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Rosie la riveteuse, l’ouvrière américaine devenue l’icône du féminisme nous a quitté

Rosie la riveteuse, l’ouvrière américaine devenue l’icône du féminisme nous a quitté

C’était le 22 janvier déjà. Naomi Parker Fraley, nous a quitté à l’âge de 96 ans. Son visage, apparu pour la première fois sur une célèbre affiche des ouvrières de la seconde guerre mondiale, est devenu emblématique.

Bandeau rouge à pois dans les cheveux, regard franc, chemise de travail et bras levé, Rosie la riveteuse est prête à faire face au patriarcat. Vraiment ? On connaît toutes et tous cette célèbre affiche, devenue le symbole de la lutte féministe. Mais connaît-on la femme qui se cache derrière le symbole ? En 2010, l’universitaire américain James J. Kimble décide de retrouver Rosie, comme nous le raconte ce beau papier du New York Times.

Il en fait son « obsession », et finit par retrouver une femme, Naomi Parker Fraley, ancienne ouvrière de la Navy (la marine américaine) pendant la seconde guerre mondiale.

En 1943, elle rencontre l’artiste J. Howard Miller, qui la peint en y ajoutant le slogan « We can do it ! » (Nous pouvons le faire). A l’origine, l’affiche n’a pas vocation de défendre les féministes, puisqu’elles n’existent pas encore en tant que mouvement bien définie. L’affiche sert à combattre l’absentéisme et les grèves des employés de la Westinghouse Electric Corporation, une entreprise de production d’énergie. A l’époque, l’affiche passe inaperçue.

Mais dans les années 1980, elle ressurgit et devient un symbole féministe. Beaucoup de femmes qui ont travaillé dans les usines pendant la guerre se réclament alors d’être la fameuse Rosie. Trente ans plus tard, J. Howard Miller la découvre, il s’agit de Naomi Parker Fraley, serveuse en Californie avant de devenir ouvrière dans la marine américaine pendant la guerre. Heureuse d’avoir été retrouvée, elle confiait en 2016 au magazine People : « Je ne cherchais pas la gloire ou la fortune, mais je voulais ma propre identité. »

N’oublions pas l’identité de Naomi Parker Fraley. Une femme, une ouvrière, qui jamais n’a profité de la notoriété de l’affiche qui lui rend hommage, qui jamais n’a touché un seul centime des mugs, t-shirts et autre goodies à son effigie. Et surtout, n’oublions jamais son regard qui nous dit tant.

Pour aller plus loin, Le Media vous conseille cet article du New York Times

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