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Contre le sionisme, pour la souveraineté des peuples !

Contre le sionisme, pour la souveraineté des peuples !

Ramzi Kebaïli, membre des Citoyens souverains et patron du blog Nation inclusive, nous propose une défense de l’antisionisme, alors qu’elle risque d’être criminalisée en France.

Il devient aujourd’hui de plus en plus difficile de se revendiquer antisioniste, et la situation va s’empirer avec la nouvelle définition de l’antisémitisme adoptée par l’Union européenne et bientôt par la France, qui inclut mensongèrement des formes d’antisionisme. Mais qu’est-ce que l’antisionisme, et pourquoi le combat pour la Palestine est-il si important à nos yeux ? Quelques éléments pour répondre aux critiques qui nous sont habituellement adressées, que je vous invite à venir discuter le vendredi 22 février lors de la soirée organisée par Montreuil Palestine : Cessons le soutien européen à Israël !

Ce qu’est l’antisionisme

Tout d’abord, soyons clairs sur le fait que l’antisionisme ne se limite pas à la seule critique des gouvernements israéliens. Nous remettons également en cause le principe même d’un « État juif » en Palestine que nous considérons comme définissant une ethnocratie. En ce sens, l’adoption de la définition IHRA de l’antisémitisme constituerait bel et bien une criminalisation de l’antisionisme, même si certains de ses promoteurs prétendent le contraire. Afin de mieux faire comprendre notre position, décrivons la situation sans faire référence au judaïsme : un groupe A a décidé de fonder un « État des A » sur une terre où vivaient déjà de nombreux non-A, qui se sont retrouvés colonisés ou expulsés de leur terre. Peu importe donc l’identité des uns et des autres, c’est cette injustice fondamentale qui nous révulse. Il y a en fait deux possibilités : soit le groupe A veut former un État des A sur une terre vide. Soit le groupe A veut s’installer sur une terre déjà occupée, et alors il doit s’intégrer aux populations sur place. Il est d’ailleurs important de rappeler que la résolution de l’ONU de 1947, qui prévoyait la création d’un État où les juifs auraient le droit de s’installer, était conditionnée au respect des droits des populations autochtones. Idem dans la Déclaration Balfour de 1917 : il s’agissait d’une condition sine qua non à toute émigration en Palestine. Cette condition ne fut jamais réalisée, ce qui rend donc caduque toute légitimité à Israël, sans même avoir à parler de tous les crimes commis depuis 1948 – qui s’expliquent finalement par la crainte qu’en cas de paix, les 800 000 Palestinien·ne·s expulsés lors de la Nakba rentrent dans leur foyer.

Avec leurs enfants, on compte aujourd’hui officiellement plus de 5 millions de réfugié·e·s, qui d’après les résolutions 242 et 3236 de l’ONU disposent d’un droit inaliénable à retourner chez eux. Le simple fait de leur refuser ce droit chez eux constitue un crime « d’apartheid » selon les normes de l’ONU, et donc un crime contre l’humanité. Comme le rappelle Scott Leckie du COHRE, « la majeure partie de ces terres reste sous le contrôle public de l’Etat d’Israël et n’a pas été transférée à des propriétaires privés. Des grandes surfaces de terres confisquées depuis 1948 restent vides et pratiquement toutes les familles palestiniennes conservent leurs titres de propriété d’origine ainsi que des registres prouvant leurs droits de propriétaire ». Or, quel est le seul argument donné contre le droit au retour ? D’après Thomas Guénolé, qui est représentatif d’une vision dominante à gauche, les Palestinien·ne·s devraient « abandonner le droit au retour » (à partir de 12:50 sur cette vidéo), au motif qu’Israël n’accepterait jamais de perdre son caractère « juif ». Mais c’est précisément là que réside le problème : en tant que projet visant à maintenir la domination d’un groupe sur une terre multi-culturelle, le sionisme n’est pas viable et est condamné à ne se maintenir que par la guerre et la barbarie. Il n’y a donc pas « d’autre Israël » possible et il ne pourra pas y avoir de paix tant qu’il n’y aura pas égalité des droits. Certes, certains antisionistes espèrent pouvoir transformer le régime israélien actuel en un État dans les frontières de 1967 qui cesserait de discriminer ses habitants. Sans se prononcer sur la viabilité de ce scénario, il est clair en tout cas que l’égalité implique d’accepter le droit au retour, et donc de renoncer à l’idéologie sioniste qui fonde le régime israélien.

