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Le 27 octobre 2005, les banlieues françaises s’embrasent pour Zyed et Bouna

Le 27 octobre 2005, les banlieues françaises s’embrasent pour Zyed et Bouna

Il y a treize ans Zyed et Bouna mouraient électrocutés dans un transformateur E.D.F à Clichy-sous-Bois. Des années plus tard, l’incompréhension des proches persiste.

27 octobre 2005. Zyed Benna, 17 ans et Bouna Traoré, 15 ans meurent électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois après une course-poursuite avec la police. Ce jeudi-là, au Parc des Sports Marcel-Vincent, dans la commune de Livry-Gargan, dix adolescents font une partie de foot. Vers 17 heures, sans perdre de temps, ils quittent le stade le jour tombant. À 18 heures on rompt le jeûne du ramadan. Un groupe remonte alors la rue de Fürstenfeldbruck jusqu’à une résidence.

L’employé du funérarium voisin les aperçoit de sa fenêtre. Il s’inquiète parce qu’il y a de « énormément de trous » sur le terrain. Il prévient la police de la présence « d’individus qui évoluent autour du cabanon ». C’est là que tout commence, une patrouille de la BAC provenant du commissariat de Livry-Gargan débarque à peine 15 minutes après l’appel. La voiture remonte en vitesse la rue qui mène au parking de la résidence, un policier en civil descend, court après Bouna, qui crie à ses amis devant lui qu’il faut fuir.

Deux jeunes sont interpellés, un troisième réussit à s’enfuir. Muhittin,Zyed et Bouna se séparent des autres pendant la course poursuite, ils escaladent le grillage, puis le mur du site EDF. Malgré les panneaux “danger” les ados ne s’arrêtent pas. Bouna, Zyed et Muhittin subissent une décharge de 20 000 volts. Seul Muhittin survit et refait le mur grièvement blessé. Ces éléments précis ont été révélés par Elsa Vigoureux, journaliste à l’Obs. Ils seront suivis, trois semaines durant, de violences urbaines inédites dans toute la France.

Treize ans plus tard, les habitants des quartier populaires constatent que rien n’a changé

Aujourd’hui, la situation a empiré d’après le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS et auteur, notamment, de Quand les banlieues brûlent: retour sur les émeutes de novembre 2005. Il constate le même sentiment d’abandon par l’État. Les affaires de bavures policières sont de plus en plus médiatisées de nos jours. La liste n’a cessé de s’allonger au fil des années : Adama Traoré, Wissam El-Yamni, Théo Luhaka ou encore tout récemment Aboubakar tué par un CRS. Des victimes our la plupart issues d’un quartier populaire. À chaque nouveau mandat, le gouvernement met en place son « Plan Banlieue ». Pour les habitants des quartiers rien ne change, le principale problème reste l’insertion sociale.

Régler les problèmes de la banlieue par la répression policière ? Comme l’a dit l’écrivain Boel Souleymane : « Une société qui ferme les yeux sur ses problèmes ne trouvera pas qu’ils ont disparu le jour où elle devra les rouvrir. »

Légende : Zyed et Bouna

Crédits : AFP

1 Comment

  1. Jean-Paul B.

    Bonjour,
    citer Théo Luhaka et Zyed et Bouna comme étant victimes de « bavures » policières est un peu osé.
    – M.Théo Luhaka a changé de version et n’accuse plus aujourd’hui les policiers de lui avoir baissé le pantalon et l’expertise médicale ne conclut pas au viol. Précision supplémentaire pour éclairer sa moralité,dans une tout autre affaire M.Théo Luhaka a été mis en examen avec l’un de ses frères, pour escroquerie en bande organisée aux aides de l’État (678 000 Euros auraient été détournés par leur association!).
    – Concernant les jeunes Zyed et Bouna, il faut rappeler qu’ils n’ont pas été tués par les policiers, mais qu’ils se sont échappés à l’arrivée de la Police,sont allés se cacher dans le transformateur EDF interdit d’accès et ils y sont malheureusement morts électrocutés.
    Dans cette affaire regrettable la seule bonne question a se poser est: pourquoi ont-ils fui la Police?
    Enfin il serait intéressant de connaître le coût pour la collectivité des nombreuses destructions (biens publics et biens privés confondus) consécutives à ces décès dramatiques mais injustement imputés aux forces de Police?
    Attention dénigrer en toute occasion la Police Républicaine est un début d’excuse aux multiples incivilités de délinquants qui « pourrissent » la vie des gens modestes qui vivent dans les mêmes quartiers populaires et pourrait avoir pour conséquence non désirée d’envoyer ces derniers,par écoeurement,dans les bras de l’Extrême Droite et alors nous aurions tout gagné.

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