Macron, Neymar : Carton Rouge

Macron, Neymar : Carton Rouge

« Le foot, comme la politique, c’est d’abord de la com’. Et tous ceux qui gravitent autour et en tirent bénéfices ont pour ennemis communs les journalistes. Macron, Neymar : même enfumage ». De l’Elysée au Parc des Princes, Denis Robert tente le grand pont.


 

Je souffre d’un mal étrange que j’ai quelque peine à avouer.

Voilà de quoi il s’agit : lorsque j’entends une information sur Neymar, le footballeur du PSG, je fais immédiatement un parallèle avec Emmanuel Macron. C’est une vraie maladie, à la limite de la psychiatrie. Mon cerveau est parasité par des images subliminales, des visions étranges, des rapprochements bizarres. Parfois des impossibilités majeures.

Mais pourtant, ça me travaille : dès que je vois Emmanuel Macron à la télévision, je pense à Neymar da Silva Santos Júnior. Et réciproquement.

Tout a commencé au début de l’été, quand Neymar était encore convalescent au Brésil et Macron souffreteux à l’Elysée. Depuis, ça n’a fait qu’empirer. J’ai essayé d’en sortir, de regarder des matchs de basket, de faire des pauses, de ne pas lire LÉquipe, de ne plus regarder BFM, de zapper Bormes-les-Mimosas. Mais boum, c’est revenu.

Ce matin, par exemple : je vois une photo de Neymar, bronzé, avec une nouvelle coupe de cheveux. Il est passé du blond au brun. Et je me dis « tiens, comme Macron ». Bien sûr, Macron ne s’est pas teint les cheveux. Mais il les a coupés et il est très bronzé.

Et lui aussi mange des pizzas. Comme Neymar. Surtout pas des pizzas bling bling au caviar ou des côtes de bœuf à la feuille d’or comme Ribéry : non, le nouveau Macron part avec ses amis – une quinzaine – manger simplement, en bras de chemise, une pizza et une glace dans un estaminet ordinaire de Bormes-les-Mimosas. C’est ça, l’acte 2 du quinquennat : Macron veut remettre l’humain au cœur de sa politique.

Christophe Barbier et son écharpe rouge ne sont d’ailleurs pas privés de relever la singularité du moment : « c’est aussi un signe : ce n’est plus le président des riches. C’est le président de ceux qui ont 27 euros pour la soirée au restaurant sur la côte ».

L’humain au cœur, donc. Comme Neymar, qui en marre d’être maltraité par ses patrons qataris et souffre de la comparaison avec Killian Mbappé qui claque, lui, but sur but. Sans broncher.

Pour ceux qui ne connaissent rien au foot ou qui détestent ce sport de capitalistes, opium d’un peuple anesthésié, il faut que j’explique ici la situation de Neymar et le feuilleton qui se joue en ce moment.

Le gars a 27 ans. Capitaine de l’équipe du Brésil, il est arrivé triomphalement en France à l’été 2017. Un peu comme le jeune Macron d’ailleurs, qui, à 42 ans, est certes plus âgé, mais était lui aussi triomphant lors de l’été 2017. Il n’y avait pas encore ces emmerdeurs de Gilets Jaunes.

Jaune, comme le maillot de Neymar et du Brésil… Vous voyez ?! Ça me reprend ! Mon cerveau part en sucette et fait des associations :

Macron. Gilet Jaune. Brésil. Neymar. Bolsonaro…

Bolsonaro, oui : Neymar, même s’il ne se mouille pas trop, a souhaité bonne chance à ce président qui veux casser les homos et abattre les arbres des forêts amazoniennes.

C’était après un match à Marseille, en octobre dernier, juste après l’élection de Bolsonaro : « J’espère que Dieu utilisera notre président pour aider notre pays », a lancé Neymar. Un peu plus tard, invité en Israël par Netanyahou et ce même Bolsonaro, le footballeur s’est fait une joie de répondre positivement à leur invitation.

