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L’affaire Ito Shiori, victime de viol par un proche du Premier Ministre, continue de secouer le Japon

L’affaire Ito Shiori, victime de viol par un proche du Premier Ministre, continue de secouer le Japon

Alors qu’en Occident, le mouvement #MeToo a pris une ampleur non négligeable dans la lutte contre les violences faites aux femmes, le Japon s’englue dans une affaire de viol parmi les plus embarrassantes. Et dans ce cas de figure, la lutte s’annonce autrement plus rude pour la victime.

Voilà deux ans que dure cette affaire, en réalité. Deux ans depuis que la journaliste Ito Shiori a accusé un proche du Premier Ministre, Abe Shinzo, de l’avoir violée. Le tout dans un pays où la question du viol reste un tabou. Ce proche en question, c’est le biographe du Premier Ministre. Son nom ? Yamaguchi Noriyuki.

Le viol aurait eu lieu le 3 avril 2015. Dans la soirée, Ito Shiori rejoint Yamaguchi Noriyuki pour un « dîner d’affaires ». Après quoi nos confrères de L’Express nous rapportent les propos de la victime, qui décrit les faits en ces termes : « Au bout d’une heure, j’avais la tête qui tournait, et je me suis rendue dans les toilettes. Je me rappelle avoir posé ma tête sur le lavabo, puis plus rien ». A son réveil, elle vit le biographe en train de la violer, résume-t-elle.

Pour la victime, une calvaire judiciaire

C’est à ce moment que le calvaire judiciaire de la jeune femme commençait. Et pas seulement judiciaire. S’octroyer une pilule du lendemain ou simplement contacter une association d’aide aux victimes semblait déjà relever d’un véritable parcours du combattant. Quant au dépôt de sa plainte, Ito Shiori témoigne ainsi à L’Express la réponse faite par les policiers qui l’avaient prise en charge : « Les policiers […] m’ont expliqué que ce genre de choses arrivait souvent et qu’il était difficile de mener une enquête. Que j’allais briser ma carrière de journaliste et que ma vie serait détruite ».

Pendant ce temps, Yamaguchi Noriyuki se contentera tout bonnement de nier les faits qui lui sont reprochés. Plus étonnant, lors de ce qui aurait dû aboutir à son arrestation, la police aurait reçu une coup de téléphone du chef de la brigade criminelle, également proche d’Abe Shinzo, à la suite duquel l’opération fut annulée. Et l’affaire débouchera finalement sur un non-lieu.

Ito Shiori n’a pas abandonné pour autant. La journaliste a depuis décidé de médiatiser l’affaire et de mener son enquête seule. « Je veux parler à visage découvert, pour toutes les femmes qui ont peur de le faire parce qu’ici, au Japon, ni la police, ni la justice ne soutiennent les victimes de crimes sexuels », explique-t-elle. Ainsi fait-elle de son combat une lutte pour toutes les victimes actuelles et à venir.

Rien d’évident dans un pays où le viol reste un tabou majeur et où les victimes se retrouvent bien souvent confinées à l’isolement social et psychologique. Pourtant, selon le ministère de la Justice japonais, il y aurait 1 viol pour 100 000 habitants, sachant que dans le même temps, 95% des viols ne seraient pas déclarés. Autre statistique alarmante, émanant encore une fois du ministère de la justice, 4% des viols seraient suivis d’une plainte et dans 53% des cas d’arrestation, le parquet annule les charges.

Seul rayon de soleil, bien qu’extrêmement modeste, le Parlement japonais, la Diète, a permis que, désormais, une tierce personne pouvait déposer plainte à la place de la victime. Aussi, la peine encourue pour un viol est passée de 3 à 5 ans…

Crédits: Max Pixel

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