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François de Rugy ou la girouette de l’écologie

François de Rugy ou la girouette de l’écologie

Les convictions de François de Rugy sont à l’image de son itinéraire : fluctuantes. L’environnement, pour lui, ce sont bien plutôt les ors de la République dans lesquels il se complaît que la biodiversité, l’air ou l’eau.

Faut-il que la Macronie soit singulièrement dépeuplée pour qu’Emmanuel Macron se résolve à faire appel à François de Rugy pour succéder à Nicolas Hulot. C’est le dernier carré, quinze mois à peine après l’élection présidentielle. Même Pascal Canfin, qui fut ministre sous Hollande et qui est aujourd’hui à la tête du WWF a décliné l’offre. Sans parler du tour de piste de Daniel Cohn-Bendit, cet incontrôlable hâbleur libéral-libertaire. Mais là, c’était la complaisance coupable du rouquin le plus célèbre de France pour les jeux sexuels entre adultes et enfants (racontés entre autres dans son propre livre Le Grand Bazar paru en 1975) qui risquaient de revenir sur le devant de la scène. Pas besoin de cela en ce moment, même si le scandale est ancien.

Aux antipodes de Hulot

Bref, l’heure est aux fonds de tiroir. Avec François de Rugy, on ne pouvait trouver personnage qui soit davantage aux antipodes de l’ancien présentateur télé. Autant ce dernier était angoissé, torturé, éruptif, autant le nouvel arrivant est un animal politique rompu à la survie en milieu hostile. Autant le premier demeure une icône, autant le second a le charisme d’un énarque en train de remplir une feuille d’impôt.

Le regretté Edgar Faure, indéboulonnable figure de la IVe puis de la Ve République, se plaisait à répéter que ce ne sont pas girouettes qui tournent mais le vent. Rugy est de ce métal-là. Malléable à souhait.

La nouvelle figure de l’écologie ministérielle a commencé aux côtés d’Antoine Waechter qu’il abandonnera bien vite pour Brice lalonde. C’est la marque de l’homme : savoir changer de cheval à temps. On le retrouve ensuite au conseil municipal de Nantes où il se rapproche de Jean-Marc Ayraut.

Toujours dans le sens du vent

En 2007, avec l’appui du PS, le Rastignac écolo est élu député de Loire-Atlantique sous l’étiquette des verts. Il est réélu en 2012, toujours avec le soutien du PS.

Rugy ferraille alors avec Noël Mamère et Barbara Pompili pour la présidence du groupe parlementaire EELV. En fin de compte, il décroche une coprésidence. Mais c’est surtout lui qu’on verra sur les petits écrans.

À l’époque, deux ministres verts, Pascal Canfin et Cécile Duflot font partie du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Un éventuel strapontin est à portée de la main, voire le remplacement d’une des deux figures en cas de défaillance.

Patatras ! En avril 2014, les deux ministres EELV quittent le gouvernement en dénonçant la politique de rigueur.

Rugy ne goûte guère cette politique de la chaise vide. En août 2015, il quitte EELV et dénonce la dérive gauchiste – selon lui – du mouvement.

Candidat à la primaire socialiste

L’année suivante, rejoint le groupe socialiste avec 5 autres députés, provoquant la dissolution de celui-ci. Retour d’ascenseur, il est désigné vice-président de l’Assemblée nationale.

Sans surprise, on retrouve François de Rugy candidat à la primaire citoyenne de 2017 qui doit désigner le candidat du PS à la présidentielle. Non pas qu’il pense l’emporter. Mais en politicien madré, Rugy sait que son capital de voix, aussi faible soit-il lui ouvrira bien des portes par la suite. Il recueille 3,82 % des voix

Comme tous les candidats, il s’est engagé à soutenir le vainqueur de la primaire (engagement réaffirmé devant près de deux millions de téléspectateurs en janvier 2017).

Et aussitôt rallié à Macron

Mais les promesses n’engagent que ceux qui y croient. En mars 2017, il se prononce en faveur d’Emmanuel Macron. Et tout naturellement, il est réélu député la 1re circonscription de la Loire-Atlantique sous l’étiquette de la République en marche.

Élu président de l’Assemblée nationale, il s’engage à démissionner à mi-mandat avant d’affirmer quelques semaines plus tard qu’il ira au terme de son mandat. Une seconde volte-face en janvier de cette année n’a fait que rajouter à la confusion.

Au perchoir, Rugy se montrera égal à lui-même. Cassant et autoritaire. Surtout envers le groupe France insoumise (François Ruffin écopera d’une retenue de 1 378 euros sur son indemnité parlementaire pour avoir arboré le maillot d’un club de foot de sa circonscription) et tous ceux qui critiquent le gouvernement.

Celui qui a évité l’interdiction du glyphosate dans la loi

Et l’écologie dans tout ça ? À son actif, François de Rugy peut inscrire la non-inscription dans la loi de l’interdiction du glyphosate en 2021. En prolongeant les débats jusqu’à deux heures du matin, il a évité qu’un amendement prévoyant cette inscription dans la loi Alimentation et agriculture ne soit adopté.

C’est cet homme-là qui est censé s’opposer aux lobbies. C’est lui qui est désormais en charge de la mise en œuvre  de transition énergétique. C’est lui encore qui est chargé de préparer la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la feuille de route de la France pour la période 2019-2028. Il lui appartient de dire combien de centrales nucléaires devront fermer et à quelle échéance. Peut-on lui faire confiance ? On le saura très vite…

Légende : François de Rugy à l’Assemblée nationale en 2011

Crédits :  DERUGY111025_013 / FDR – François de Rugy / Flickr

11 Comments

  1. yahiacirta

    Non, mon cher Serge Fauvert, on ne peut pas lui faire confiance. C’est et ça restera un apparatchik ! L’intérêt de la Nation, il s’en tape, ça ne lui rapporte rien !

    Enfin, avec ce sinistre sir, on est certains d’avoir du EPR autant que le voudra le lobby. Pauvre France….

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  2. jcnello

    Bon, on aurait pu avoir pire…Jean-Vincent Placé…!
    non, je plaisante !

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  3. frank

    Lamentable Serge Faubert ! Nous ressortir l’histoire de Cohn-Bendit et les enfants… au secours ! vous vous croyez à Minute ou vous vous prenez pour Bayrou peut-être ?

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    • Maxime

      Frank, tu veux parler de ça ?

      Son livre Le Grand Bazar (1975), dans lequel Cohn-Bendit écrit :

      « Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : “Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses ?” Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même. […] J’avais besoin d’être inconditionnellement accepté par eux. Je voulais que les gosses aient envie de moi, et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi [1]. »

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    • Serge Faubert

      Ce qui est lamentable, c’est que Cohn-Bendit ait pu faire ce qu’il a écrit.

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      • Nina

        Un écrit ne fait pas une réalité pour autant et reprendre cette vieille antienne relève du colportage de rumeur mais certainement pas du journalisme qu’on souhaite voir sur le Média…

    • Maxime

      Il y a tout un contexte d’époque marquée par l’idée de libération sexuelle qui n’arrivait pas à penser ses limites. Mais ce n’est pas une raison pour demander, comme Frank, à ce que ces choses soient tues.

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  4. claude saubole

    Ce qui est rassurant avec De Rugy, c’est qu’il embarque toujours sur des rafiots qui prennent l’eau. C’est une sorte de devin malgré lui.

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