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Esteban Morillo et Alexandre Eyraud : portrait d’anciens militants d’extrême-droite

Esteban Morillo et Alexandre Eyraud : portrait d’anciens militants d’extrême-droite

La première journée du procès d’Esteban Morillo, d’Alexandre Eyraud et de Samuel Dufour était consacrée aux expertises psychologiques concernant les deux premiers. Samuel Dufour est l’objet de la deuxième journée du procès.

Plusieurs enquêtrices de personnalités sont venues témoigner. La première, une conseillère pénitentiaire dont l’enquête date de mars 2014, a rencontré Esteban Morillo lorsqu’il était en détention provisoire. La seconde a étudiée la personnalité d’Alexandre Eyraud. Elles ont interrogées les proches, les collègues, les formateurs. Ont suivis à la barre les parents, la compagne et un ami d’Esteban Morillo, de quoi mieux comprendre le personnage.

Esteban Morillo, tout pour se faire des amis

Si Esteban Morillo rejoint les cercles d’extrême-droite, c’était pour se faire des amis. Du moins, c’est ce qu’il explique à la cour. Après le collège, ses seuls fréquentations étaient d’extrême-droite. Pour se faire accepter, il était prêt à reprendre leurs codes. Arrivé à Paris, il ne connaissait personne. Pour faire de nouvelles rencontres, il fréquente le bar de Serge Ayoub. Il se fait tatouer le symbole de troisième voie (le mouvement politique de Serge Ayoub), une toile d’araignée ou encore la devise « Travail, Famille, Patrie », « pour se faire accepter, se faire voir des amis ». A ce propos l’accusé déclare : « J’étais très influençable, je voulais avoir des amis » et n’hésite pas à affirmer : « Je n’y connaissais vraiment rien à la politique. »

Pourtant, lorsque la présidente aborde le look skinhead qu’il adopte sur Paris, il n’hésite pas : « Je voulais pas leur ressembler, je voyais des gros bourrins (…) l’image que ça donnait c’était pas mon image. »

Ces affirmations, les parties civiles et l’avocat général les mettent en doute. Plusieurs échanges lunaires mettent en évidence les contradictions dans les déclarations d’Esteban Morillo. La présidente lui demande pourquoi publier l’image d’un drapeau avec une croix gammée et faire référence à Mein Kampf sur son profil facebook, supprimé après les faits. C’était « surtout pour son auteur » se défend l’accusé devant une salle médusée. Des témoignages du CFA (centre de formation des apprentis) qu’il fréquente après le collège, affirment qu’il exhibait des bagues nazis, ce dont le propriétaire affirme n’avoir aucun souvenirs. Des photographies le montrent avec des tee-shirts et autres accessoires ouvertement pro-nazi ou d’extrême-droite. Ce sont principalement des cadeaux selon le mis en cause. Autant d’éléments qui permettent de douter de sa distance avec l’idéologie nazi.

Alexandre Eyraud, chantre de l’anti-communisme

Si Alexandre Eyraud affirme avoir « trouvé une solidarité » dans le mouvement de Serge Ayoub, c’est l’anti-communisme qui est au fondement de son idéologie promet-il. « Grâce à mes lectures sur l’Indochine », l’ex-skinhead explique avoir forgé ce sentiment en lisant des livres sur la guerre qu’enfant lui offrait sa tante. Ce ne serait donc pas le racisme ou la xénophobie qui l’ont motivé. Pour se défendre, il déclare, « la preuve », que sa nounou avec qui il s’entendrait bien était noire, et sa fiancée n’est pas française. Pourtant la présidente lui fit remarquer qu’il n’hésitait pas à porter un tee-shirt avec l’inscription « sang et honneur », une devise des jeunesses hitlériennes. Selon les parties civiles, le militant d’extrême-droite est vu avec des symboles suprémacistes blancs, arborant l’iconographie du white power. Il se fait tatouer 14 88 (14 est une représentation des nationalistes blancs en référence au slogan « Nous devons préserver l’existence de notre peuple et l’avenir des enfants blancs » ; 88 signifie « Heil Hitler »), ou encore une croix nationaliste. Autant d’éléments qui laissent perplexes la cour de justice lorsque ce sympathisant de troisième voie affirme ne pas être raciste.

Légende : Rassemblement toulousain en mémoire de Clément Méric, 4 juin 2015

Crédits : Gyrostat / Wikimedia Commons

 

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