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Marib, oasis dans la guerre

Marib, oasis dans la guerre

Marib, autrefois considérée comme un bastion d’Al-Qaïda, a été relativement épargnée par la guerre au Yémen. Grâce à ses réserves de pétrole et de gaz, sa proximité avec l’Arabie saoudite et la rare cohésion tribale qui a contribué à repousser les incursions des Houthis, la ville fait figure de havre de stabilité.

Dans les rues de Marib, le bruit des marteaux-piqueurs a remplacé ceux de la guerre. Cette ville yéménite riche en pétrole est aujourd’hui une rare oasis de stabilité dans un pays déchiré par les conflits. Le Yémen subit la pire crise humanitaire au monde, conséquence d’un conflit meurtrier opposant le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, appuyé par l’Arabie saoudite, aux rebelles Houthis, soutenus par l’Iran.

Située à l’est de la capitale Sanaa, Marib est aujourd’hui la ville la plus florissante du Yémen. En partie grâce à l’afflux de centaines de milliers de déplacés, parmi lesquels des entrepreneurs et des médecins. Des centaines d’entreprises ont vu le jour et les chantiers de construction se multiplient, offrant aux jeunes des perspectives d’emploi inespérées dans un pays où le chômage est endémique. « Le développement spectaculaire de Marib n’est pas arrivée malgré, mais en raison du conflit », analyse Farea al-Muslimi, spécialiste du Yémen au centre de réflexion Chatham House de Londres. « Marib a su tirer profit du chaos qui l’entoure », ajoute-t-il.

Le gouverneur provincial, Sultan Al- Arada prévoit de construire un aéroport international et voudrait attirer les touristes à Marib, notamment pour visiter les ruines d’un temple du royaume de Saba. Mais dans la province, les cicatrices de la guerre restent visibles. Les Houthis ont disséminé des milliers de mines autour de la ville et des carcasses de voitures jonchent ses contreforts montagneux. Dans un centre de réhabilitation pour enfants soldats, des dessins témoignent des ravages de la guerre. L’un d’eux représente une grenade, un char et des taches de sang. « Ils ont fait exploser mon école », lit-on dans la légende. « Tant de personnes tuées et amputées », déplore Mohammed Abdo al-Qubati, directeur de l’hôpital général de Marib, qui abrite le seul centre de prothèses fonctionnelles sur le territoire contrôlé par le gouvernement.

Même si Marib a profité du dynamisme et des connaissances de certains déplacés, leur nombre commence à mettre ses ressources à rude épreuve, selon des responsables. Ils seraient 1,5 million à vivre désormais dans cette ville qui comptait 350.000 habitants avant la guerre.

Crédits (cc)Barnard Gagnon / Wikimedia Commons

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