Select Page

La fête à Macron a réuni tous ceux qui luttent contre les réformes gouvernement

La fête à Macron a réuni tous ceux qui luttent contre les réformes gouvernement

Un an après l’élection d’Emmanuel Macron à la tête du pays, ils étaient des milliers à lui faire sa fête.

Véritable « OPNI : Objet Politique Non Identifié », La Fête à Macron a réuni, sous le soleil et dans la bonne humeur, tous ceux qui luttent contre la politique d’austérité d’Emmanuel Macron : des cheminots, des étudiants, des lycéens, des retraités, des hospitaliers, des écologistes, des féministes, des familles, des sans-papiers, des sans-logements, des sans-travail, des sans-dents, il y avait ceux qui ne sont rien et ceux qui manquent parfois de tout.

Rendez-vous le 26 mai pour une grande « mariée populaire »

Comme l’a annoncé François Ruffin à notre micro, ce 5 mai est « le point d’étape » jusqu’à la date du samedi 26 mai, que le député de la somme annonce déjà comme « historique ».

Un mot d’ordre : convergence des luttes. Les syndicats et les partis de gauche veulent rassembler, pour une grande « marée populaire ». « Une journée pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité », a précisé l’organisation altermondialiste Attac. Pour le moment les différentes organisations politiques et syndicales sont en discussion pour se mettre d’accord sur le discours à adopter pour ce 26 mai.

La bataille des chiffres, un enjeu politique

Cette grande fête à Macron du 5 mai a réuni 40 000 personnes selon la préfecture de police, 100 000 selon les organisateurs et 160 000 selon la France Insoumise. On se souvient du 7 mai 2017, Emmanuel Macron fêtait sa victoire au Louvre, où 40 000 personnes étaient réunies. 40 000 c’est le chiffre annoncé par la préfecture de police sur les manifestants présents à la Fête à Macron. Un an plus tard, il y a donc au moins autant de personnes, si ce n’est plus, pour contester la politique d’Emmanuel Macron, qu’il n’y en avait pour fêter sa victoire.

A l’occasion de cet anniversaire, un documentaire réalisé par Bertrand Delais intitulé « Emmanuel Macron, la fin de l’innocence », sera diffusé sur France 3. Le président y dit cette phrase :

« Les gens qui pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus (…) » et où l’ « on invoque la tragédie dès qu’il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que le summum de la lutte c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’Histoire de notre pays ».

« Faut vous dire, Monsieur », comme disait Jacques Brel, « Que chez ces gens-là, On n’cause pas, Monsieur, On n’cause pas, on compte. »

Ces gens-là, Le Media les a rencontré hier, et ils la connaissent L’Histoire de notre pays. Ces gens-là, Le Media les a rencontré, ils ne sont ni casseurs ni violents, ni marcheurs, ni fainéants.

Si vous n’étiez pas présents à cette grande fête à Macron, Le Média vous propose de lire le discours de Frédéric Lordon, retranscrit par  notre socio Didier Fremaux.

« J’voudrais juste dire une petite chose avant de commencer, vous savez, les rassemblements, les manifestations, ne se forment pas, par générations spontanées. Il y a des gens qui ont travaillé pour réaliser ce qui s’est passé aujourd’hui. Des gens qu’on ne voit pas beaucoup, que vous ne connaissez pas nécessairement. Je voudrais citer au moins une personne. C’est Johanna Silva, au nom de toutes les autres villes : Merci !!

En Marche disaient-ils donc, mais vers où ? et pour faire quoi ? Les malheureux rescapés de la prise d’otage électorale de 2017 commencent à s’en apercevoir. On parle beaucoup d’prise d’otage ces temps-ci. Curieusement, on n’a jamais évoqué celle-ci qui pourtant se posait là ! Un an après un scrutin qui s’est déroulé avec un pistolet sur la tempe, les médias de complaisance nous bassinent encore avec la légitimité présidentielle. Quelle légitimité ? L’impact politique réel de Macron se mesure à son score au premier tour aux présidentielles, rapporté aux inscrits et corrigé du vote utile, ça fait 10%. En France, nous sommes avec une majorité présidentielle avec 10% des inscrits qui y croient vraiment ! Et avec ces 10%, on impose aux 90%, la politique pour les 1% ! Où est la légitimité ? Et bien, j’vais vous dire moi, où elle est. Elle est du côté de ceux qui travaillent et de ceux qui souffrent, elle est du côté de ceux qui résistent et de ceux qui se battent. Elle est du côté de ceux qui n’acceptent pas la destruction de tout et qui ont pris le parti de changer les choses.

