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Hommage national au Lt. Col. Beltrame : le regard de la rédaction du Média

Hommage national au Lt. Col. Beltrame : le regard de la rédaction du Média

La cérémonie d’hommage national au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame a lieu ce mercredi matin aux Invalides, à Paris. Qu’avons-nous appris avec son geste ? La rédaction du Média s’est posée cette question en conférence de rédaction et propose, ici, de partager sa réponse.

On le sait bien : les situations de crise, les moments d’ultra-violence peuvent faire naître de grands gestes. On pense aux héros ordinaires de toutes les attaques terroristes. On pense aussi aux pompiers morts en opération, aux policiers, aux secouristes, aux anonymes qui ont le geste qu’il faut, le mot qu’il faut, l’abnégation qu’il faut pour sauver une ou plusieurs vies, ou pour empêcher un esprit de sombrer tout simplement, parfois. On pense aux otages, incroyablement calmes, qui ont dû faire naître en eux-mêmes des ressources folles de courage. Les grandes circonstances révèlent les grands caractères, comme on dit. Mais cette fois, nous voulions prendre un moment pour apprendre quelque chose.

Le destin du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame et la douleur de porter son deuil appartiennent avant tout à sa famille et à ses amis. Mais nous ne pouvons pas éluder ce qu’il a incarné, dans la France d’aujourd’hui, dans notre histoire collective et dans l’époque déchirante et souvent cynique que nous traversons. L’homme, bien sûr, appartient d’abord aux siens, mais ce qui nous appartient désormais à tous, ce qui nous interroge, c’est son geste.

Cet homme a choisi librement de mettre sa vie en jeu pour sortir quelqu’un de l’enfer, pour soulager quelqu’un de l’angoisse de la mort et l’endosser à sa place. Pour apporter aussi la force de sa présence auprès de ceux qui étaient restés à l’intérieur du supermarché, où un assassin médiocre et lâche a, pendant quelques heures, fait régner sa loi. Comment avoir ce courage-là ? Serions-nous capable de faire la même chose ? Et à quoi ça sert de faire des choses pareilles ? Et voilà que ces mêmes questions sont revenues une fois de plus dans nos esprits…

Après réflexion, voici quelles leçons nous, nous avons tiré de cette incroyable histoire. D’abord, que des citoyens sont capables de bondir hors d’eux-mêmes pour préserver autant que possible la vie et la dignité d’inconnus. Que la hargne minable des assassins a trouvé face à elle, dans le peuple et ses fonctionnaires, l’humanité dans ce qu’elle a de plus unique. Que l’humanisme porte donc en lui, au fond, une force capable d’offrir aux citoyennes et aux citoyens une valeur réellement supérieure, qui est le souci et le soin des autres. Que la fraternité n’est pas seulement pour les Français le troisième mot gravé sur le fronton de leurs monuments. Sans doute tous les peuples ont-ils leur grande cause, leur mythe de convocation. Le nôtre, dans la République française, ou du moins ce qu’il devrait être, a été tragiquement incarné par le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame : le soin des autres, jusqu’au bout.

Vous pouvez retrouver ce billet durant notre journal diffusé le 27 mars en cliquant ici

Crédits : Elysée.fr

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