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Au Sénat, on enterre déjà Macron

Au Sénat, on enterre déjà Macron

Pour sa rentrée, le président du Sénat Gérard Larcher s’est livré à une exécution en règle de la personne et de la politique du président de la République. Sur fond d’affaire Benalla…

« Je crois que la page de l’hypercommunication, des effets d’annonces et d’un exercice solitaire du pouvoir se tourne. Voici venu le temps de commencer à évaluer les résultats concrets. » Gérard Larcher se délectait en prononçant sa phrase devant le parterre de journalistes venus assister à sa conférence de presse de rentrée. Patelin et cruel, le président du Sénat s’est livré pendant plus d’une heure à un réquisitoire en règle contre le chef de l’État. Sans lui accorder la moindre circonstance atténuante : « Il faut dire qu’il y a un certain cumul : Benalla, Hulot, le budget, le prélèvement à la source… (…) Cette séquence est mauvaise pour l’exécutif. Elle était prévisible. Elle n’est en réalité que la conséquence d’une « illusion ». Le « En même temps  » et les limites de ce concept novateur. »

La fin d’une illusion

Et le sénateur LR des Yvelines d’énumérer les griefs : ne pas « affronter l’obstacle d’une réduction indispensable de la dépense publique et de la pression fiscale », transformer en « psychodrame » le prélèvement à la source, tenir une Conférence nationale des territoires « sans les maires, les départements, les régions », moderniser la Constitution « en portant atteinte aux droits du Parlement et à la représentation des territoires ».

Bref, entre la droite et Emmanuel Macron, le divorce est consommé. Plus que la politique du chef de l’État, c’est désormais sa personne qui est questionnée.

Gérard Larcher n’a pas pris de gants : l’affaire Benalla « a semé le doute sur la République exemplaire qu’on nous avait promis et affecté l’image du président. Elle a été l’expression d’une crise plus grave qui tient au mode de fonctionnement de la Présidence de la République et à la façon personnelle du chef de l’État d’exercer son mandat. »

La commission d’enquête sur Benalla reprend

Rodomontades ? Posture ? On aurait tort de croire que le président du Sénat ne fait que rouler du muscle. Car, dans quelques jours, la Commission d’enquête sur l’affaire Benalla reprendra ses travaux.

Mercredi 12 septembre, François-Xavier Leuch, chef de cabinet du président de la République, sera auditionné ainsi que le général Éric Bio Farina, commandant militaire de la présidence de la République et Maxence Creusat, commissaire de police à la direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris.

Dans les couloirs, le président de la commission d’enquête, Philippe Bas, sénateur LR de la Manche, n’écartait pas la possibilité d’auditionner le garde du corps du président « en prenant garde toutefois à ne pas interférer dans l’enquête judiciaire ».

Justement le protégé du couple Macron doit être entendu par les juges le 28 septembre prochain. Il est mis en examen pour « violences en réunion« , « détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection » et pour « violation du secret professionnel« .

Le grand déballage va donc reprendre. Chacun dans son rôle. La justice s’interrogera – du moins on l’espère – sur ce qu’est devenu le coffre-fort du mis en examen et la drôle de perquisition menée par les services de police à son domicile. Ceux-ci n’étaient pas parvenus à ouvrir la porte…

La commission d’enquête, elle, se penchera sur l’organisation de la sécurité du président et les raisons qui ont conduit à la délivrance d’un port d’arme et d’un passeport diplomatique à Alexandre Benalla.

L’Élysée freine des quatre fers

À ce sujet, Philippe Bas n’a pas caché son agacement devant le manque d’empressement de l’Élysée – mais est-ce une surprise ? – : « Nous avons reçu la majorité des documents que nous avons demandés. Sauf la fiche de poste et le salaire de M. Benalla ! La thèse d’un employé affecté à une simple fonction d’organisation et qui n’aurait jamais participé à la protection du président apparaît peu vraisemblable. »

La saison 2 de l’affaire Benalla promet donc son lot de rebondissements.  Avec, à la clé, un enlisement croissant de l’exécutif de La République en Marche. À quelques mois des élections européennes, ce n’est pas pour déplaire à Gérard Larcher et ses amis LR.

Légende : Gérard Larcher, 6 septembre 2018

Crédits : Capture d’écran / Site du Sénat

 

9 Comments

  1. hopfrog

    Épatante et réjouissante, cette chronique de Serge Faubert (que je suis tout heureux de retrouver ici). Préférant l’info sous une forme écrite plutôt que filmée, je souhaite que ce nouveau site Le Media Presse puisse se développer rapidement car les débuts sont très prometteurs. Bonne chance à l’équipe du Media, continuez votre super boulot et ne lâchez rien !

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  2. laurent weill

    On est soulagé de retrouver Serge Faubert. Un pilier du Média. On espère qu’il transmettra son expérience de journaliste aux jeunes recrues du Média. Sans oublier Léonard Vincent et les autres moins expérimentés mais prometteurs.

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  3. Garnier

    Continuer à nous informer « pour de vrai » Le Média.

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  4. Bernard DADILLON

    MERCI SERGE FAUBERT pour la rédaction de cet article et à bientôt sur le plateau du Média …..Vous et tous les autres, vous nous avez manqué

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  5. Thierry CHANTREL

    Merci pour cet article.
    Je ne doute guère que Larcher veut la « peau de Macron »
    Mais pour en faire quoi? Quand on entend parler les représentants de LR….. J’ai encore dans les oreilles le discours de Fillon au grands du CAC 40 !

    Du reste, on peut noter que Larcher, pendant son point presse, ne dit pas un mot sur le social, pas un mot sur le climat….
    On remarquera surtout cette phrase, que je juge terrifiante. Je cite l’article: « : ne pas « affronter l’obstacle d’une réduction indispensable de la dépense publique et de la pression fiscale » ». Autrement dit, il attaque Macron parce qu’il y a encore trop d’impôt, trop de service public ( au fait, le Sénat n’est il pas un ervice public?) et que les entreprises sont encore trop taxée.

    Marcher se fout totalement, tout comme Macron, du sort du peuple français. Il trouve juste que Macron ne tape pas encore assez, ni assez vite.
    Larcher, c’est Macron en vieux. En pire? Pire que Macron….Ouh là là !

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  6. Thierry CHANTREL

    Aïe ! On ne peut pas éditer son commentaire? Parce qu’il manque un « s » après taxée(s) et que ça me pique les yeux !
    Bon tant pis. Pardon pour cette énorme faute.

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