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Russie, Syrie, USA… et France, Vers le grand cataclysme?

Russie, Syrie, USA… et France, Vers le grand cataclysme?

Depuis fin février, début mars, nous assistons au déferlement d’une campagne de presse qui malgré les apparences a toute sa cohérence. Tout ce qui de prés ou de loin était opposé à une escalade militaire en Syrie se trouvait cloué au pilori. Rappelons nous. Les propos politiques appelant à la prudence étaient synonymes de « complicité avec le bourreau Assad ».

Jean-Luc Mélenchon se trouvait rangé du côté obscur de la force. La presse qui appelait à la prudence était immédiatement accusée de complicité avec la propagande dictatoriale. Ainsi « le Média » était placé malgré lui au centre de toutes les critiques. Bref, tout ce qui s’opposait à la guerre et préconisait une solution politique contre la solution militaire était traité comme faisant partie d’une association de malfaiteurs. Pourquoi ? Dans quel but ? Le président Emmanuel Macron, à la suite de Donald Trump, vient de donner la signification exacte de ce déferlement et le but de la propagande totalitaire que nous connaissons dans ce domaine comme parfois dans d’autres. Il s’agirait, à la suite des « attaques chimiques » dans la Ghouta, d’organiser « des frappes aériennes » sur la Syrie, cela dans le but « de détruire les stocks chimiques » que posséderait le régime. Une nouvelle aventure militaire dont tout le monde sait bien comment elle peut commencer, mais dont nul n’est capable d’en prévoir l’issue.

Trump, Poutine, et quelques questions

C’est avec promptitude qu’on assiste ces derniers jours à un emballement pour le moins préoccupant.
Donald Trump, qui à l’inverse de Hillary Clinton, semblait réticent à plonger dans un tel bourbier, fait monter la pression jusqu’à annoncer « de façon imminente » l’envoi de ses missiles sur la Syrie.
La Russie de son côté, alliée d’Assad, avertit. Des missiles qui viseraient tout autre site que « ceux occupés par les rebelles » seraient considérés comme une agression directe.
Chacun montre ses muscles. Chacun pense peut-être se trouver engagé dans une partie de poker menteur. Mais pourtant, jamais la situation n’a été aussi inquiétante.

  • De la part de Trump d’abord, qui sait pertinemment que s’engager dans une opération militaire en Syrie rendrait inévitable une confrontation avec la Russie notamment, et participerait à une déstabilisation de cette partie du monde avec des risques d’extension difficilement maitrisables.
  • De la part de Poutine aussi. Si les Russes connaissent vraisemblablement la teneur des armes utilisées par l’armée régulière syrienne, comme d’ailleurs par les rebelles eux-mêmes, s’ils étaient en mesure – au cas où – de condamner le régime d’Assad qu’ils soutiennent, ils demeurent officiellement dans l’expectative, dans l’incertitude. Leur inertie aurait pu être comprise comme un appel à Trump pour prendre la relève. Mais en même temps leur présence sur les lieux rend pratiquement impossible toute absence de réaction en cas de mise à exécution des menaces américaines.

S’il semble évident depuis l’élection de Trump que plusieurs centres de décisions semblent s’opposer au sein même de l’administration américaine, que la parole de Trump sur bien des aspects n’est pas décisive, il semble que la menace soit l’annonce de préparatifs d’ores et déjà engagés pour aller sur le terrain militaire. La volonté de trouver un débouché à l’économie d’armement américaine est comme toujours un des éléments à prendre en compte. Mais pas seulement. Il y a dans la position américaine la volonté d’une partie du capital de régler la crise économique et politique par une large vague de destructions, porteuse de promesses pour les multinationales, déjà sur les rangs pour la reconstruction qui s’ensuivrait.

