Le nouveau conseiller d’Édouard Philippe est un ancien militant de l’extrême-droite italienne

Le nouveau conseiller d’Édouard Philippe est un ancien militant de l’extrême-droite italienne

Sandro Gozi, 51 ans, conseiller d’Edouard Philippe depuis ce mois d’août, a été membre d’une formation d’extrême droite italienne dans les années 1980 et 1990. C’est ce que révèle, preuves à l’appui, le journal Il Primato Nazionale, proche de la formation néo-fasciste italienne Casa Pound.


 

Dans une photo qui date du 9 Juin 1987, le jeune Sandro Gozi, alors âgé de 19 ans, sourit virilement aux côtés de Giorgio Almirante, président du Movimento Sociale Italiano (MSI), la plus importante formation néo-fasciste italienne de l’après guerre, dont le Fronte della Gioventù était la formation juvénile.

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Sandro Gozi, à droite, entouré d’un cercle bleu. Au centre, Giorgio Almirante, président du MSI. Via Il Primato Nazionale.

 

Une photo qui fragilise Matignon, après les révélations sur le militantisme passé de Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux élections européennes, au sein du Groupe Union Défense (groupuscule français d’extrême-droite).

Giorgio Almirante, fondateur du MSI, a été l’un des plus fervents défenseurs du régime mussolinien dans l’après guerre, et a également officié comme rédacteur en chef du magazine antisémite La difesa della razza (“la défense de la race”), qui a joué un rôle de premier plan dans l’approbation des “lois raciales” de 1938.

Un autre document accablant a été exhumé par Il Primato Nazionale. Il s’agit d’une fiche d’inscription datée de 1990, où l’on aperçoit clairement le nom de Sandro Gozi, à l’époque étudiant âgé de 22 ans, parmi les inscrits à la formation néofasciste. Formation dont sont par ailleurs issus un bon nombre des terroristes d’extrême-droite qui ont ensanglanté l’Italie des années 1970-1980, tel Francesca Mambro, condamné pour le massacre de la gare de Bologne, qui a coûté la vie à 85 personnes en 1980.

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Fiche d’inscription de Sandro Gozi au Fronte della gioventù. Via Il Primato Nazionale

 

Sandro Gozi a confirmé l’exactitude des informations publiées, qui ont été reprises par la presse italienne. Mais il a affirmé à l’agence de presse italienne AdnKronos que ce n’était qu’un erreur de jeunesse. “J’avais 16 ans, mon meilleur ami était le secrétaire local du Fronte della gioventù”, a-t-il déclaré. Pourtant, selon les documents cités, Gozi aurait été un membre actif de la structure jusqu’à ses 22 ans au moins.

Cinq jours après, dans un article du Point paru le 21 août, M. Gozi a avoué que son militantisme au sein de la mouvance néofasciste italienne aurait continué bien au delà de ses 16 ans, mais qu’ “à partir de 1987/1988, cet engagement a diminué”.

La nomination de Sandro Gozi au sein du cabinet d’Edouard Philippe ainsi que sa candidature sur les listes LREM aux dernières élections européennes avaient provoqué un tollé au sein de la galaxie souverainiste italienne, pour laquelle il faisait désormais office de traître.

L’ancien sous-secrétaire d’État aux affaires européennes sous les gouvernements Renzi et Gentiloni (2014-2018) s’était défendu en affirmant qu’il restait “un souverainiste d’Europe” – on comprend peut être mieux, maintenant, le sens de cette formulation sibylline.

 

Photo de Une : Sandro Gozi. Crédits : Comité Européen des Régions / Flickr – CC.

 

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1 Comment

  1. jlvarin

    LE FN N’EST PAS AU POUVOIR ?

    Je pose la question, légitime : le FN serait-il déjà au pouvoir en France, comme en Europe ?

    Le FN, devenu RN, fait son beurre électoral avec la peur des migrants, le refus de les intégrer et même d’accueillir correctement les réfugiés politiques ou climatiques. Et ils ont réussi à convaincre l’Europe toute entière. L’union européenne en général, la France en particulier (Ma France, la honte !) suivent leurs désirs à la lettre. La Méditerranée est devenue une fosse commune de milliers de cadavres. Les militants, marins et médecins de bonne volonté qui veulent les sauver de la noyade, se retrouvent en tôle, subissent les pires tracasseries administratives. On les force à abandonner l’accomplissement de leur devoir d’êtres humains. Et pour l’instant, la France ne fait pas mieux que l’Italie et son dirigeant d’extrême droite.
    Je pose donc la question, légitime : le FN serait-il déjà au pouvoir en France, comme en Europe ?
    Un sociologue et militant associatif algérien, né à Roubaix et résidant en France, Saïd Bouamama, a organisé début juillet un colloque international sur les mécanismes de l’extrémisme violent. Le FN a mené une campagne islamophobe contre sa présence à ce colloque et, c’est consternant, les représentants de l’État se sont couchés. Ils ont boycotté le colloque.
    Sur ce point précis, le FN était au pouvoir en France, début juillet.
    Depuis l’arrivée d’E. Macron à l’Élysée, toute contestation ou manifestation est réprimée avec des moyens interdits jusqu’alors, au point d’éborgner et d’amputer des dizaines de français, qui, dans l’urne ont autant de pouvoir que n’importe quel autre, paraît-il… Les policiers tapent sur leurs concitoyens avec beaucoup de conviction en toute impunité. Ils pouvaient déjà tuer à Sivens avec une grenade, ils peuvent maintenant tuer une vieille dame en train de fermer sa fenêtre, ils peuvent noyer un fêtard dans la Loire après la fête de la musique, personne ne les inquiète, personne ne les empêche, personne ne les sanctionne. La Justice est muette. On les décore, même ! Et c’est le syndicat de policiers Alliance, réputé d’extrême-droite qui leur sert de porte-parole à la télé, même pas leur employeur !
    Le FN est-il donc au pouvoir à la tête de la police ?
    Question subsidiaire : la macronie est-elle l’ennemi, la concurrent ou l’alliée du FN ?
    A vous de trouver la réponse et d’en tirer les conséquences. Un indice donné par Karine Dettinger, la femme du courageux gitan qui a sauvé une vieille dame en boxant des policiers sur un pont de Paris. Dans une belle interview récente sur Le Média.fr, à propos du vote utile, elle dit : « choisir entre la peste et le choléra, non merci ».
    Alors, que faire pour arrêter la dérive et éviter le massacre ? Utiliser la violence ? Pouah ! C’est pas beau la violence, Macron n’est tout de même pas un nazi !
    Certes, mais les black-block n’ont pas non plus pris le maquis avec des fusils et des lances roquettes… Pas encore.
    L’utopie, aujourd’hui, c’est trouver le moyen que cette dérive soit stoppée net. J’ouvre une boîte à idées…

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