Select Page

425 enseignants affirment leur soutien aux étudiants et dénoncent « une sélection hypocrite »

425 enseignants affirment leur soutien aux étudiants et dénoncent « une sélection hypocrite »

Tandis que neuf sites universitaires sont actuellement bloqués par des étudiants en lutte, 425 enseignants du supérieur se rangent à leurs côtés.

Ils enseignent dans toute la France, à Nice, à Bordeaux, à Paris, à Nantes, à Caen, le droit, l’histoire, la philosophie, la littérature, les langues étrangères, ou encore la science politique, ils sont 425 à dirent haut et fort leur soutien aux étudiants qui luttent contre les politiques de sélection du gouvernement en cosignant une tribune publiée sur le site de France Info.

Cette semaine, neufs sites universitaires sont bloqués par des étudiants contre les lois Orientation et réussite des étudiants (ORE) et Parcoursup, à Lille, Tolbiac, Censier, Paris-8, Rennes-2, Toulouse (Jean-Jaurès) ou encore Montpellier (Paul-Valéry). Si les étudiants luttent, les enseignants aussi entendent bien protester contre ce qu’ils nomment « une réforme absurde. »

« Une sélection hypocrite »

Ces 425 enseignants rejettent en bloc « toute forme de sélection à l’entrée de l’université », écrivent-ils. Ils dénoncent une « sélection hypocrite », osant dire le mot que les responsables politiques de ces lois, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur et Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, refusent de prononcer.

« On nous demande de classer les candidatures de sorte qu’un couperet tombera une fois les capacités d’accueil des filières saturées », disent-ils, expliquant que la nouvelle plateforme informatique Parcoursup rend impossible des ex æquo, et oblige ainsi les enseignants à sélectionner leurs futurs étudiants.

Pour rappel, Parcoursup a été mis en place pour remplacer l’ancienne plateforme APB (logiciel d’admission post-bac) qui avait l’an dernier montré ses limites, le manque de place dans certaines filières ayant entraîné des tirages au sort d’une injustice indigne. Seulement, comme le rappellent les enseignants, cela est avant tout l’effet d’un manque de moyens significatif. Manque de moyens qui n’a pas été pris en considération par le gouvernement.

Les 425 enseignants rappellent qu’aucune loi rectificative du budget n’a été annoncée par la ministre de l’Enseignement supérieur.

« L’affirmation récente de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, qui évoque un milliard d’euros destiné à la refonte du premier cycle est une « fake news », c’est-à-dire, en réalité et en français, de la propagande », écrivent-ils sans ménager leurs mots.

Pour eux, Parcoursup remplaçant APB, c’est « un mode de sélection qui se substitue à un autre ». Les enseignants n’y voient qu’un objectif : « écarter dans l’immédiat, un certain nombre de candidats. » Candidats qui seront de plus en plus nombreux, expliquent-ils, l’année 2018-2019 correspondant au baby-boom de l’an 2000. « Une explosion démographique prévisible depuis longtemps », disent-ils, mais que le gouvernement n’a pas pris en compte.

Les 425 enseignants interpellent également sur ces laissés pour compte que l’école publique ne voudra pas prendre sur ses bancs.

« Ce qui fait la noblesse de notre métier n’est-il pas d’élever le niveau de ceux qui ne l’ont pas, c’est-à-dire pas encore ? Quel serait notre rôle s’il s’agissait seulement de dispenser des cours à ceux qui n’ont aucun problème et qui ont la chance d’avoir le niveau et d’être doués pour les études supérieurs ? », s’insurgent-ils ?

Enfin, ceux qui enseignent tous les jours à l’Université tant décrite par une soit-disant élite du savoir prônée par un certain nombre de « grandes écoles » du secteur privé, nous disent une chose fondamentale : « l’université est un formidable révélateur de talents, un lieu où s’expérimente l’autonomie, où se développe l’esprit critique. »

Écoutons cet appel de ceux qui tous les jours, transmettent, sans jugement, sans préjugés, sans sélectionner, la connaissance.

« Bon nombre d’étudiants qui ont fait des études brillantes à l’université n’étaient pas des élèves remarquables dans le secondaire et n’ont pas eu une bonne mention au baccalauréat. Auraient-ils été retenus si la sélection s’était appliquée alors ? Pourquoi devrions-nous abandonner ce vivier et renoncer, par une sélection absurde, à donner leur chance à tous ceux qui ont le degré minimum, à savoir le baccalauréat ? La France est-elle riche à ce point de talents avérés pour que les enseignants renoncent à leur vocation première : former, éduquer et faire progresser vers les meilleurs niveaux ? »

Le Media vous recommande vivement la lecture de l’intégralité de cette tribune que vous pouvez retrouver sur le site de France Info :

https://www.francetvinfo.fr/choix/tribune-une-selection-absurde-plus-de-400-enseignants-chercheurs-denoncent-la-reforme-de-l-acces-a-l-universite_2693044.html

Crédits: Science and Engineering CC/FLICKR

Laisser un commentaire

Devenez Socio

Restez connectés au Média

Les Tweets du Média

Les dernières émissions du Média

Loading...

Ne manquez pas les nouveaux articles du Média

Suivez l'actu d'une presse libre et indépendante des puissances financières

Merci d'avoir souscrit à notre newsletter !

Pin It on Pinterest

Share This

Partagez cet article

Avec vos amis !