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Fête des travailleurs à Paris : une journée sous haute tension

Fête des travailleurs à Paris : une journée sous haute tension

Partis de place de la Bastille, les cortèges syndicaux ont pris un chemin détourné pour arriver place d’Italie. Le Média décrit le déroulé de la manifestation.

La manifestation devait remonter Boulevard de l’hôpital, via le pont d’Austerlitz, pour arriver place d’Italie. Lorsque le cortège de tête dépasse le jardin des plantes et la gare d’Austerlitz, les manifestants se seraient retrouvés asphyxiés par les gaz lacrymogènes. Ils ont dû rebrousser chemin, retraverser le pont, et longer la Seine jusqu’au pont Charles de Gaulle pour revenir Rive gauche. C’est finalement en remontant le boulevard Vincent Auriol que les cortèges syndicaux ont atteint la place d’Italie.

Un parcours truffé d’embûches

L’objectif ne fut pas atteint sans heurts. Ce détour, ponctué d’une marche arrière, de mouvements de panique, et de blocage de route, est le résultat d’une intervention policière qui vise à bloquer le trajet initial de la manifestation au cortège de tête.

Tout commence quand un groupe désigné comme un black bloc, se déchaîne sur un McDonald’s au niveau du jardin des plantes. En quelques minutes le fast-food est saccagé. Les manifestants continuent à avancer, sans que la police n’intervienne. Plusieurs vitrines sont brisées sur le trajet. Un concessionnaire automobile fait à son tour les frais d’une attaque. Plusieurs voitures sont brûlées.

C’est seulement après que la majorité des manifestants du cortège de tête aient avancés sur le boulevard, que la police décide d’opérer. Olivier* qui manifestait dans le cortège de tête s’est retrouvé coincé dans les gaz lacrymogènes. Au Média, il raconte que la police a gazé « directement au milieu de cortège. Ça a créé un gros mouvement de panique, tout le monde a commencé à fuir, mais ils avaient bloqué toutes les rues adjacentes, donc on ne pouvait que fuir dans un sens. Les gens se sont retrouvés complètement bloqués ». Olivier est immobilisé au niveau des grilles du jardin des plantes. Personne ne peut avancer, jusqu’à ce qu’un gardien du parc décide d’ouvrir une grille, cédant aux supplications des manifestants asphyxiés. Ces derniers se réfugient dans le jardin, où l’air est respirable. Dans le même temps, la police emploie les canons à eau, ce qui libère la route. Des manifestants se précipitent direction le pont d’Austerlitz. Olivier fait partie de ceux qui retraversent la seine : « il y a eu un deuxième assaut sur le pont, hyper violent et dangereux car le cortège de tête avait rejoint le cortège syndical. Ils se sont mis à gazer sur le pont, là, il y a eu un mouvement de panique. Les gens se penchaient au-dessus de l’eau pour respirer. Des manifestants couraient partout ».

Le cortège syndical dévie sa route. Pour rejoindre le lieu d’arrivée, il doit emprunter un nouveau trajet. Au passage, des militants CGT bloquent une route au niveau du quai de la Rapée et de la voie Mazas, en soutien au cortège de tête noyé sous les lacrymogènes. Finalement, le reste de la manifestation se conclut sans de nouveaux affrontements, mais en ayant perdu en chemin l’essentiel des troupes.

Un cortège de tête menaçant ?

S’il est indéniable qu’une partie des manifestants veulent en découdre en s’en prenant physiquement à des symboles du capitalisme, d’autres participants du cortège de tête n’ont pas participé aux destructions de vitrines et de commerces. C’est un point sur lequel Olivier insiste : il y avait des personnes «  très différentes les unes des autres et toutes étaient mises dans le même sac et gazées. Notamment des gens pas du tout prêts à cela, d’où un grand mouvement de foule, parce que ceux qui sont dans les blacks blocs sont organisés, savent réagir et ne paniquent pas. »

« Là il y a eu un grand mouvement de panique parce que beaucoup de personnes n’étaient pas venues pour cela et se retrouvent mêlées à quelque chose de flippant », décrit-il. Avant de préciser que « ce sont des gens très équipés qui les ont pris en charge et évacués dans le calme, en donnant des médicaments. Ce sont eux qui ont réussi à faire en sorte que ça ne dégénère pas » à propos des streets médics, des groupes de soignants mobiles du cortège de tête.

Violences au quartier latin

Sur les réseaux sociaux tournaient des appels à se rassembler au quartier latin le soir du premier mai. Des manifestants s’y sont regroupés et se sont retrouvés face à un dispositif policier déjà en place. Plusieurs images sur internet circulent, montrant des policiers brutaliser un jeune homme Place de la contrescarpe. On peut les voir faire usage de leurs matraques, avant de le lâcher.

 

Photo : 1er mai

Crédit : Jeanne MenjouletFlickr

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