Un fin politique, ce Neymar. Il sait où va le vent. Comme… Bref, passons.

Neymar a donc été acheté par le PSG, qui appartient aux Qataris. Le plus gros transfert jamais réalisé pour un joueur professionnel. 222 millions d’euros payés par le club de la capitale aux blaugranas, qui disposent déjà d’une attaque fournie avec l’argentin Messi et l’uruguayen Suarez.

Neymar touche à Paris un salaire annuel de 36,8 millions d’euros. Soit plus de 3 millions par mois. 100 000 euros par jour. C’est un peu moins que les copains de Macron, comme Bernard Arnault, qui touche près de 36 millions par jour. Mais c’est quand même une somme !

Neymar était bien au Barça. Mais il voulait changer d’air, devenir ballon d’or à la place de Messi ou de Ronaldo. Macron, lui aussi, était bien chez Rothschild, à l’Elysée puis à Bercy avec ses copains François Hollande et Manuel Valls.

Mais lui aussi a voulu changer d’air. Maintenant, il nous pompe le nôtre – je sais, c’est facile.

Neymar a surtout voulu empocher beaucoup d’argent pour lui et son entourage : le prodige est drivé par son père, Neymar Senior et par un requin d’agent : Pini Zahavi. Pini – c’est le diminutif de Pinhas – est israélien, copain de Netanyahou, mais il vit à Londres.

C’est lui qui fait depuis vingt ans tous les plus gros transferts de la planète foot, mais il n’a même pas de carte d’agent. Il est intermédiaire. Il travaille dans l’ombre, monte des coups, ouvre des sociétés off-shore un peu partout, touche d’énormes commissions.

Mais Pini, bien que clandestin, a une morale.

« Personne au monde ne peut dire que je l’ai baisé. Personne. Et ça après plus de 30 ans d’activité ». Il le dit quand il se présente. Il confie aussi volontiers que sa mère rêvait qu’il soit premier ministre, alors que lui voulait « simplement faire quelque chose dans le football », comme il l’a expliqué à Romain Molina dans l’ouvrage La Mano Negra, un excellent livre admirablement préfacé (par l’auteur de cet article…) et qui décrypte les forces obscures qui contrôlent le football mondial.

C’est Romain qui a levé le voile sur Pini. Comme quoi, en ce bas monde, les journalistes ont encore une utilité.

D’ailleurs, Neymar n’aime pas les journalistes. Macron non plus. Ils rêvent tous deux d’un monde sans journalistes, ou les voudraient moins regardants, abandonnant leurs questions embarrassantes pour de la com’.

En parlant de journalisme, je vous invite à lire un formidable papier de Justine Brabant, publié dans les colonnes d’Arrêt sur images.

Elle y révèle les coulisses du groupe Reworld, qui possède une quinzaine de titres en France dont Grazia, Télé Star, Science et Vie, Closer, Biba… Deux champions français de la start-up nation si chère à Emmanuel Macron et à son ami Xavier Niel ont racheté un à un ces journaux et comptent en racheter d’autres. Ils gagnent « un pognon de dingue » en rationalisant les coûts. En faisant travailler des robots scribes et des grattes papiers à Madagascar, où ceux-ci touchent 30 à 40 ariary par mot. Un ariary, c’est 0,0073 centime d’euro. Les gars gagnent donc entre 11 et 15 euros par jour pour 1500 mots.

Ce n’est pas une blague. Reworld fait également bosser à outrance des stagiaires payés entre 500 et 700 euros. Le salaire de base pour un journaliste y est de 1800 euros par mois. C’est la tendance du moment. Sinon, Reworld sous-traite : « À la fin du mois, ils signent un chèque à un prestataire extérieur et ne s’emmerdent pas avec des salariés à qui il faut payer les tickets resto et tout le reste », explique un ancien salarié.

