Comment les lobbies s’immiscent à l’Assemblée : l’enquête de StreetPress

Comment les lobbies s’immiscent à l’Assemblée : l’enquête de StreetPress

406 questions posées par des députés l’ont été plusieurs fois. En cause, la politique du copier-coller, tout droit venue des lobbies.

Les lobbies. On en parle souvent sans savoir vraiment qui ils sont et surtout, comment ils agissent. Pourtant, les groupes d’influence pullulent dans tous les domaines. Lobbies pharmaceutique, de la chasse, ou du miel, comment font-ils pour exercer leur pouvoir sur les bancs de l’Assemblée nationale ? C’est la question que s’est posée StreetPress, qui a trouvé un moyen d’évaluer l’influence des lobbies chez les parlementaires grâce à un algorithme.

Grâce à la distance de Levenshtein (aussi appelé distance de similarité) six apprentis journalistes de la StreetSchool, encadrés par Nathalie Gathié, ont réalisé une enquête de datajournalisme sur les questions posées par les députés aux ministres depuis le début de la mandature.

StreetPress révèle que sur 4 579 questions écrites, 406 questions, soit 8,9% d’entre elles, ont été posées plusieurs fois. En cause, le fameux copier-coller que chacun connaît, et dont certains députés abusent.

Explication : un parlementaire reçoit une requête d’un lobbie par mail, il copie-colle la demande et en fait ce que l’on appelle au Palais Bourbon, une QE, une question écrite (un exemple ici).

« Quand vous avez un bon texte, pas besoin de se casser la tête », assume tout bonnement Thierry Besnier, ancien collaborateur parlementaire d’Isabelle Bruneau (PS). D’autres qui connaissent mieux l’art de la langue de bois politique comme Olivier Falorni (PRG) disent reprendre « les revendications ou en tout cas les argumentaires, quand le sujet et l’argumentation paraissent pertinents ».

Heureusement pour palier à cette horde de mails lobbyistes, certains députés, comme François Ruffin, ont trouvé la solution simple et rapide : la corbeille. « Tout mail qui n’est pas adressé à M. François Ruffin (qui serait donc parti en envoi groupé à plusieurs députés), nous n’y répondons pas », explique le député LFI aux journalistes de StreetPress.

Quant à d’autres, ils usent et abusent du contrôle Ctrl + C / Ctrl + V, sans que nous citoyens, n’ayons plus le contrôle de rien.

Pour en savoir plus, Le Média vous recommande vivement l’enquête de StreetPress, à retrouver en (un seul) clic, ici.

Crédits (cc)Richard Ying et Tangui Morlier / Wikimedia Commons

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