Nostalgie de l’ordre – Un monde de douceur et de sécurité révolu.

Nostalgie de l’ordre – Un monde de douceur et de sécurité révolu.

Une vague de nostalgie semble toucher la France. Celle du bon vieux temps où l’ordre et l’injustice régnaient.

Dure époque que nous vivons, une vie de progrès qui devrait être peinarde, gâchée par un sentiment d’insécurité croissant et permanent, logé par les conservateurs dans le carnabot du péquin, qui se croit de retour à l’époque de « Graine de violence ». Et pourtant, lorsque l’on revient quelques temps en arrière, quand la droite ultra-sécuritaire, déjà, possédait les pleins pouvoirs, déjà aussi, grâce à des ministres de l’intérieur martiaux la sécurité et l’ordre régnait efficacement. Qu’on en juge… flash-back, sur un monde de paix… à peine concevable aujourd’hui !

Le bon vieux temps de la répression

L’ordre régnait dans les usines, l’ouvrier « sans histoire » comme l’on disait alors, et le patron également bien sûr, pouvait compter sur le garde mobile et sa matraque agile et sans retenue pour lui assurer le droit au travail au moindre slogan de gréviste. Et ce n’est pas cela qui entravait le droit de grève, puisqu’il y en a jamais eu autant, de si dures et violentes, qu’à cette époque sécuritaire bénie. Preuve que…

Dans les écoles, on dressait les réfractaires à coups de règles en fer sur les pognes, ou de torgnoles bien senties. La moindre rébellion à agent était sanctionnée par un « passage à tabac » immédiat aux « quatre coins » dans les commissariats, au lieu d’engorger les tribunaux inutilement. Et les estourbis n’en faisaient pas toute une affaire.

Du coup, dans la rue, ces bonnes manières faisaient école. La jeunesse d’alors respirait l’action mais respectait ces règles civiques établies. Jamais de lames de couteau à cran d’arrêt, plus grande que la main. Sinon le surin était confisqué. Les bagues à tête de mort, les bouchons agrémentés de lames de rasoir, les capsules de bouteilles de bière ou les sucres pour balafrer de manière indélébile, ne devaient pas être ostensiblement apparents, sinon gare. Tout comme les tessons de bouteilles, les rasoirs qui servaient tant dans les fêtes foraines ou pour larder les capotes et les pneus de bagnoles, les banquettes de bus, les bâches de camions, le dos des capotes de poulets à l’occasion.

On apprenait à se respecter à coups de nerfs de bœufs, de ceinturons garnis de rivets, de chaîne de vélo, de scoubidous géants, de barre de fer (en acier doux pour ne pas faire mal), rarement de matraques ou de gourdins, on était pas des sauvages non plus.

Les armes jamais, ou si peu. Le colt c’était plutôt l’apanage des vrais caïds, qui pour rafler la caisse, dessoudaient régulièrement les petits commerçants, les petits artisans, les employés des bureaux de poste, des banques et les convoyeurs de fonds. Ils étaient gonflés à cette époque les gangsters, c’était tous les jours. Même la Veuve ne leur faisait pas peur.

Au passage, c’est une belle connerie de l’avoir supprimée celle-là. Parce qu’on a beau dire, de temps en temps, on voit bien qu’elle en raccourcissait un qui le méritait. Ce n’est pas une preuve non plus ça, que la fermeté c’est payant ?

Et heureusement que la fermeté régnait, car c’était l’époque florissante des gangs, de la cambriole, des bandes de quartiers qui dévalaient les rues, plein pot d’échappement libre, avant d’aller s’esbigner avec une bande rivale. Mais pas méchamment malgré tout, juste histoire d’aller se foutre la « gueule en sang » pour se défouler et devenir des hommes. Fallait bien que jeunesse se passe, comme il se disait.

Les mômes n’envahissaient pas les cages d’escaliers, enfin pas trop, jamais plus d’une vingtaine à la fois. Ils crachaient bien déjà un peu partout pour jouer au grand, mais ils restaient polis. En tout cas jamais ils n’auraient lâché un insultant « Nique ta mère ». Tout juste un « Vas t’faire enculer chez les Grecs », et encore, assorti d’un bras d’honneur respectueux.