Le roitelet et sa cour n’ont plus la moindre idée de ce qui se passe dans la société, à supposer qu’ils en aient eu, un jour, une seule! Ces gens-là, qui décident des vies de tous, ne tiendraient pas 15 jours, dans une cabine de train, ils ne tiendraient pas 15 jours dans un centre de tris, pas 15 jours aux urgences, en EPHAD ou face à une classe de collège. Ils ne tiendraient pas 15 jours dans un entrepôt d’Amazon, dans les rayons de LIDL, au nettoyage de la Gare du Nord ou au ménage dans les chambres d’hôtel. Et combien de temps, tiendraient-ils dans une tente de migrants ? Combien de temps, à se faire contrôler au faciès tous les jours par la BAC dans les quartiers ?

Mais la seule chose qu’ils connaissent, c’est la loi de l’argent. Or, une fraction de plus en plus grande de la société voit maintenant distinctement que cette loi la détruit. Elle détruit les corps, elle détruit les liens, elle détruit les existences car elle fait régner partout le non-sens et la désolation humaine. Or, une société qui résiste à sa propre destruction est dans son bon droit. Et rien, ni le mensonge de ses gouvernants, ni celui des médias de l’argent, quand ce ne sont pas ceux d’un service publique dévoyé, ni même, la répression — celle qui s’abat, par exemple, sur les étudiants ou les syndicalistes —, rien ne pourra se mettre en travers de l’effort de cette société pour se sauver elle-même.

C’est que l’injustice est partout, elle est terrible, caparaçonnée d’arrogance et peut-être même d’obscénité, elle est le signe des pouvoirs qui vont à leur perte. Et pendant ce temps, pourtant dorloté par une clique d’éditorialistes humides, d’hagiographes récompensés et de littérateurs de services, le roitelet fait savoir, qu’il est de mauvaise humeur, autoritaire et mégalomane, il s’offusque du fait que les gueux s’agitent. Visiblement, il ne comprend pas qu’ils comprennent, ou il ne l’admet pas, et pourtant, ils comprennent. Ils comprennent que l’affaire des cheminots n’est pas que l’affaire des cheminots. Ils comprennent eux-mêmes, que l’affaire des soignants les concerne. Ils comprennent à leur tour, et ainsi de proche en proche, dans toutes les directions de la société, et tous comprennent que si c’est aller au précipice, nous n’irons pas ! et nous le diront ailleurs!

Aujourd’hui, une masse s’est levée, le pays la contemple, bientôt, certains, qui n’ont pas encore franchi le pas, s’interrogent, n’ai-je pas, moi aussi à prendre part à ce grand réveil ? mes misères n’ont-elles pas à voir avec cette cause commune, que tous ces autres, se sont déjà reconnue ? Resterai-je  encore longtemps seul à contempler passivement la destruction du monde ? à tous ceux-là qui sont secrètement ébranlés, nous sommes ici pour donner des idées et nous disons à ce pouvoir : Craignez ces réveillés tardifs, ce ne sont pas les moins agités, demain, nous reviendrons et nous serons beaucoup! Si donc, quelque chose s’est mis en marche, ça n’est pas exactement ce à quoi Macron pense ! Et là encore, en marche, c’est bien peu dire ! car chez nous ça court ! ça se serre les coudes ! ça déboule ! ça ne s’arrêtera plus !

Attention Macron ! nous arriverons ! « 

Photo : 5 mai

Crédit : Germain Vaudry

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Devenez Socio

Restez connectés au Média

Les Tweets du Média