Macron plus transparent

Emmanuel Macron a le mérite de la transparence. Contrairement aux chefs américains ou russes, ses motivations semblent d’abord déterminées par une situation intérieure exécrable.
En butte à la grève des cheminots, qui en période de vacances scolaires ne suscite pas les réactions d’hostilité espérées par le pouvoir, en butte à une situation de mécontentement dans les universités contre « Parcoursup » qui mène à des grèves, blocages, occupations qui débordent le seul cadre étudiant pour atteindre aussi et surtout le milieu enseignant du supérieur, en butte à un divorce consommé avec les retraités atteints par la CSG, Emmanuel Macron a montré sa volonté de tout saisir pour tenter de détourner l’attention générale. Il a d’abord usé des évêques, reléguant Nicolas Sarkozy dans ses déclarations anti-laïques loin derrière lui. Il a ensuite usé de Notre-Dame-des-Landes et de l’évacuation de la ZAD comme point de fixation médiatique. Il a enfin convoqué la presse, TF1 d’abord, et l’homme de la proximité avec la France profonde qui présente chaque jour à 13h les clochers de France, Jean-Pierre Pernaut, pour tenter un « exercice de pédagogie ». Puis il a prévu Bourdin, le va-t-en guerre déclaré face à Adrien Quatennens le 11 août, dans une interview où comptaient plus les mimiques de réprobations que les réponses apportées, et Edwy Pleynel, le confrère à l’image contestataire lorsqu’il conteste – peut-être sans s’en rendre compte – la République en légitimant sans recul les Ramadan et autres frères musulmans. Emmanuel Macron donne de sa personne, au risque d’ailleurs de s’exposer. Mais cela suffisait-il ? Apparemment pas.

Quelques jours avant sa déclaration de soutien à Trump et à l’OTAN, il recevait le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed Ben Salmane, par ailleurs visé par une plainte pour complicité d’actes de torture au Yémen. Lorsqu’on connait l’axe entre l’Arabie Saoudite et Israël dans cette région du monde, les menaces répétées contre l’Iran, on ne peut que s’interroger sur la teneur des discussions entre Jupiter et le prince. Puis l’Elysée annonçait avec fracas les échanges entre Trump.

Ainsi, la France qui devrait user de son influence pour calmer le jeu, pour promouvoir toute solution possible autre que la guerre, qui devrait en faire une affaire de principe, se retrouve à la remorque des USA dans une aventure, répétons le une fois encore, dont tout le monde peut aisément envisager le départ, mais dont nul n’est capable de prévoir l’issue. La France engagée par ses plus hautes autorités non pour des considérations morales mais pour de simples raisons opportunistes de politique intérieure. Car si la considération morale devait présider, si le « droit d’ingérence » avait pour justification le bien-être de populations éloignées, il faudrait s’interroger sur des amitiés à géométrie variables. Macron accueille Erdogan, le dictateur turc qui se voit à la tête de l’empire ottoman. Macron réaffirme aussi ses amitiés avec les grandes « démocraties » que sont les régimes du Golfe, le Qatar, l’Arabie saoudite et autres émirats qui financent et organisent Frères musulmans et autres groupes dont on parle régulièrement au chapitre terrorisme…

Retour sur la propagande…

Et si tout cela venait de loin. Rappelons-nous. Il y a eu l’affaire de l’espion russe, le renvoi des représentations diplomatiques, le début d’une organisation des tensions pour arriver au point ultime… Sous fond d’affaire d’espionnage digne des meilleurs James Bond, voilà que la Russie a été désignée par Theresa May ennemi n°1 des démocraties. La Russie qu’on retrouve sur le banc des accusés pour la réélection de Poutine à la présidence avec un score sans contestation possible et pour sa présence aux côtés de Bachar El Assad dans la Ghouta orientale… Et nous voila retrouvés au point de départ…

C’est alors que Le Media – cela manquait au tableau – a été remis dans la tourmente médiatique.
Après l’exploitation des difficultés rencontrées depuis son lancement – le départ d’Aude Rossigneux suivi de l’épisode Mamère et des déclarations des différents soutiens de Benoit Hamon – tout cela commençait sérieusement à tourner de façon ridicule en boucle, il fallait régénérer les arguments. La Syrie et El Khal – journaliste du Média qui expliquait la nécessité d’avoir des sources fiables avant de diffuser des informations et images témoins d’attaques chimiques – permettaient de reprendre la fronde dans un double objectif.