Ils déconnaient bien un peu en explosant les boites aux lettres, les gouttières en zinc, en tailladant les portes avec leurs canifs, ou en dégommant les carlingues à coups de lance-gaules à boulons, mais il n’y avait pas d’effrontés qui te regardaient de haut comme maintenant. Et surtout ils ne brûlaient jamais de bagnoles. Des Solex ou des Mob, oui. Mais jamais plus. Les bagnoles, ils les retournaient juste pour rigoler sur des paris. Ah là là, le coup de la 2 CV les roues en l’air, on a beau dire mais c’était poilant. Les autres marques de bagnoles, moins, malgré leur poids elles se retournaient toutes seules. Mais pas croire, ça ne se faisait que le Week-End ce genre de truc, la semaine on respectait le sommeil de l’ouvrier.

Faut dire que l’on était élevé dès le plus jeune âge au respect à coups de « martinet » et que ceux qui dépassaient les clous, se retrouvaient vite fait en « Maison de correction » d’où ils sortaient classés et marqués à vie, gibier de potence. Et ne pas dire que la justice se trompait en les y glissant, puisque tôt ou tard ils finissaient quasi tous taulards ou clodos. Encore une preuve que la tolérance zéro et la fermeté ça marche pour trier la racaille.

Il faut savoir aussi que le turbin ne manquait pas, tout le monde « bossait plus pour gagner plus », 10 heures par jour et le samedi, pour avoir des entreprises prospères et compétitives. Mais que c’était dur d’être patron à l’époque face à la concurrence. Alors on n’était pas souvent cher payé, et même jamais payés chèrement, mais au moins on ne restait pas longtemps au chômage (sauf les vieux et les bancales évidemment). Car lorsque l’on n’était pas content pour une raison ou une autre, on remerciait gentiment le patron (ça c’était pour ne pas être fiché et interdit de boulot) et hop, on « prenait la porte » et puis c’était marre. De toute façon on retrouvait, toujours le même boulot, toujours les mêmes conditions de travail, toujours le même salaire. Alors aucune raison de s’emmerder.

Ah ça, c’était la dure loi de l’offre et de la demande quand elle était défavorable aux tauliers. Ils pouvaient absolument tout se permettre, mais nous en compensation on était les rois, on était libre de se barrer quand on voulait. C’est ça la liberté quand l’ordre social règne.

Les jeunes, eux, pouvaient bosser à partir de 14 ans, souvent avant. Apprenti on appelait ça. Deux années « grouillot », la troisième ils passaient « arpette », le tout assorti de cours du soir tous les jours après le boulot et le samedi matin. Ça leur laissait pas beaucoup de temps pour déconner et au moins avec la paie, ils pouvaient s’acheter leurs cigarettes. C’était mieux que rien. Pour le reste, les parents, les « combines » ou la « chasse aux pédés », assuraient les extras.

La place des quartiers populaires

Des petites combines toutes simples qui ne faisaient de mal à personne. Des trucs de mioches quoi. Par exemple quand on avait reçu une pêche dans la gueule, ce qui arrivait souvent faut bien le reconnaître, aussitôt on allait piquer le spade d’un vieux et on lui rapportait après, en lui disant que c’était le voleur qui nous avait fait ça parce qu’on l’avait rattrapé. C’était crédible, tout le monde se faisait piquer son vélo ou son Solex en ce temps-là. Pouvait pas y avoir un troquet avec un flic dedans, à chaque coin de rue non plus. Et hop… une tune ou un bifton de 500 balles (5 F). Ça évitait d’avoir à faucher dans le morlingue du vieux.

Dans les quartiers populaires, ils étaient tous populaires d’ailleurs, on ne pleurnichait jamais sur la misère ou la fracture sociale pour excuser la violence. Tous étaient dans la misère, au moins de ce côté-là il n’y avait pas de jaloux. La castagne c’était entre nous, sans aller déranger le bourgeois. On avait des principes civiques, on respectait ces « gens-là qui nous donnaient du travail et nous permettaient de manger », nous.

