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En 68 aussi, les présidents d’université étaient dépassés par les évènements

En 68 aussi, les présidents d’université étaient dépassés par les évènements

50 ans se sont désormais écoulés, depuis les événements de « Mai 68 », et pourtant, l’indignation des dirigeants d’universités est la même lorsqu’ils font face à la contestation étudiante. 

Aujourd’hui, c’est George Haddad, président de l’université Panthéon-Sorbonne qui déplore le « capharnaüm » engendré par l’occupation de Tolbiac par les étudiants. Ce dernier « craint que la fac ne devienne une ZAD universitaire ». Selon lui, n’y régnerait plus que « violence, drogue et sexe »… Rien que ça. Encore un peu, et on serait être convaincu que l’université est devenue un véritable enfer sur terre.

« J’ai du mal à le décrire tellement je suis consterné par l’état du centre, un vrai capharnaüm. La violence, la drogue, le sexe même. On me l’a dit, et je crois que c’est vrai, il se passe des choses qui sont indignes », a ainsi déclaré Georges Haddad sur CNews. Aujourd’hui, le site de Tolbiac, rattaché à Panthéon-Sorbonne, est devenu l’un des symboles de la lutte étudiante contre les réformes du gouvernement et, en premier lieu, Parcoursup, qui est censé organiser la sélection à l’entrée des universités. C’est dans ce contexte que la fac est occupée depuis le 26 mars, en signe de protestation.

N’oublions pas que la lutte a également lieu du côté de Paris-Ouest-Nanterre-La-Défense. Et à bien des égards, on se croirait presque revenu 50 ans en arrière, lorsque le président de l’université de Nanterre, Pierre Grappin, dans un contexte de contestation grandissante, avait confié son indignation et son incompréhension. A cette époque, l’enjeu était que soient mélangés filles et garçons au sein de la résidence universitaire, située à la périphérie du campus.

Voici les propos, ramenés d’outre tombe par nos confrères de La Croix, que Pierre Grappin tenait pour qualifier les tumultes : « Le campus était devenu, je n’ose pas dire un chaudron de sorcière, mais un espace clos replié sur lui-même ». Rappelons qu’il s’adressait alors à des journalistes pour expliquer la fermeture de l’établissement, après quoi il ajoutait qu’il « régnait dans la faculté un étrange climat, un état d’esprit insupportable, une véritable psychose de guerre ».

Il avait poussé plus loin « l’analyse » en essayant de décrypter le niveau de contestation filière par filière. Pointant notamment du doigt les étudiants en sciences humaines et sociales. Certains crieront à la sociologie de comptoir. Il est vrai que tout cela manquait d’un brin de finesse. Mais le coup était calculé, de la même manière que les propos de Georges Haddad. L’objectif étant d’infantiliser la lutte en la faisant passer pour le résultat d’un « caprice d’enfant gâté ».

50 ans après, l’analogie est flagrante.

 

 

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