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Ethiopie : vacance du pouvoir et état d’urgence

Ethiopie : vacance du pouvoir et état d’urgence

Conséquence directe de la démission surprise du Premier ministre Hailemariam Desalegn, jeudi dernier, l’état d’urgence a été instauré vendredi sur l’ensemble du territoire éthiopien pour six mois.

Les modalités d’application de ce décret ont été détaillées ce matin par le ministre de la Défense, Siraj Fegessa.

Cette mesure est officiellement destinée à restaurer l’ordre dans plusieurs localités de province, où les manifestations violentes et les opérations « ville morte » se sont multipliées ces derniers mois, alors que le pays traverse une grave crise politique et que les ressentiments envers le gouvernement fédéral n’ont pas été éteints par la récente vague de libération de prisonniers politiques.

L’état d’urgence avait déjà été instauré en 2016, dans la foulée des protestations de rue violemment réprimées de la jeunesse oromo, qui s’était mobilisée contre le délaissement de leur nation par l’autorité fédérale. Fortement politisés, les manifestants, jeunes pour la plupart, dénonçaient les abus par un gouvernement central dominé par les Tigréens de l’un des partis de la coalition au pouvoir, le Front populaire de libération du Tigré, le mouvement armé qui avait fait chuter le dictateur Mengistu Hailemariam en 1991.

Le Poste de commandement de l’état d’urgence – c’est son nom officiel – a fait savoir ce mercredi matin que les manifestations étaient désormais interdites, de même que les « activités qui érodent la tolérance et l’unité du peuple », ainsi que les liens avec les « organisations terroristes » (c’est-à-dire les mouvements politiques d’opposition basés essentiellement en Erythrée).

Sont aussi prohibés les actes de dégradation des biens publics, l’obstruction à la bonne marche de l’Etat, « la promotion d’agendas politiques », la possession d’armes à feu… Et même « la publication de déclarations sur les questions sécuritaires » sans avoir obtenu préalablement l’autorisation du Poste de commandement.

Autant dire que l’Ethiopie, où les partis politiques représentés au Parlement s’épuisent depuis la semaine dernière en conciliabules et manœuvres secrètes pour obtenir le poste de Premier ministre, est immobilisée de force jusqu’à l’automne.

Crédits (cc)Kristina Stefanova / Pixnio

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