Leur première mesure, chaque fois, qu’ils ont acheté un titre : virer les journalistes encartés avec un chèque pour embaucher des media workers. « On était entassés, avec un mètre carré de bureau chacun. On avait amené quelques ramettes de papier dans le déménagement ; on les a à peine posées que les autres rédactions nous les avaient déjà piquées, tellement ils n’avaient rien. Quand j’ai demandé des trombones, on m’a dit de les acheter moi-même et de me faire faire une note de frais », détaille un salarié de Reworld.

Tout le papier de 3300 mots est du même acabit. Justine Brabant a même déniché une perle dans le CV du rédacteur en chef du journal Marie France, propriété de Reworld : « Je manage une équipe d’une vingtaine de collaborateurs, avec suivi de la qualité éditoriale et de la rentabilité globale. Côté new business, je développe des stratégies éditoriales pour de prestigieux clients marques et médias : dispositif multicanal, fil rouge et opérations spéciales, approche paid-owned-earned ».

Je sais, j’ai lâché Neymar et Macron. Mais c’est ma tribune, et j’en fais ce que je veux. Et puis je ne me suis pas tant éloigné que ça de mon propos.

Le foot, comme la politique, c’est d’abord de la com’. Les salariés de ces deux mondes, tous ceux qui gravitent autour et en tirent subsides et bénéfices ont pour ennemis communs les journalistes. Ceux qui grattent, posent des questions, prennent un peu de temps pour mettre en cause ce que les communicants essaient de nous vendre d’une manière forcenée.

Macron, Neymar : même enfumage.

Bien sûr, Neymar sait tricoter avec un ballon. Mais c’est bien Pini, son agent, qui a monté son image comme on monte une mayonnaise. C’est lui qui a imaginé tout le business en coulisses, tout ce qui pervertit le football et en fait le dernier endroit où on trade, où on deale, où on empoche un max de thunes.

C’est le capitalisme financier, clandestin. Le football est son laboratoire ultime. Et Neymar, à mes yeux, une de ses figures de proue.

Tout allait à peu près bien jusqu’à l’année dernière et le match de Champions League contre Manchester United. Le PSG s’était baladé au match aller, 2-0. Mais Man U a gagné au retour 3-1. Cette gifle est arrivée un an après la défaite contre Barcelone. Là, les Parisiens avaient gagné 4-0 à l’aller et se sont pris six buts au retour dont un de Neymar. C’est ce jour-là que les Qataris ont voulu l’acheter.

Neymar l’a confié : cette remontada du Barça est le meilleur souvenir de sa vie de footballeur. Les supporters du PSG n’ont pas vraiment apprécié et le lui ont immédiatement fait savoir.

Neymar, casse-toi. Un peu comme les gilets jaunes avec Macron.

Neymar. Remontada. BFM. Paris Match. La remontada du Président Macron.

On y a eu droit tout cet été, grâce aux éditocrates de service : « Macron remonte dans les sondages ». « 4 français sur 10 approuvent maintenant sa politique ». « Les Français en ont marre de la chienlit ». « C’est la première fois depuis les gilets jaunes que le président enchaîne plusieurs séquences positives ». « C’est pas gagné mais presque »…

Je vous invite à lire à ce propos un très éloquent papier de Samuel Gontier dans Télérama.

Neymar est un habile dribbleur. Neymar est l’un des meilleurs footballeurs du monde. Mais, en dehors du terrain, Neymar triche et ment. Et ça commence à se savoir. Chez les supporters, mais aussi ailleurs.

En football, comme en politique, tout est une question d’image. Et là, on peut dire que Neymar a à peu près tout foiré. En deux ans, sa côte a chuté. Son côté bling bling, ses virées en boite de nuit, son anniversaire couvert et cousu d’or, les accusations de viol portées contre lui. Ses selfies de demeuré. Ses tentatives de rattrapage avec sa fondation. Et dès qu’il l’ouvre, il dit une connerie. On sent vraiment que le QI n’est pas à la hauteur de sa dextérité au ballon. Donc Neymar a compris la leçon, il la ferme. Parfois, n’en pouvant plus, il file une tarte à un supporter.

