Le Ghana signe un accord militaire paradoxal avec les Etats-Unis

Le Ghana signe un accord militaire paradoxal avec les Etats-Unis

Le gouvernement du Ghana a autorisé, vendredi dernier, le déploiement de troupes américaines sur son territoire, quelques mois après que son président a dénoncé les rapports biaisés entre l’Occident et l’Afrique et refusé l’aide du FMI.

Un accès « sans entrave » pour les militaires des Etats-Unis au territoire du Ghana en échange d’une aide financière pour son armée : tel est, selon Radio France Internationale (RFI), l’articulation principale de l’accord passé entre Accra et Washington la semaine dernière.

En vertu d’un texte adopté tard vendredi soir par le parlement ghanéen, les forces armées des Etats-Unis pourront également utiliser librement les infrastructures du pays, pourra utiliser sans contrepartie les fréquences radio et sera exempté de taxes douanières pour l’importation de matériel. Selon le quotidien Ghanain Times, les personnels militaires américains « et leurs contractants » pourront par ailleurs entrer et sortir du territoire ghanéen librement, en vertu d’un accord gouvernemental particulier.

L’adoption de la loi par les députés s’est déroulée dans la confusion, alors que le principal parti d’opposition avait boycotté le vote et appelé ses partisans à manifester devant la chambre des députés pour montrer leur opposition. La presse ghanéenne s’est faite l’écho des opposants à cette décision surprise, qui dénoncent notamment le risque de voir le Ghana devenir une cible pour les groupes terroristes djihadistes, actifs jusqu’au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire.

De surcroît, cette annonce est d’autant plus inattendue que le nouveau président du Ghana, Nana Akufo-Addo, élu l’année dernière, s’était fait remarquer en novembre, lors d’une conférence de presse au côté du président français Emmanuel Macron, au cours de laquelle il avait dénoncé « la mendicité » de quelques pays africains vis-à-vis de l’Occident. Ayant refusé l’aide du Fonds monétaire internationale à partir du mois prochain, il avait aussi appelé ses homologues à recentrer leurs économies sur les ressources de leur propre pays.

En dépit de ces déclarations, le président Akufo-Addo va devoir désormais faire face aux critiques de son opposition, qui s’étonne déjà que le chef de l’Etat ait fait l’impasse sur ses affirmations du mois de novembre pour valider un accord militaire avec la première puissance militaire mondiale, en contrepartie de l’équivalent de vingt millions de dollars d’équipement militaire et de formations pour ses soldats, mais aussi de manœuvres militaires conjointes.

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