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Corse : Des centaines d’emplois menacés à l’hôpital de Bastia

Corse : Des centaines d’emplois menacés à l’hôpital de Bastia

L’hôpital de Bastia connaît une crise sans précédent. Confrontées au manque de moyens et à une gestion douteuse, sept femmes employées de cet hôpital avaient entamé une grève de la faim le 30 octobre dernier.

Depuis, les problèmes inhérents à l’hôpital demeurent et la mobilisation continue. L’objet de leur lutte, l’endettement ainsi que la vétusté de l’établissement.  la syndicaliste CGT Josette Risterucci témoigne auprès de nos confrères du Parisien : « 20 ans que j’entends parler d’un plan de modernisation de l’hôpital qui ne s’est jamais mis en œuvre. Il est reporté tous les 4 ans ». Au-delà d’un état de délabrement manifeste, c’est aussi le manque de matériel et de médicament qui est déploré par le personnel de l’hôpital.

Une situation chaotique

Et le problème n’est pas près de trouver solution. En effet, selon France 3 Via Stella, un plan d’économie de 1,2 million d’euros est prévu pour la période 2018-2022. Une telle mesure pourrait coûter une centaine d’emplois au sein d’un établissement manquant déjà cruellement de moyens matériels.

Sur le plan comptable, l’hôpital aurait 50 millions d’euros de déficit, dont 9 millions irrécouvrables. La faute à des patients qui n’auraient pas réglé la totalité de leurs frais hospitaliers, car vivant dans une grande précarité sociale. Comme l’explique la syndicaliste CGT, « le Corse est une des régions les plus pauvres de France ». De plus, elle explique aussi que le budget des hôpitaux est alloué en fonction du nombre de résident. Or, la Corse « reçoit 3 millions de touriste tous les étés et pâtis du statut particulier à la Corse qui est celui de “semi-résident” ». Il s’agit là de personnes qui habitent et sont assurés sur le continent mais qui vivent en Corse la moitié de l’année. De fait, le budget de l’hôpital ne répond pas aux enjeux médicaux auxquels celui-ci doit répondre.

Des femmes ont mis leurs vies en péril afin que leurs voix soient entendues

Nous le disions, donc, c’est pour protester contre la direction de l’hôpital et sa gestion désastreuse que ces sept femmes s’étaient engagées à faire une grève de la faim. Du fait que la mobilisation se soit organisée sans préavis, Josette Risterucci raconte au Parisien qu’elles étaient dans l’obligation de continuer à travailler malgré tout. Malgré les perfusions, la fatigue extrême.

Gilles Siméoni, président du conseil exécutif de Corse, s’était alors empressé d’en appeler à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, demandant un « geste fort ». Pas certain que le message ait été entendu à sa juste gravité. Bercy n’a pas su offrir mieux qu’une capacité d’emprunt de 6 millions d’euros ainsi qu’un versement accéléré de subventions à hauteur de 3 millions d’euros.

Pour les employées de l’hôpital, le compte n’y est pas, d’autant plus que Bercy a réclamé des économies sur le personnel en échange… Pour reprendre les termes de Josette Risterucci : « On va crever dans l’indifférence. »

Légende : les grévistes devant le Palais de Justice de Bastia

Crédit : Josette Risterucci/CGT Haute-Corse

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