Là, depuis son retour en France le 15 juillet dernier, il s’entraîne seul et le fait savoir. Il n’est plus dans l’équipe : son équipe et son entraîneur font la gueule.

C’est une partie de poker menteur entre les plus gros clubs de la planète. Les Anglais ont bouclé leur mercato. Ils sont donc exclus. Reste les Italiens ou les Espagnols. En gros, la Juve, le Real ou le Barça.

Qui va lâcher les millions ?

Ce feuilleton tente de tenir en haleine les millions d’amateurs de football qui en ont un peu marre. Je me fais ici leur porte-parole. Neymar et son entourage n’en ont rien à faire du football ou du club où ils jouent. Ce qu’ils veulent, c’est du flouze, de l’oseille, de l’artiche.

Et pour ça, ils sont prêts à tout.

Ben ouais. Un peu comme Macron, non ?

Avez-vous bien suivi les trucages et les montages en coulisses cet été ? Toute cette communication faisandée pour faire oublier les gilets jaunes, la vente d’ADP, les retraites qu’on va rogner et les dividendes que les actionnaires vont toucher.

 

46 milliards au second trimestre, avec comme principaux bénéficiaires Total, BNP Paribas, Sanofi. Tous ces dribbleurs qui pratiquent l’optimisation fiscale et touchent le CICE. Dans notre dos. Grâce à Emmanuel Macron et à sa majorité, qui ont avalisé la flat tax.

Avez-vous suivi les airs empruntés des macronistes dès qu’il s’agit d’aborder la question chinoise et les émeutes à Hong Kong ? Cette pétition, notamment, signée par une vingtaine de députés de la majorité un peu moins couards que leurs collègues mais très emmerdés quand même lorsqu’il s’agit de critiquer les Chinois. « Le silence de la classe politique française est assez assourdissant quand des événements majeurs pour l’équilibre du monde se déroulent et doivent nous interpeller », écrivent-ils, avant de glisser, un peu gênés : « En France, également, le mouvement des gilets jaunes nous oblige à plus d’écoute, plus de débat, plus de démocratie. Personne n’est expert en ce domaine, et l’expérience hongkongaise peut également nous permettre de progresser ».

 

Pas mal comme langue de bois. On se croirait au PSG, lorsqu’on demande à Tuchel ou Mbappé ce qu’ils pensent de Neymar.

Avez-vous vu la géniale séquence de la visite de  Vladimir Poutine à Brégançon ? Ce moment où le Président russe – j’allais dire le dictateur moscovite – donne une leçon de démocratie à notre bien-aimé président sur le mode « Oui, d’accord, on a un peu secoué nos manifestants mais nous on ne les a ni tués, ni éborgnés… ».

Ce passage ne sera pas traduit par les télévisions françaises…

Et la pauvreté, comme le chômage, grimpent. Car oui, ils grimpent, contrairement à tout ce qui a été vendu et asséné par les médias grand public depuis le 15 août. Malgré la flexibilité.

L’apparente baisse du chômage de 0,2% est en fait due au recul de l’activité : la part de ceux qui n’ont pas d’emploi et qui n’en cherchent plus a augmenté ce trimestre. Ce qui – Alternatives Éco le révèle – interrompt une tendance à la baisse qui était continue depuis 10 ans malgré la crise.

 

Ça, aucune chaîne d’infos, aucun journal de 20h ne l’a annoncé, préférant le credo de cette baisse illusoire.

Les chiffres du chômage sont tellement mauvais que Murielle Pénicaud a pris comme première décision de supprimer leur publication mensuelle pour passer à une publication trimestrielle. Et si tous les journaux pro-Macron ont titré cet été sur une embellie, c’est d’abord parce qu’il y a eu des radiations en nombre à Pôle Emploi et des inscriptions en nombre pour des stages de formation.

