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Pourquoi Macron est-il venu en Corse avec le “Che”

Pourquoi Macron est-il venu en Corse avec le “Che”

En Corse, Emmanuel Macron n’est pas venu tout seul. Et l’un des membres de sa délégation a suscité une sérieuse polémique localement : le président a choisi de venir accompagné de l’ancien ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement, adversaire des nationalistes et farouche partisan de l’unité du territoire français. C’est lui qui était locataire de la place Beauvau lors des premières années de la longue traque d’Ivan Colonna, suite à l’assassinat du préfet Claude Erignac en 1998. Le ministre avait notamment nommé le préfet Bernard Bonnet, censé remettre de l’ordre dans une société Corse tourmentée.

Au premier abord le choix de cette personnalité politique en particulier, justifié par l’Elysée au nom de la «tradition républicaine», peut surprendre. Pour ne rien arranger, ce lundi dans Le Monde Chevènement déclare : «La victoire des nationalistes en décembre 2017 couronne quatre décennies de reculades de la droite et de la gauche, des élus locaux (…), mais aussi des gouvernements». De quoi susciter l’agacement dans l’entourage d’Emmanuel Macron, qui avait estimé pendant la campagne présidentielle qu’il fallait dialoguer avec les forces autonomistes et indépendantistes.

Dans le Figaro, l’entourage du président assure qu’«il ne faut pas y voir un message politique» dans la venue de Chevènement, mais sur le terrain le symbole passe mal. Le chef de l’exécutif corse, Gilles Simeoni a qualifié cette présence de «très mauvais signal». Il s’agit certainement de véhiculer à l’occasion de ce voyage une image d’équilibre entre une vision unitaire de la République et celle de l’ouverture d’un dialogue entre la Corse et Paris, pour ouvrir le chemin de l’autodétermination.

Il est probable que le “Che” serve au passage de caution pour l’exécutif. Il faut dire qu’il ne souhaite pas apparaître comme celui qui morcelle la République. Mais Emmanuel Macron se trouve par ailleurs quasiment contraint d’ouvrir un dialogue : le camp nationaliste dispose d’une base arrière politique puissante en tenant les rênes de la région Corse, trois députés sur 4 et la mairie de Bastia notamment. Ceci lui confère d’une légitimité démocratique pour amener Paris à tenir compte de tout ou partie de ses revendications identitaires. Cette position de force se trouve renforcée par la bonne entente entre Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, qui ont tous les deux fermé la porte de l’action violente.

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