Et puis donc ne pas oublier qu’il y avait un flic à chaque carrefour. Surtout dans les bistrots de chaque carrefour d’ailleurs. Pas moyen de faire 200 m sans tomber sur un perdreau ou une hirondelle, qui te surveillait du comptoir. Et ça ne rigolait pas, même bourrés ils avaient l’œil. D’ailleurs ils n’avaient l’œil que quand ils étaient bourrés, sinon ils ne regardaient que le comptoir tant qu’ils n’étaient pas pleins. Les patrons de bar connaissaient le topo. Alors ils les torchaient vite et bien pour qu’ils fassent leur boulot de « gardiens de la paix » à ramasser les mecs bourrés qui venaient régulièrement tout broyer dans les bars de quartiers. Le laxisme c’était un mot que ne connaissaient vraiment pas les flics à ce temps-là.

C’est pour ça que les quartiers et les rues étaient calmes et qu’on se sentait en sécurité. Simple mais efficace le coup du flic partout et à tous les coins de rues, non ? Dommage qu’il n’y en avait jamais assez.

La presse n’amusait pas la galerie en faisant ses choux gras des privilégiés qui détournaient le pognon public. Du reste ça n’intéressait personne. Ce genre de truc a toujours existé, tout le monde le savait. Mais c’est en lisant les journaux que l’on se rendait compte de l’efficacité indiscutable de l’ordre. Parce que les pages étaient toujours pleines à craquer d’arrestations d’auteurs de hold-up, de crimes, de cambriolages, de rixes sanglantes, de bastons conjugales, etc, etc. Sans oublier les feuilletons quotidiens sur les « futurs raccourcis » qui se débattaient frénétiquement avec les tifs en bataille (les flics n’arrêtaient pas de les recoiffer pour qu’ils soient présentables d’ailleurs, d’où l’expression bien connue des truands « se faire coiffer »), pour éviter de se faire repasser sur la planche à bascule.

Une presse au pas

Et encore côté faits divers, les journaux, les radios ne disaient pas tout. Fallait pas non plus donner de mauvaises idées. C’est ça aussi le civisme.

Ça n’arrêtait jamais, là au moins c’était palpitant de lire un journal et il n’y avait pas besoin de statistiques foireuses pour prouver que les flics faisaient leur boulot. Suffisait de lire chaque matin. C’est vrai que des fois ça faisait un peu peur de lire tout ça. Mais dans les quartiers populaires de toute façon on ne risquait rien, on n’avait rien, donc on était peinards. Si ! De prendre un ramponneau, mais ça on était habitué, on n’était pas des mauviettes à ce temps-là, on réglait ça nous même. Une manchette, un coup de genou dans les couilles et on en parlait plus. Pas de quoi faire la Une du Figaro.

Par contre tout ce qui touchait la femme était respecté. Jamais on aurait osé étaler dans les journaux les viols ou la pédophilie, pour mettre sur la place publique ces « victimes filles ou enfants perdus pour la société ». Ou alors seulement si c’était des femmes qui étaient clamsées à cause des « aiguilles à tricoter » pour se le « faire sauter ». Mais là c’était de la simple morale de charité chrétienne, à titre préventif pour informer les éventuelles brebis égarées, qui refusaient de servir de tiroir à miards, que c’était dangereux de ne pas vouloir repeupler la France.

Encore une preuve que l’ordre peut être efficace sans être inhumain, et que « quand on veut, on peut réduire l’insécurité par la fermeté ».

En politique, jamais d’histoire. Le SAC faisait le ménage en douceur mais fermement, pas de pub, d’atermoiements de droits de l’hommistes ou de conneries comme ça, personne n’en rêvait et tout se passait bien. On ne démoralisait pas le peuple avec toutes ces conneries qui décrédibilisent la politique comme maintenant. Des ministres mouraient bizarrement ? Oui et alors ? Et pour cause, certains ne savaient même pas nager, ou ne digéraient pas les bastos, alors des bras cassés comme ça n’avaient rien à foutre en politique. Heureusement les barbouzes maquillaient ça en suicide et l’honneur était sauf pour tout le monde. Important l’honneur, sans cela il n’y a plus de repères pour les petites gens honnêtes.

Plus d’honneur, plus de repères, plus d’ordre. Comme quoi faut toujours être intraitable avec le laxisme.

Hélas depuis, on voit bien que ce sont les syndicats, la gauche, mai 1968, 1981, leurs slogans populistes décadents et égalitaristes mollassons qui ont tout foutu en l’air.

Vivement que demain redevienne comme hier. L’ordre avec les conservateurs, ça a quand même du bon.

Crédit photo : maloupictures.com

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