A la bourse du travail, un appel à la grève générale

A la bourse du travail, un appel à la grève générale

À la bourse du travail de Paris mardi 4 décembre, les travailleurs en lutte appellent à la grève générale et au soutien des gilets jaunes.

Mardi 4 décembre, il y avait du monde à la bourse du travail de Paris. Tellement de monde que les travailleurs en lutte, étudiants, syndicalistes, gilets jaunes et quelques curieux venus à l’appel de leurs camarades de Sud Poste 92 ont dû migrer de la petite salle de grève vers la mythique salle Ambroise Croizat.

L’objectif de cette assemblée générale exceptionnelle : bloquer Paris et sa banlieue. C’est ce que disait le communiqué. Il était surtout question de se faire rencontrer les secteurs en lutte. Les étudiants qui bloquent leur fac d’un côté, les hospitaliers qui crient leur colère de l’autre, les postiers du 92 en grève depuis plus de 6 mois, comment faire pour intégrer les travailleurs en lutte aux gilets jaunes ?

« Le mouvement des « Gilets Jaunes » percute la situation politique avec force. Elle percute tout sur son passage : les directions syndicales, les directions politiques, la gauche révolutionnaire, le mouvement autonome et le Front Social », ont-ils écrit. Alors comment faire ?

Grève générale ?

Gaël Quirante, licencié par la poste pour son action syndicale, figure importante de la lutte aujourd’hui, ouvre l’AG. « Si ça bouge un peu, c’est plutôt bon signe », commence-t-il. L’homme parle au nom des postiers « nous, on se reconnaît dans cet appel là », celui des gilets jaunes. « Ce sont les travailleurs les plus déclassés qui sont touchés, et ils n’en peuvent plus. »  Gaël Quirante parle des infirmiers et infirmières en lutte, des lycéens qui subissent une répression sans nom, des cheminots… « Les mobilisations sont éparpillées », avoue le syndicaliste. Il est impossible d’énumérer tous les secteurs en lutte, on n’a pas le temps, il faut faire vite.

« Clairement il y a une colère », entonne le syndicaliste, « et face à cette colère, il y a une violence. »  La salle acquiesce vivement, chacun raconte ce qu’il a vécu, le samedi 1er décembre, entre gazages à répétition, et images de violences policières. Gaël Quirante finit par poser la question fondamentale de cette soirée : la grève générale. « Il faut bloquer l’économie, pas juste manifester mais poser la question du blocage de lieux stratégiques. » 

C’est au tour de Caroline, gilet jaune depuis le 17 novembre, venue de Bordeaux, de prendre la parole. Vêtue d’un bonnet et d’une écharpe jaune fluo Caroline souhaite « partager » son expérience aux parisiens. Elle raconte les blocages des routes, elle raconte le terrain, loin de Paris. Elle invite tous ceux qui sont là à se vêtir de la couleur jaune. « Mettez n’importe quoi de jaune. Mettons de la lumière pour combattre l’obscurité !  » La salle applaudit.

« Macron démission »

Les étudiants prennent la parole. Certains ne sont pas d’accord avec les gilets jaunes, redoutent la présence des « fachos ». Caroline s’empresse de dire qu’elle a vu des gilets jaunes « de toutes les couleurs ». Mais l’inquiétude est là. Pour calmer la tension, Gauvin, étudiant prend la parole. « Il ne faut pas laisser la rue aux fachos ! » La salle est d’accord. Et puis… le débat se tourne vers Emmanuel Macron, qui cristallise aujourd’hui toute cette colère. Même si les gilets jaunes, travailleurs en luttes, étudiants ne sont pas d’accord sur certaines revendications, il y a un point qui fait l’unanimité : « Macron démission ! »  La foule commence à crier à son tour « Macron démission », le même slogan qu’on entendait dans les rues ces derniers samedis où la France se paraît de gilets jaunes.

Malgré tout, il y a peu de gilets jaunes dans la salle. Alors Benjamin, du collectif la Fête à Macron s’avance, il enfile un gilet jaune, fièrement. « On ne vous demande pas de choisir une couleur politique », commence-t-il. Du jaune, juste du jaune. Et il ose dire la vérité à ses camarades : « Ils ont réussi à faire ce qu’on n’a jamais réussi à faire ! »  Maintenant que le peuple s’embrase, il faut le soutenir, mettre du jaune. « Le reste, on verra après, dans les urnes. » Mais l’heure est à la convergence. D’abord la démission de Macron, au moins, sur ce point, tout le monde est d’accord.

Légende : Bourse du travail de Paris

Crédits : ©Koja 

 

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