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Franc succès de l’Université d’été solidaire et rebelle : face à Macron, le besoin de se rassembler

Franc succès de l’Université d’été solidaire et rebelle : face à Macron, le besoin de se rassembler

Pari réussi pour ATTAC et le CRID, qui ont réuni plus de 2.000 personnes à Grenoble pour l’Université d’été « solidaire et rebelle » des mouvements sociaux et citoyens. Annick Coupé revient avec nous sur ces cinq jours riches en débat. 

Lancée par ATTAC (l’Association pour la taxation des transactions financières et l’action citoyenne) et le CRID (le Centre de recherche et d’information pour le développement), l’Université « solidaire et rebelle » des mouvements sociaux et citoyens a rassemblé plus de deux cents organisations associatives, syndicales et citoyennes. Tandis que le même week-end, les Insoumis aussi faisaient leur « Amfis d’été » à Marseille, des médias indépendants, ONG, associations locales et nationales, se sont réunis à Grenoble du 22 au 26 août, afin de se préparer à affronter ensemble et en dehors des partis politiques, cette rentrée sociale qui s’annonce agitée.

Les citoyens ont « besoin de se rassembler » face à la politique d’Emmanuel Macron

Au total, près de 2.100 personnes se sont rendues sur place. Pour Annick Coupé, porte-parle de l’événement et secrétaire générale d’Attac, « le pari est pleinement réalisé », puisque les organisateurs prévoyaient au départ une affluence d’environ 1.500 personnes. Annick Coupé se félicite également d’« une diversité générationnelle qu’on avait jamais vu ». Côté mouvements sociaux et citoyens, la diversité des participants était aussi de mise.

Acrimed, Alternatives économiques, les Amis de la Terre, Anticor, Basta Mag, Médiapart, Les Jours Heureux, Politis, La Quadrature du net, les Economistes Attérés, la Ligue des droits de l’homme, la Fondation Copernic, Union Syndicale Solidaire, GreenPeace, le Droit au Logement, la Confédération paysanne, Utopia, Oxfam, le Secours Catholique, Sherpa, Observatoire des Armements, Observatoire des Multinationales ou encore le Collectif Droit des Femmes, pour ne citer qu’eux, se sont retrouvés autour de 33 modules, 73 ateliers et 11 forums. Un programme riche, avec pour objectifs : la formation des participants à l’action non-violente, l’éducation populaire, la convergence des mouvements sociaux, grâce à la création entre autre d’un agenda commun et lier ses forces aussi bien dans la réflexion que dans l’action.

Au menu, la réforme des retraites, les droits humains, la justice environnementale, l’accueil des migrants, l’alimentation durable, la criminalisation de la société civile, la défense du service public, l’égalité hommes-femmes, l’éducation aux médias indépendants, l’antiracisme, la désobéissance civile, ou encore la lutte pour le droit au logement, les thématiques abordées furent nombreuses et riches en débat. Il faut dire qu’Emmanuel Macron a attaqué frontalement différents secteurs au fil de ses réformes de cette première année de mandat, laissant pour compte les plus précaires et fragiles de la société. Ces derniers comptent bien s’organiser et ne pas attendre la nouvelle échéance électorale pour se faire entendre.

Pour Annick Coupé, cet engagement citoyen « correspond a un besoin de se rassembler » face à la politique d’Emmanuel Macron. Le constat est sans appel, même si les mobilisations du printemps 2018 furent nombreuses et riches, elles étaient néanmoins désorganisées. Ce rassemblement estival a donc permis à ceux qui défendent l’écologie, le droit des migrants ou encore les organisations altermondialistes, de se retrouver pour attaquer cette rentrée ensemble, et éviter, à l’avenir, de s’éparpiller.

Au delà du rassemblement, ce rendez-vous estival aura permis à des citoyens militants d’apprendre à lutter, au delà des traditionnelles manifestations de rue. « Cette Université d’été aura permis de former des milliers de citoyen·ne·s sur les enjeux fondamentaux de nos sociétés à savoir : l’écologie, l’anti-racisme, le féminisme, le travail, l’information, les migrations, le logement, la démocratie, le libre-échange », se félicite Sébastien Bailleul, porte-parole de l’Université d’été et délégué général du CRID.

« Les jeunes ne sont pas moins politisés que leurs aînés »

Les militants ont dressé le bilan de l’année écoulée face au « bulldozer que représente Macron », souligne Annick Coupé. Ils ont essayé de tirer les leçons de ce premier mandat du président employant « la stratégie du choc », comme le développe l’essayiste Naomi Klein. Alors qu’on dit de nos concitoyens qu’ils sont de plus en plus désengagés, et notamment des jeunes, ce n’est absolument pas le constat que fait Annick Coupé, militante de longue date. « L’engagement, qu’est-ce que ça veut dire ? », pose la porte-parole de l’Université. « Les jeunes ne sont pas moins politisés que leurs aînés », explique-t-elle, « ce sont les forment d’engagement qui changent. » Aujourd’hui les jeunes s’engagent « d’abord pour une problématique qui les touche particulièrement », souligne-t-elle, donnant l’exemple des actions de soutien en faveur des migrants, ou encore contre les violences policières et l’engagement dans les quartiers populaires.

