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Mutinerie polie chez Google contre la coopération avec l’armée américaine

Mutinerie polie chez Google contre la coopération avec l’armée américaine

Des salariés du géant de la Silicon Valley demandent l’arrêt d’un projet d’intelligence artificielle développé par leur employeur en collaboration avec le Pentagone, destiné à améliorer la capacité de lecture « intelligente » de vidéos fournies par des drones militaires.

L’inquiétude des salariés du géant américain Google s’exprime dans le New York Times. Dans un courrier au PDG de la firme Sundar Pichai rendu public par le quotidien, plus de 3000 employés demandent l’arrêt d’un projet de coopération entre la société qui les emploie et le Département de la Défense, baptisé « Maven ». Son objectif : développer l’interprétation de l’imagerie vidéo par des outils d’intelligence artificielle et de « machine learning », une technologie qui pourrait être embarquée dans les systèmes d’acquisition de cibles par les drones tueurs de l’armée américaine.

Un nouveau système de surveillance

Selon le texte, le cœur du chantier lancé par Google consiste en la mise sur pied d’un moteur de surveillance utilisant la technologie « Wide Area Motion Imagery », analysant les données fournies par des drones pour détecter des véhicules en mouvement, déterminer leur trajectoire et fournir ses résultats au Pentagone.

Les dénégations des cadres dirigeants de Google, comme de l’état-major militaire, n’ont pas convaincu les signataires. Les craintes de salariés mutins, du reste, ne sont pas uniquement morales, au nom du slogan de la multinationale, proclamant : « Don’t Be Evil » (Ne sois pas malfaisant). Les employés estiment surtout que ce programme, développé par ailleurs en collaboration avec Microsoft et Amazon, « va définitivement abîmer l’image de la marque Google et sa capacité à attirer de jeunes talents ».

Il faut savoir toutefois que ce projet s’inscrit dans un effort international pour se positionner favorablement, et au plus vite, dans le secteur de l’intelligence artificielle à usage militaire. Les Etats-Unis, bien sûr, mais aussi la Chine, Israël, le Canada et le Royaume Uni ont déjà investi massivement dans la recherche et le développement. C’est du reste le sens du « grand plan » annoncé le mois dernier par le président Emmanuel Macron, faisant suite à un rapport remis par le député et mathématicien Cédric Villani, et qui amorçait des pistes de travail pour que la France devienne une destination « attractive » pour les firmes et les chercheurs travaillant sur cette question.

S’agissant du développement d’outils militaires, la France a d’ailleurs annoncé la création d’une Agence de l’innovation de défense dotée d’un budget de 100 millions d’euros, lors d’une visite de la ministre des Armées Florence Parly au siège de Dassault Aviation, le 16 mars dernier.

Photo : Larry Page et Sergueï Brin, fondateurs de Google

Crédits : Joi Ito/ Wikimedia Commons

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