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Anahi Durand : « La Constitution péruvienne facilite la corruption »

Anahi Durand : « La Constitution péruvienne facilite la corruption »

Nous vous parlions, dans un précédent article publié sur lemediapresse.fr, des turpitudes politiques au sein desquelles le Pérou est englué. Alors que le Congrès s’apprêtait à destituer le Président Pedro Pablo Kuczinski, celui-ci a finalement décidé de démissionner. Ce dernier avait à faire à un vaste scandale de corruption. En cause ? Ses liens avec l’entreprise brésilienne Obedrecht. Il était également accusé d’avoir acheté les voix de certains députés pour se protéger d’une première procédure de destitution. C’est à cette occasion que Romain Migus s’est entretenu avec Anahi Durand, sociologue et professeure à l’université San Marcos à Lima.

Romain Migus: Qu´est ce qui est en train de se passer au Pérou ? Peux tu nous rappeler le fil des affaires politico-judiciaires qui ont mouillé le président ?

Anahi Durand: En 2017, sont sortis plusieurs plaintes concernant le cas de l´entreprise brésilienne du bâtiment Odebrecht (2) et la manière dont elle avait pesé dans les campagnes électorales au Brésil. Lors d´une audition de Marcelo Odebrecht au Brésil, nous nous avons commencé à nous rendre compte du niveau de corruption que cette entreprise a généré au Pérou : d´une plusieurs candidats avaient été arrosés comme ce fut le cas avec Ollanta Humala (3) par exemple, d´autre part Odebrecht avait favorisé les entreprises de Pedro Pablo Kuczynski (PPK), qui est aussi entrepreneur, afin que celui-ci les fasse gagner en retour dans des appels d´offre public. Il y a eu une enquête qui a déterminé que le président était mouillé dans ces scandales. Cela intervient dans un contexte politique très tendu. PPK a certes été élu président mais il ne dispose que d´une force très restreinte au parlement, où il ne dispose que de 20 députés sur 130. Le parlement est contrôlé par les politiciens fujimoristes (4), et dés le début du mandat ils ont joué la tension avec l´exécutif. 

Et donc en décembre 2017, il y a un vote du parlement pour destituer le président…

Oui, en décembre 2017, après plusieurs altercations entre le législatif et l´exécutif, une première motion pour destituer le président est déposée par les fujimoristes qui président la Commission d´enquête du parlement. Ils apportent la preuve que PPK a menti sur les relations de ses propres entreprises avec le gouvernement. Il y a un clair conflit d´intérêt. Pour qu´il y ait destitution, il faut que les deux tiers des députés votent pour. Mais celle-ci n´a pas eu lieu car le fujimorisme s´est divisé entre une fraction majoritaire acquise à Keiko Fujimori (5) et une autre, fidèle à son frère Kenji. Cette dernière a soutenu PPK et a voté contre la motion de destitution. Quelques jours après le vote, PPK a récompensé les fujimoristes dissidents en graciant l´ancien président Alberto Fujimori qui était en prison (6). Cela a provoqué un tollé car tout le monde se doutait qu´il y avait eu un pacte pour maintenir PPK au pouvoir…

Retrouver l’entretien complet ici

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