Du côté des organisations, des alliances et convergences pourraient naître de cette Université d’été. « Dans plusieurs débats, la question est revenue », affirme Annick Coupé. Même si aucun calendrier n’a été établi pour le moment, les différents acteurs de la gauche ont pu « renforcer leur confiance » dans le but, pourquoi pas de s’allier face au pouvoir en place. « L’avenir nous le dira », tranche la secrétaire générale d’ATTAC.

Dimanche 26 août, pour la clôture de cette première Université d’été « solidaire et rebelle », la militante altermondialiste franco-américaine Susan George, et Nicolas Haeringer, chargé de campagne pour l’organisation écologiste 350.org faisaient front ensemble. Les militants eux, pensent déjà à l’été prochain. « Quand sera la prochaine ? » Pour le moment, aucune date est fixée, dans le mois d’août 2019 qui s’annonce particulièrement mouvementé en raison du G7 qui doit se dérouler à Biarritz. « Il y a une forte demande » de renouveler ce type de rassemblement, affirme Annick Coupé. Quoiqu’il en soit, il y aura des mobilisations. « Le G7 a souvent été un rendez-vous des mouvements alternationalistes », rappelle-t-elle à juste titre.

En attendant, Attac lance dès le 8 septembre sa prochaine campagne #PasAvecNotreArgent. « Nous réclamons des emplois et des revenus décents pour les travailleurs et les travailleuses, ainsi que justice et dignité pour les communautés qui sont en première ligne, durement touchées par les conséquences de l’industrie fossile et des dérèglements climatiques ». L’adage « l’union fait la force » aura l’occasion de se démontrer, tout au long de cette année 2018, où les citoyens devront contre-attaquer face à la politique néolibérale d’Emmanuel Macron.

9 Comments

  1. Dominique Gagnot

    Attac plane. Quémander ne sert à rien. Après 20 ans d’échec sur échecs, il faut envisager de prendre l’Elysée avec les CRS pour instaurer un gouvernement de transition… (voir le CNTF) C’est plus qu’urgent, vu la situation…

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    • Virginie Cresci

      Non, cet Université d’été était citoyenne, il n’y avait aucun parti politique, « que » des ONG, associations..

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      • yahiacirtaPascal Jean-Michel

        Merci pour la réponse, Virginie.

        Cela veut donc dire que les mouvements (statut de LFI) sont considérés comme des organisations politiques.
        Pour rappel LFI est officiellement un mouvement et il existe même une association LFI déclarée en bonne et due forme.
        Ceci dit il est courant que LFI soit cataloguée orga politique alors qu’elle n’est pas du tout pourvue des instances courantes des partis politiques : Congrès, Bureau politique, sections départementales etc…
        un bon article sur la problématique LFI/PG serait le bienvenu, je crois.

  2. Grolleau

    Merci Virginie pour cet article complet instructif. Mélenchon a cité Attac et cette université d’été comme très importante lors des amfis, et beaucoup de militants d’Attac se sentent aussi concernés par la démarche de la FI.

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  3. Jean Lafranceschina

    Virginie, il n’a pas pu vous échapper qu’à la porte de l’université rebelle, des citoyens grenoblois appuyés par le DAL et des militants FI dénonçaient le coup de com’, un de plus, du maire de Grenoble : celui-ci se présente dans la presse comme rebelle, aux côtés des mouvements sociaux alors que dans la réalité il supprime les bibliothèques dans les quartiers défavorisés, il expulse les migrants des squats, leur coupe l’électricité (un atelier de l’université rebelle a du se tenir avec des lampes frontales), détruit des logements sociaux, etc, etc. Et les etc ne manquent pas croyez moi.

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  4. brun

    ce serait sympa de faire de lecture inclusive …. c’et pas compliqué et chgerait le monde un peu. Merci

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  5. Orwelle

    Attac, Médiapart, la Fondation Copernic… des formations si soucieuses d’unité au profit du peuple qu’elles ont contribué à faire élire Macron, en ne soutenant pas le candidat de gauche à l’élection présidentielle de 2017.

    ‘les différents acteurs de la gauche ont pu « renforcer leur confiance » dans le but, pourquoi pas de s’allier face au pouvoir en place.’ : il serait temps qu’ils se décident car les élections européennes sont proches. Mais s’ils se posent la question, peut-on encore leur faire confiance ?

    Cela dit, il y a une majuscule à homme dans ‘Droits de l’Homme’, pour inclure les femmes.

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