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Macron sur BFM TV : beaucoup de bavardages et peu de concret

Macron sur BFM TV : beaucoup de bavardages et peu de concret

S’ils attendaient des mesures concrètes, les 3,8 millions de téléspectateur qui ont regardé l’interview du président Macron par Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin, ont dû être déçus. Au menu, deux vraies annonces : l’Etat reprendra la dette de la SNCF et le président est favorable à une deuxième « journée de solidarité ».

En 2h39 les téléspectateurs de BFM TV ont assisté à un spectacle riche et inédit. Tout au long de l’entretien, nous avons pu voir un président malmené comme jamais dans l’histoire de la Ve République. Optimisation fiscale, islam, cheminots, mouvements sociaux, frappes en Syrie : les occasions de s’écharper avec les deux intervieweurs, plus incisifs que Jean-Pierre Pernaut quelques jours auparavant, ont été nombreuses. Pourtant, malgré la longueur et la densité de l’entretien, Emmanuel Macron n’a fait que deux annonces concrètes, l’une concernant la SNCF et l’autre la sécurité sociale.

La dette de la SNCF

Alors que les cheminots ont déjà mené 6 jours de grève depuis le 3 avril, afin de sauver leur statut, il était évident que le chef de l’Etat était attendu sur le sujet. Ainsi quand Bourdin lui demande si l’Etat reprendra la dette de la SNCF, il répond : « Oui, à partir du 1er janvier 2020, l’Etat reprendra progressivement la dette, totalement. » Jeudi sur TF1, il avait expliqué qu’elle ne serait reprise qu’en partie.

Les modalités de cette reprise ne sont pas connues. D’ici 2020, cette dette, causée pour les deux tiers par la construction des lignes à grande vitesse voulue par l’Etat, pourrait franchir les 50 milliards. Le président a aussi tenu à ajouter : « Aujourd’hui, nous sommes face à une SNCF environ 30% moins performante que ses grands voisins. L’Etat n’a pas sous-investi, il a parfois mal investi, c’est-à-dire dans des grandes infrastructures, et pas dans les infrastructures du quotidien. On n’a pas suffisamment renouvelé les petites lignes. Notre réforme, c’est avoir à l’issue de celle-ci une SNCF plus forte, qui permette de rénover notre système de rail et d’apporter un meilleur service. » Pourtant selon le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG), peu connu pour son bolchevisme, la France dispose d’un des meilleurs systèmes ferroviaires d’Europe, derrière la Suisse et la Suède. Macron a aussi affirmé « solennellement » : « Je ne veux pas privatiser la SNCF. » L’ouverture à la concurrence aura pourtant bien lieu, tout comme la destruction du statut de cheminot. Le président de la République espère ainsi calmer le mouvement social.

Nouvelle « journée de solidarité »

« Il n’y aura pas de création d’un nouvel impôt local, ni d’un impôt national, il n’y aura pas d’augmentation de la pression » a rassuré Emmanuel Macron. Il a néanmoins confirmé qu’une nouvelle « journée de solidarité », c’est à dire la suppression d’un second jour férié pour financer la dépendance des personnes âgées, était envisagé. « C’est une piste […] Est-ce que ça a bien marché la dernière fois ? Je ne suis pas contre, je pense que c’est une piste intéressante, il faut le regarder […] Ça peut être une option ». Quelques jours auparavant, Agnès Buzyn, ministre de la Santé, avait déjà expliqué sur RMC : « Jean-Pierre Raffarin avait inventé la journée de solidarité active, le lundi de Pentecôte […]. On pourrait imaginer avoir deux lundis de Pentecôte travaillés. » Introduite en 2004 par l’ancien Premier ministre, la journée de solidarité a transformé le lundi de Pentecôte en jour non chômé, mais toujours férié. L’objectif étant de financer les retraites. Les travailleurs travaillent alors gratuitement.  L’argent est reversé à une caisse de solidarité spéciale. Cependant, la mise en place de cette journée a été compliquée dans de nombreuses entreprises et plusieurs arrangements ont été mis en place. Elle rapporte aujourd’hui environ 2 milliards par an, une seconde journée devrait rapporter moins. Avec cette annonce, le gouvernement serait cohérent avec sa philosophie depuis presque un an : travailler plus, sans gagner plus. Pas certains que les premiers concernés apprécient.

Crédits : Nicolas BLEUSE/ Creative commons

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