Select Page

Remake de « Le Bon, la Brute et le Truand », aux Etats-Unis

Remake de « Le Bon, la Brute et le Truand », aux Etats-Unis

François Colcanap, contributeur socio, nous explique comment Donald Trump manipule la justice de son pays pour mener sa politique internationale.

Pour l’instant le fond est encore musical. Imaginez la musique de Enrico Morricone accompagnant des personnages qui marchent à pas mesurés, ombres et lumières. Le décor jusqu’à ces derniers jours se situait au bord du Potomac avec des gros plans sur la Maison-Blanche, le ministère de la Justice, des interviews d’hommes politiques au Congrès. La commission d’enquête spéciale confiée à Robert Muller sur la collusion entre la campagne de Donald Trump et la Russie allait son petit bonhomme de chemin. Quelques inculpations mais rien de sensationnel. Puis les caméras se déplacent à New York. Un avocat devient la cible d’une enquête sur des paiements faits à des dames qui auraient traficoté avec le Président Trump mais aussi avec d’autres riches messieurs dont un Républicain éminent ; le dernier paiement révélé d’un montant de plus d’un million et demi de dollars. Des documents sont saisis chez cet avocat, qui révéleraient d’autres agissements illégaux liés à la première enquête de collusion avec la Russie pour aider à l’élection de Trump. Cet avocat (Michael Cohen) travaillant exclusivement pour Monsieur Trump. Là-dessus viennent les gaz chimiques en Syrie et tout dernièrement,  ce soir, le Pardon présidentiel de Scooter Libby Jr., de sinistre mémoire aide de Dick Cheney qui avait concocté la fausse histoire qui a conduit à l’anéantissement de l’Irak, et qui avait été condamné pour avoir menti au FBI. Et pour couronner le tout, après le Pardon, la décision de faire une frappe en Syrie avec tous les risques que nous connaissons.

Etes-vous toujours avec moi ?

Tous ces faits ressemblent à une poupée russe et si on prend le temps de défaire l’assemblage et poser sur la table un fait après l’autre on plantera la décor d’une énorme carambouille politico-financière révélatrice de l’état de nos sociétés prises en otage par des bandes de prédateurs (euphémisme) à l’assaut de toutes les institutions pour leurs profits personnels.

Le carnage arrive dans lequel chacun va tenter de sauver sa peau. Mais Trump utilise tous les pouvoirs de la Maison-Blanche pour faire obstruction au déroulement de la Justice.

Ainsi, pour rassurer ceux de ses amis déjà inculpés dans les différentes enquêtes, et pour les encourager à ne pas parler, Trump vient de pardonner un ancien aide de George W. Bush (Scooter Libby Jr.) qui avait commis le crime de dévoiler l’identité d’une diplomate membre de la CIA (Valérie Plane) dont le mari (Joseph Wilson) s’opposait violemment à l’intervention en Irak en démontrant l’inexistence des armes de destruction massive. En clair Trump leur envoi le signal qu’il utilisera le Pardon pour les sortir d’affaire en échange à leur silence face au FBI.

Et pour détourner l’attention de l’opinion publique, en toute illégalité à nouveau, sans avoir recours au Congrès pour une autorisation, Trump vient ce soir d’autoriser des frappes en Syrie.

La musique de Enrico Morricone reprend alors du volume, l’artère principale du monde est vide, des portes grincent, des ombres circulent. Le suspens est là… et NOUS?

PS : Le scénario s’écrivant sous nos yeux l’attribution des rôles entre les trois caractères du titre n’est pas possible à ce moment, très certainement pas pour Le Bon…

Crédit : Wikimedia Commons

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Devenez Socio

Restez connectés au Média

Les Tweets du Média