Les inégalités dans notre pays et le taux de pauvreté n’ont jamais été aussi élevés depuis vingt ans.

Ce n’est pas moi qui l’invente. C’est la Croix qui l’écrit sur la base de chiffres récents de l’Insee.

Bon, vous allez dire que je noircis tout, que je ne suis pas drôle. Qu’au moins, avec Neymar, on peut rêver.

Je suis prêt à concéder – je sais que je vais faire frémir les antifooteux- que Neymar, balle au pied, peut nous apporter un peu de joie quand il joue libéré…

Mais pas Macron. Là s’arrête sans doute le parallèle.

Je suis enfin guéri.

Ouf.

Si je bossais à Reworld Madagascar, je toucherai pour les 2560 mots de cet édito 17 euros et 60 centimes.

Là, je vous le fais gratos. Elle est pas belle la vie ?

 

 

Le Média, ses enquêtes, ses révélations, son collectif de journalistes engagé pour une autre information, libérée des pouvoirs financiers et des intérêts privés, n’existent que par votre soutien.

Soutenez-nous, devenez socios, faites des dons, aidez-nous à prouver qu’un autre journalisme est possible, qui donne voix à celles et ceux que les puissants voudraient muets.

Pour nous aider, cliquez sur le lien suivant :

Le Média, une information au service du bien commun

 

 

 

 

2 Comments

  1. Ainuage

    Je ne vais pas ici trop entrer dans le contenu de cet édito, sinon pour dire qu’il se tient. Il se tient mais rien de nouveau sous les nuages : le travail idéologique des dominants économiques passe par les institutions politiques, les institutions d’information et les institutions de distraction, qui se renforcent mutuellement les unes les autres : spectacle/distraction (le foot est un spectacle) et politique ont toujours fait bon ménage.

    Les outils de spectacularisation se sont immensément développés depuis 70 ans. La société du spectacle (voir Guy Debord) n’est pas une nouveauté, elle s’est juste renforcée ces dernières années avec ce développement. Les politiques mettent même en scène leur sexualité presque quotidiennement, sur le mode distrayant et sans retenue aucune (Schiappa). C’est à peine croyable. La marionnétisation des politiques est en marche ! Le mode dérisoire domine.

    Au-delà de ça, je viens ici critiquer justement l’orientation « spectacle » du Média. Si les choix éditoriaux sur le fond se défendent, la présentation des thèmes, depuis quelque temps, font apparaitre la gueule de Macron, de Neymar (ici), ou de tout autre acteur de la majorité et de la finance, en train de rigoler dans le coin de l’image. Très mauvaise option pour moi, très très énervante ! car ça présente les problèmes actuels sur le mode du marrant, du dérisoire : en gros, « rien de grave brave gens, la vie est drôle; une bonne partie de rigolade et ça ira mieux ». Quelle tristesse !

    Le but rechercher est sans doute de montrer le cynisme des politiciens de la majorité qui rigolent de nos malheurs : mauvais prétexte selon mois, pour faire passer intentionnellement les drames de la vie du peuple sous une apparence de comédie sans grande importance.

    Denis Robert a placé dans ses objectifs de faire entrer la rigolade et la distraction dans la ligne éditoriale du Média. C’est n’importe quoi, pour faire comme tout le monde et comme Hanouna ! C’est suspect de plus ! Qu’en pensent les membres de la nouvelle coopérative du Média (nouvelle organisation que je désapprouve totalement; ne me sentant, de plus, nullement représenté par les socios soi-disant choisis démocratiquement. Mafieusement plutôt !) (discours vide et obéissant lors de leur prestation de présentation).

    Réponse Signaler un abus

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Signez la pétition !

Devenez Socio

Derniers Tweets

Pin It on Pinterest

Share This

Partagez cet article

Avec vos amis !