  • D’abord affaiblir « le Média » dont les prétentions de traitement de l’information autrement sont jugées insupportables par l’oligarchie qui possède journaux, télévisions, radios, éditions. L’exemple de la grève SNCF est illustratif. Les grands patrons qui préfèrent entendre râler les « clients » pour casser la grève trouvent insupportable une chaîne qui donne la parole aux cheminots et se fait l’écho de marques de solidarité d’usagers qui bien que « dans la galère » comprennent et soutiennent.
  • Ensuite et surtout pousser l’opinion dans le sens préparé, voulu, appelé par les grands groupes financiers. La guerre, voila le but camouflé derrière l’humanitaire, pour ouvrir de nouveaux marchés, créer les conditions d’une nouvelle accumulation, régler de la sorte quelques « différends » sociaux sans avoir à discuter, à négocier.

« Ce n’est pas si grave, ce sont des frappes aériennes, pas des troupes au sol qui seront engagées », voulait rassurer un chroniqueur sur LCI. Absurdité, bêtise, volonté délibérée d’en découdre, ou tout cela à la fois. La guerre demeure toujours la guerre avec ses cortèges de misères, de malheurs, d’atrocités… Cela pourrait passer par pertes et profits si encore en découlait une solution viable. La situation n’appelle pas la guerre et sa généralisation car elle exige des solutions politiques, notamment autour des discussions difficiles mais incontournables qui se mènent à l’ONU, et dont les Etats-Unis et ses alliés annoncent déjà qu’ils sont prêts à s’affranchir. Les mêmes, politiques, journalistes, chroniqueurs, qui hier condamnaient Villepin dans sa résistance aux Etats-Unis sur l’Irak, exprimée dans son discours à l’ONU, refusant les frappes et la guerre, qui ensuite ont fait autocritique, approuvent aujourd’hui Macron. On connait la suite…

Par Jacques Cotta
Animateur de Dans La Gueule Du Loup
http://la-sociale.viabloga.com/

8 Comments

  1. malinvoy

    Je trouve votre l’article très ambigu sur les Russes et l’armée syrienne . Un paragraphe entier laisse supposer que l’armée syrienne aurait pu utiliser des armes chimiques. Quel intérêt aurait cette armée à procéder ainsi alors qu’elle est sur le point de libérer La Goutha ? où est la cohérence ?
    Le 2ème point que je trouve très contestable c’est l’accusation contre E.Plenel pour lequel je n’ai pas de sympathie particulière, Comment peut on accuser quelqu’un de façon aussi légère comme en passant, de légitimation de Tarik Ramadan et « des frères musulmans ». C’est une façon trop facile de salir un confrère.

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    • Jacques Cotta

      Cher Malinvoy, vous faites deux critiques à mon papier sur lesquelles je voudrais dire un mot. D’abord concernant le côté « très ambigu sur les russes et l’armée syrienne ». Je laisse en effet en suspens la question des armes chimiques, de leur existence et dans le cas où il serait avéré qu’elles auraient été utilisées les responsables concernés. Cela pour une raison simple: dans le contexte il est tellement difficile de s’y retrouver que seules les preuves attestées permettent de se prononcer. En effet il serait peu cohérent que les russes ou les syriens sur le point de reprendre la Goutha se lancent dans cette folie. Mais cela ne signifie pas qu’ils ne les aient pas utilisés. Je n’en sais rien, vous non plus, donc je n’en dis rien, ni dans un sens, ni dans l’autre. Cela d’autant plus que même si l’armée syrienne, ou une faction, ou les russes ont commis ces actes, cela ne justifie en rien la guerre qu’on nous prépare. Là est de mon point de vue l’essentiel.
      Vous soulignez ensuite « l’accusation contre Plenel… façon trop facile de salir un confrère ».
      Mais je ne salis rien du tout. Je donne une appréciation des relations politiques que Plenel explique lui-même dans les échanges qu’il a entretenu avec Ramadan. Je me moque évidemment en l’espèce des frasque de Tariq Ramadan, mais ne m’intéresse qu’à ses orientations, son histoire politique en suisse et au niveau international. Ses liens idéologiques avec les frères musulmans dont il ne s’est d’ailleurs pas caché. Ce que je reproche dans cette affaire, c’est uniquement le fait que Ramadan par souci de banalisation et de légitimité a tenté d’ouvrir beaucoup de portes et que Plenel a un moment servi de serrurier…
      Mais je suis d’accord avec un point que vous soulignez. Cela mériterait de plus amples développements…
      Bien à vous
      J.C.

