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Côte d’Ivoire : le débat sur les prisonniers politiques relancé

Côte d’Ivoire : le débat sur les prisonniers politiques relancé

Il a purgé la totalité de sa peine mais demeure en prison, dans une grande indifférence internationale. Il s’appelle Samba David, président de la Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire, une organisation de la société civile.

A travers un communiqué de presse, le Parti communiste français tente de briser l’omerta sur son sort. « Il a été emprisonné par le régime en 2015 au seul motif qu’il est un opposant. Condamné à 6 mois de prison à l’issue d’une farce judiciaire, il est depuis 2016 pris en otage par le régime, enfermé sans raison. Il est un de ces centaines de prisonniers politiques ivoiriens embastillés arbitrairement. » Rappelant que son cas est clairement mentionné dans le dernier rapport d’Amnesty International, le PCF alerte : « Il vient d’être transféré de nuit et manu militari de la MACA, prison d’Abidjan, à celle de Korhogo aux conditions de détentions épouvantables, et où il sera à des centaines de kilomètres de sa famille, de son avocat et de ses proches. »

A la fin du mois de mars dernier, Amnesty International dénonçait déjà l’arrestation de l’opposant Gervais Tchéidé, porte-parole de la plateforme Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS) et issu des rangs du Front populaire ivoirien, le parti de l’ancien président Laurent Gbagbo. Il a été arrêté, comme 18 autres figures de l’opposition, le 19 mars à la suite d’une manifestation publique pacifique mais hostile au format de la Commission électorale du pays, considérée comme trop favorable au pouvoir et non conforme aux principes démocratiques par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Comme un certain nombre d’entre eux, il est condamné à 12 jours de prison pour trouble à l’ordre public. Mais il demeure en prison : le pouvoir ivoirien a réactivé un mandat d’arrêt datant de 2013, et qui l’accusait de menées déstabilisatrices contre le régime de son pays. Selon son avocat, ce mandat d’arrêt porte sur des faits graves tels que « génocide », « financement de bandes armées », « pillages », « viols en groupe » et « voies de fait ». Assez surprenant : à la période où ces accusations sont censées avoir été retenues, Jean-Gervais Tchéidé était régulièrement reçu par les autorités politiques dans le cadre du dialogue politique. Fondio Vazoumana, du Comité ivoirien des droits de l’Homme dénonce une «instrumentalisation de la justice ».

De son côté, le Parti communiste français interpelle le président Emmanuel Macron. « Le régime d’Alassane Ouattara a été installé par les chars français en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Depuis, toute décision prise à Abidjan se fait avec l’aval de Paris. Le gouvernement français pourrait demander le respect des droits humains et obtenir la libération de Samba David. Il ne le fait pas. Cela devient urgent », proteste-t-il.

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