À Paris, des Gilets jaunes plus déterminés que jamais

À Paris, des Gilets jaunes plus déterminés que jamais

Dans la capitale, la mobilisation ne faiblit pas en intensité. Les Gilets jaunes rencontrés ce 8 décembre semblent décidés à aller jusqu’au bout.

Selon le ministère de l’Intérieur, ils étaient 10 000 Gilets jaunes à Paris – sans doute le double ou le triple en réalité, vu l’ampleur du mouvement – et 125 000 dans l’Hexagone, à se mobiliser ce samedi 8 décembre contre le gouvernement. Face à eux, l’État a dépêché 89 000 agents, suréquipés, afin de maintenir l’ordre. Par-delà ces chiffres, ainsi que les dégâts économique et matériels importants, ce qui frappe, c’est la détermination des « derniers de cordées ».

Le retour de la guerre civile en France ?

« La mobilisation faiblit » ont répété l’envie la presse. Le constat est à la fois vrai et faux. « Il y a moins de femmes et personnes âgées », constate une Gilet jaune. Il faut croire que la montée en violence opérée à partir du 24 novembre, entre tirs de flashball et bombes lacrymogènes, a réussi à décourager une partie de la population. Pourtant, les Gilets jaunes étaient encore très nombreux. À Paris, 45 stations de métro et de RER ont été fermées pour l’occasion. Des rassemblements ont démarré dès 8h aux Champs-Élysées, à Concorde, aux Grands Boulevards, à Saint-Lazare, ou encore à rue Réaumur. Les cafés, grands magasins et petits commerces sont fermés, pour la plupart, à deux semaines de Noël. Les choses commencent pacifiquement. Les manifestants, bon esprit, scandent, avec l’espoir d’obtenir le soutien des forces de l’ordre : « LA POLICE AVEC NOUS ! » Rien à faire, la foule est rapidement nassée et contrainte de se défendre face aux violences policières. Les heures suivantes les rues de la capitale voient alterner scènes de guérillas urbaines et protestations pacifiques. Car bien qu’on peine à trouver des dénonciations des « casseurs » tant décriés les manifestants ne sont pas pour faire preuve de violence, et nous le disent. Ils réagissent à la force déployée par l’État.

« On ira jusqu’au bout »

Il semble pourtant que ce n’est pas par la répression que Macron obtiendra la paix. Les Gilets jaunes interrogés sont catégoriques : « On ira jusqu’au bout ! » Au bout de quoi ? Les réponses divergent sensiblement. L’annulation de la taxe carbone en 2019 n’a néanmoins calmé personne. Certains Gilets jaunes réclament un « Frexit » –sortie de l’Union européenne –, d’autres le « référendum d’initiatives populaires », d’autres encore la démission de Macron. Les manifestants demandent souvent plus de démocratie et plus de pouvoir d’achat, que cela passe par une hausse du SMIC ou une baisse des taxes. « J’ai 32 ans et je dois encore vivre chez mes parents », nous explique l’un d’entre eux. « On en a marre d’être à découvert le 15 du mois », nous dit une autre. « Comment voulez-vous vivre correctement avec 1 100 euros par mois ? », nous demande une dernière. Enfin, les journalistes, ceux de BFM en tête, sont souvent conspués et accusés de déformer la vérité.

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Parmi les manifestants rencontrés, nombreux sont les non-Parisiens. Les banlieusards sont également présents. On croise parmi les Gilets jaunes de militants d’extrême droite, des royalistes, des gens de gauche, mais surtout des individus dépolitisés. Beaucoup n’avaient jamais manifesté avant le 17 novembre. « Je suis venu parce que j’en ai marre de souffrir », pouvons-nous entendre. Pourquoi ne pas avoir participé aux précédents mouvements syndicaux, comme trop le leur reproche à gauche ? Pas de vraie réponse à cela, mais l’essentiel n’est guère là.

Dans les rues, on trouve énormément de membres des classes populaires, qui déclarent ne pas réussir à boucler leurs fins de mois. Quelques membres des classes moyennes, menacées par le déclassement alors qu’on leur a vendu un mode de vie confortables, sont aussi présents. D’autres s’en sortent bien financièrement mais protestent quand même. L’un d’eux nous confie qu’il estime anormal « que dans un pays riche, le peuple soit pauvre «  et réclame plus d’égalité. C’est cette diversité qui fait que les responsables politiques et syndicaux ont tant de mal à appréhender ce qui se passe. Mais c’est aussi leur force. À l’heure actuelle, personne ne peut dire où mènera le mouvement. En tout cas, les Gilets jaunes sont décidés à ne rien lâcher.

Légende : Gilets jaunes le 8 décembre 2018

Crédits : Koja

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