, mental ou psychique ».

Comment l’ESJ a été homologuée ERP ? Nathalie Bédé n’a pas la réponse. Thierry Rousset a adressé ce matin une réponse à l’école (ci-dessous).

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S’il avoue avoir ressenti beaucoup de colère au début, il considère déformais que l’ESJ Paris n’est pas une école pour son fils. « Tom ne se sentirait pas épanoui dans une école qui recale un étudiant parce qu’il est handicapé, qui lui annonce de cette façon et qui ne cherche pas de solution ».

Malgré tout, Tom devrait pouvoir étudier dans une école de journalisme à la rentrée. Yanis Bacha, le conseiller presse et sports de Sophie Cluzel, la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, nous a révélé que plusieurs écoles de journalisme étaient prêtes à accueillir l’étudiant de 22 ans.

Source : ESJ Paris

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