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Japon : un étranger devient doyen de faculté pour la première fois

Japon : un étranger devient doyen de faculté pour la première fois

Pour la première fois, un étranger a été nommé doyen de l’Université de Kyoto Seika. C’est un événement dans un pays historiquement fermé à l’immigration.

Il s’appelle Oussouby Sacko et vient d’être nommé doyen de l’Université de Kyoto Seika. Une information historique dans un pays traditionnellement fermé et peu enclin à accepter l’immigration. Rappelons que l’archipel est uniquement régi par le droit du sol et que la double-nationalité n’existe pas au Japon.

Le pays reste fortement imprégné par plusieurs siècles de fermeture de ses frontières. Entre le XVIIème et le XIXème siècle, jusqu’à la Révolution Meiji survenue en 1868 et plus ou moins imposée par les Américains via le bombardement de Tokyo (appelée Edo à l’époque), le pays a vécu en totale autarcie. Malgré cet épisode d’ouverture (contrainte et forcée) des frontières, notamment commerciales, le XXème siècle a été une période de l’Histoire du Japon fortement marquée par l’impérialisme, le nationalisme, ainsi qu’un protectionnisme économique fort. C’est pour cette raison que l’immigration ne fait pas forcément partie des mœurs japonais.

La politique migratoire ferme

En effet, depuis l’après-guerre et la fin des colonies, notamment en Mandchourie et en Corée, la politique migratoire japonaise est devenue particulièrement restrictive. Si celle-ci a été assouplie dans le but d’attirer les ressortissants japonais partis pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a en revanche été durcie pour les ressortissants coréens et chinois présents sur son sol. Ainsi, japonais au départ, des centaines de milliers de chinois et de coréens ont été déchus de la nationalité japonaise. Il sont devenus à la place des « résidents permanents spéciaux ».

Oussouby Sacko a, lui, une compréhension intéressante de la « xénophobie » propre aux japonais. Ainsi explique-t-il auprès de nos confrères de la BBC : « Je pense que les Japonais ont un peu peur de voir comment les autres voient leur culture. Ils pourraient penser que les gens ne partagent pas et ne comprennent pas les mêmes codes que nous. J’ai donc passé toute ma vie au Japon à essayer d’ouvrir leurs yeux sur d’autres choses et sur le monde extérieur. » A quoi il ajoute : « Ils ont une vision superficielle de l’Afrique parce qu’ils n’ont pas d’informations. »

Les moeurs n’agissant pas nécessairement comme des structures immuables, aussi peuvent-elles encore changer. Depuis quelques temps, le Japon pourrait tenter de redorer une image quelque peu ternie, il est vrai. On a vu par exemple Ariana Miyamoto et Priyanka Yoshikawa, respectivement américano-japonaise et indo-japonaise, être élues miss Japon en 2015 et en 2016 (non sans essuyer des insultes racistes, faut-il le rappeler tout de même). Il faut aussi savoir qu’avec un taux de natalité au plus bas et avec 20% de la population âgée de 65 ans ou plus, certains japonais prônent pour un élargissement de l’immigration afin de limiter les dégâts démographiques à venir.

1 Comment

  1. Vic

    Il me semble que vous confondez l’expédition de Perry (XIXème) et le(s) bombardement(s) de Tokyo (milieu du XXème, pendant la seconde guerre mondiale. Et a cette époque, c’était déjà Tokyo).

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