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Edouard Philippe a laissé une ardoise d’un million d’euros à sa ville du Havre

Edouard Philippe a laissé une ardoise d’un million d’euros à sa ville du Havre

Mediapart a révélé que l’ancien maire du Havre devenu Premier ministre aurait dépensé 20 millions d’euros dans l’organisation des « 500 ans du Havre » l’été 2017, avec une note impayée aux prestataires.

Pour les « 500 ans du Havre » l’an dernier, Edouard Philippe, alors maire de la commune normande, a mis les petits plats dans les grands. Têtes d’affiches, art de rue, art contemporain, concerts, la ville bombardée pendant la seconde guerre mondiale s’était transformée, le temps de l’été 2017, en estuaire culturel. Le maire avait réussi à redorer l’image de sa ville, et la sienne au passage. Mais à quel prix ? Vingt millions d’euros tout de même, dont un million d’euros impayés aux prestataires, comme le relève aujourd’hui une enquête de Michaël Hajdenberg et Antton Rouget dans Mediapart.

Le Havre paye les ambitions du Premier ministre

Si l’actuel résident de Matignon se défend de toute montage financier, affirmant que « l’organisation a été menée strictement dans le cadre des règles de passation de marchés publics », Mediapart qui a examiné les différentes pièces du dossier, estime que certains éléments sont « pour le moins suspects. »

« Dans sa ville, l’ambition d’Edouard Philippe a en effet laissé des traces douloureuses. » Les mots du pure-player d’investigation sont forts. Plusieurs prestataires ayant participé à ce grand événement estival, tandis que le maire de l’époque, élu sous l’étiquette de l’UMP prenait la tête du gouvernement « ni de droite, ni de gauche », n’ont toujours pas été rémunérés. C’est donc à son successeur, Luc Lemonnier, nouveau maire du Havre Les Républicains, de se débrouiller pour payer l’ardoise laissée par son prédécesseur parti à Matignon.

Pourtant, l’idée d’organiser dans sa ville une des plus grandes manifestations culturelles de ces dernières années était bien l’idée d’Edouard Philippe. Quoi de mieux pour faire parler de lui, pour vanter ce maire qui offre la culture à sa ville ? Sauf que, comme le rappelle Mediapart, pour organiser cette grande manifestation d’envergure autant politique que culturelle, financée avec de l’argent public, Le Havre a créé en 2014 un GIP, un groupement d’intérêt public « Le Havre 2017 », présidé par Edouard Philippe lui-même. L’avantage du GIP, c’est la souplesse de ses règles de gestion. Ainsi l’ancien maire du Havre a pu faire appel à des prestataires privés, et a externalisé la « quasi-totalité », révèle Mediapart, de sa production.

C’est Artevia, une entreprise d’ingénierie culturelle, qui se voit confier sa tâche d’organiser l’événement, avec une belle enveloppe de 15,8 millions.

Sauf que, et c’est là que les choses se compliquent, la société est dans l’incapacité de payer les entreprises et est en redressement judiciaire depuis janvier 2018. Les dettes d’Artevia atteignent aujourd’hui 5 millions d’euros, et donc, a fortiori la société se retrouve dans l’incapacité de payer les prestataires organisateurs des 500 ans du Havre.

Mauvaise surprise ? Pas vraiment. La société Artevia n’avait pas atteint le seuil de 5 millions d’euros de chiffre d’affaire annuel les trois années précédentes, seuil recommandé qui permet d’éviter ce genre d’impayé. Alors pourquoi avoir fait appel à cette société, mettant dans une difficulté financière importantes les différents prestataires havrais. Pour le savoir Le Media vous redirige vers l’enquête de Mediapart intitulée « un trou d’un million d’euros au havre rattrape Edouard Philippe. » L’ancien maire du Havre n’a pas souhaité s’exprimer sur la question.

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