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  2. P.Girard

    D’abord merci pour votre article dont j’approuve le contenu.
    Le monde occidental du moins ses dirigeants semble devenu fou puisque désormais il n’est plus nécessaire d’apporter des preuves pour justifier soit des sanctions comme cela a été le cas contre la Russie pour le supposé empoisonnement ou plutôt tentative d’empoisonnement d’un ex espion Russe et de sa fille, soit une possible intervention militaire contre la Syrie pour un usage supposé d’armes chimiques.
    Aucune preuve sérieuse n’est établie ni pour la tentative d’empoisonnement ni pour l’utilisation d’armes chimiques mais qu’importe cela semble suffisant pour clamer de manière bien hypocrite que ça n’est pas tolérable et qu’il faut agir vite et fort.
    Mais la bêtise humaine est à son comble dans la mesure ou cette fois on parle de guerre ou comme vous le dites très justement; si l’on peut en connaître le début personne ne peut en connaître ni en évaluer la fin.
    J’hallucine en constatant la bêtise humaine. Mais comment est-il possible que des dirigeants puissent ne pas garder leur sang froid préférant bomber le torse pour juste prouver à l’ensemble du monde qu’on est le plus fort. Grotesque et affligeant.
    Et dire que tout ça n’a de véritable motif (non avoué) que des raisons économiques de permettre avec le départ voire la mort d’Assad, la construction de pipeline et gazoduc sur le territoire syrien car si l’on devait faire la guerre à tous les dictateurs sur cette terre, ça se saurait depuis longtemps. Des vérités bien gênantes à dire quand notre Président à reçu coup sur coup 2 symboles de dictateurs pourtant bel et bien accusés d’agressions meurtrières et là on est pas dans de simples accusations.
    Cordialement

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  3. Cécile

    Ce commentaire ne concerne pas le fond de l’article sur la Syrie, la Russie, l’Iran, Trump, Macron, etc., car comme tout le monde, je ne dispose pas d’informations suffisantes et l’histoire jugera. Ni même les manoeuvres éventuelles de Macron pour détourner l’attention de la question sociale (franchement, une histoire de cul dans Closer serait plus efficace pour détourner l’attention qu’une guerre contre Assad, mais mettons… Mimi ! Où es-tu ?).

    Mais voilà, je peine sérieusement à croire que l’oligarchie et le gouvernement tremblent devant Le Media, c’est de la plaisanterie ! Le Media n’est ni le premier ni le dernier site indépendant, on n’a jamais vu le pouvoir s’émouvoir y compris devant les révélations au sujet des comptes offshore de Cahuzac, par exemple.

    Je dirais même plus, les puissants ne s’émeuvent pas non plus quand les grands médias mettent à jour leurs turpitudes (Cash Invesitgation, Panama Papers, Luxleaks, la liste est longue) : ils n’en ont rien à foutre. Cela fait 15 ans qu’on sait que Bush et Blair ont menti, il ne se passe RIEN. Des années que BHL, Goupil et Sarko arpentent les plateaux en se félicitant de leur action en Libye, il ne se passe RIEN, il ne se passera jamais rien tant qu’on refusera le recours à la violence car c’est la seule chose que ces gens-là comprennent.

    Le seul media indépendant qui puisse se targuer de faire l’objet de persécutions et de harcèlement avérés, c’est Wikileaks. Le jour où Gérard Miller sera réfugié dans l’ambassade du Nicaragua, on en reparlera !

    Or, on en est bien loin, avec un site fondé par un psy médiatique qui s’est trouvé parfaitement bien pendant des années chez Ruquier et Ardisson (pas précisément des zadistes ou des SDF), une dircom qui voulait rejoindre Sarkozy, et Aude Lancelin (pour ne citer qu’eux), qui a survécu, malgré tout, à 20 ans de carrière dans les médias des milliardaires. Alors mieux vaut tard que jamais, mais présenter Le Média comme un truc de dissidents inconnus et dangereux pour le pouvoir, franchement, c’est comique!

    PS : Et d’ailleurs, les puissants doivent se rendre compte qu’ils ont fait une grave erreur avec Wikileaks, ils auraient mieux fait d’ignorer les câbles et la vidéo « Collateral Murder », et Wikileaks n’intéresserait pas plus de gens que Cryptome (qui révèle des documents top-secrets depuis 1996 et dont j’imagine que personne au Media n’a entendu parler). Chelsea Manning aurait pu pourrir en prison comme Jeremy Hammond et les prisonniers de Guantanamo dont tout le monde se fout.

    Faut arrêter de geindre et de paranoïer et passer à l’action.

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    • Jacques Cotta

      Cécile,
      Je pense en effet que surestimer le Media en particulier comme la presse en général relèverait soit d’un égocentrisme maladif, soit d’une méconnaissance coupable des réalités. Là n’est donc pas mon propos. Je veux juste indiquer que pour le pouvoir, même si cela ne le menace pas directement, la plus petite dissidence qui remet en question le système est insupportable. Regardez par exemple durant les élections présidentielles. Macron était certain de l’emporter, mais il ne fallait cependant pas q’une voix, au prétexte de Marine le Pen, ne puisse faire défaut. Il fallait non une élection, mais un plébiscite. Pour les médias je crois sans donner une place au « Media » qu’il n’a pas que les questions se posent de façon identique.
      Pour ce qui est des méthodes d’action, (vous évoquez la violence), l’histoire nous montre que rien ne se décrète. La violence est déjà bien présente dans les rapports sociaux, subie par des millions de salariés, jeunes et retraités… Cette violence est le produit des rapports sociaux. Une autre violence y mettra t’elle un terme? Ou d’autres modes d’action? L’histoire le dira…
      Bien à vous
      J.C.

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      • Cécile

        Je ne nie pas cette pression (pour que pas une tête ne dépasse), elle était en effet palpable au 2ème tour l’an dernier, mais le rapprochement entre intention de bombarder la Syrie et nouvelles attaques contre le Media me semble pour le moins audacieux.

        Cela dit, quand on a regardé Envoyé Spécial hier soir et découvert, les yeux écarquillés genre « j’y crois pas ! », le comportement et la « pensée » de Marlène Schiappa, cette arriviste catho-zombie (et accessoirement fille illégitime de Lino Ventura – ouais, pique sur le physique, c’est pas bien, je sais, mais elle m’a vraiment énervée par sa méchanceté d’une part, et ses gloussements avec ses copines entrepreneuses d’autres part !), effectivement, on se dit que les Marcheurs semblent prêts à s’en prendre à des formes de contestation (dans le cas d’espèce, une élue socialiste suppléante) totalement inoffensives.

        Pour la violence, que dire ? Jamais vu les puissants renoncer de leur plein gré à leur pouvoir (même pas dans les contes de fées), ni à accepter leur défaite par la voie électorale (cf. Brésil, Venezuela, Argentine, Paraguay, Honduras – au Mexique, AMLO a passé un pacte avec les évangéliques et Carlos Slim, donc il est couvert et nous, assurés qu’il fera une politique économique de droite et réactionnaire sur le plan des moeurs). Les riches interprètent la moindre mansuétude à l’égard comme de de la soumission. On aimerait bien qu’ils jouent le jeu, se disent « ah ben ouais, la majorité veut autre chose, très bien, c’est noté », mais ce n’a jamais été le cas, et encore moins maintenant vu l’extraterritorialité de leur fortune.

        Ce que fait Macron c’est de la contre-révolution, de la vraie ré-action, avec constitution d’un parti unique, suivant l’idée de « l’ouverture » de Sarkozy. Si on se refuse à l’interpréter comme ça, on lui laisse le champ libre, à lui et à ses clones de LREM. Et en renonçant à la violence, on se condamne soit à subir défaite sur défaite, soit à faire sécession comme au Chiapas, Marinaleda, etc., à se replier dans des enclaves style ZAD et épiceries tapies dans l’ombre, ce qui arrangera aussi drôlement les puissants sur le long terme.

        Le nombre ne suffit pas à instaurer un rapport de force étant donné la disparité des moyens dont chacun dispose. Ça se finira de toutes façons un jour ou l’autre dans un bain de sang, bien d’accord avec Franck Lepage sur ce point (et tous les autres, d’ailleurs), et vu comme c’est parti, ce sont les pauvres qui se feront trucider sans pitié.

      • Cécile

        « à LEUR* égard ».

  4. Yves Brasey

    Bonjour,
    Pouvez-vous vérifier et diffuser cette information si elle est exacte. « l’armée syrienne et ses alliés auraient capturé un certain nombre de « militaires britanniques » dans la Ghouta orientale ».
    Merci

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