En ce qu’il viole les droits fondamentaux d’un groupe humain, et notamment le droit à rentrer chez soi, le sionisme constitue un crime contre l’humanité toute entière. Mais on pourrait nous demander pourquoi se focaliser sur ce crime et pas sur d’autres ? C’est qu’en réalité, le sionisme doit être compris comme une idéologie européenne, dans la continuité du colonialisme européen qui a dévasté la planète. Et le régime israélien ne tiendrait jamais sans le soutien diplomatique, économique et militaire des puissances occidentales. Une situation d’autant plus déplorable dans le cas de la France que pendant longtemps, nos gouvernements avaient pris des positions fortes contre les exactions israéliennes et même instauré un embargo militaire. Nous avons donc une responsabilité pour faire cesser ce soutien français et européen au régime israélien.

Pour conclure, l’antisémitisme n’a pas sa place dans la lutte pour la Palestine. Malheureusement, la haine des juifs se retrouve de manière transversale dans la société, et on trouve même beaucoup d’antisémites qui sont très satisfaits qu’Israël existe car ils ne veulent pas de juifs sur le territoire français. Précisons d’ailleurs que pour un véritable antisioniste, cela n’a aucun sens de dire à une personne juive « rentre chez toi à Tel Aviv » ! Au contraire, le sens du message antisioniste est que chacun doit pouvoir vivre dignement sur la terre où il est né, et que toute personne souhaitant déménager doit respecter les droits des populations autochtones.

Légende : Drapeau de la Palestine

Crédits : Max Pixel / Public Domain

10 Comments

  1. henrykardo

    « Nous remettons également en cause le principe même d’un « État juif » en Palestine que nous considérons comme définissant une ethnocratie. »
    Alors que l’Algérie après l’indépendance est devenu un pays « réservé aux musulmans », ce qui induisait « la valise ou le cercueil » pour les chrétiens et les juifs, et qu’en Arabie saoudite, tout autre culte que l’Islam est interdit.
    Mais pour parodier Beaumarchais : « délirez, délirez, il en restera toujours quelque chose. »

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    • Abraham Kempsky

      Vous avez tout à fait raison, ce Ramzi Kebaïli ne voit que la paille dans ll’oeil de son voisin et rien de la poutre dans le sien ! Son idée est peut-être que plus c’est gros avec ces cons de Français, mieux ça passe.

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    • K

      Faux ! Vous mélangez tout. Il y a toujours des juifs vivant en Algérie. Ceux qui ont été forcés de partir ont choisi le camps de la France. Et puis l’Algerie a toujours été un état algérien. Ils n’ont pas eu besoin de chasser un peuple pour y créer un état algérien.
      L’Arabie Saoudite est bien un pays ne respectant pas les droits de l’Homme c’est une chose, mais les saoudiens n’ont volé cette terre, c’est la leur.
      Votre argumentation n’en est pas une. Et puis pourquoi avoir choisi deux pays arabes ? N’y a-t-il pas d’autres pays qui vous viennent en tête pour citer des exemples ?
      Je sens comme une certaine rancoeur…

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      • henrykardo

        « Et puis l’Algérie a toujours été un état algérien ».
        Ah oui ? et quid de l’invasion arabe du VII° siècle et ensuite des Ottomans à partir du XVI° ?
        Avant l’indépendance de 1962, il n’y a jamais eu un « Etat algérien », mais au sein du Maghreb des provinces plus ou moins indépendantes sous la coupe de potentats locaux berbères, arabes, et ensuite ottomans (sauf au Maroc).
        Puis il y a eu la colonisation française avec la création de départements, pas d’un « Etat ».
        Donc effectivement les Arabes n’ont pas « chassé » les Berbères, ils les ont colonisés, arabisés et islamisés, et les Ottomans puis les Français ont pris la relève.
        Quant au nombre de Juifs vivant encore en Algérie, je vous recommande la lecture de « Juifs et musulmans en Algérie – VII°-XX° siècle » de Lucette Valensi pour rafraichir vos connaissances en la matière.
        D’ailleurs il n’y a pas seulement l’Algérie que les Juifs quittent quand la pression musulmane devient trop forte, il y a aussi maintenant la France, pour la même raison.

  2. Claire ROLLAND

    Total accord avec le texte de BADIOU et total soutien à Aude LANCELIN. Courage et cordialement

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    • henrykardo

      Vous avez raison, total soutien à un intellectuel qui a lui-même soutenu Staline, Mao et Pol Pot !
      On manque de gens comme ça en France pour faire avancer la raison et apporter le bonheur au peuple.

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    • Abraham Kempsky

      Monsieur Badiou a légitimement emprunté des mathématiques, qui doivent beaucoup à de nombreux mathématiciens de culture Juive, pour en développer une interprétation philosophique qui a fondé sa légitimité universitaire. Alain Badiou reproche aussi (voir son Saint Paul) au mot Juif de désigner en quelque sorte une négation congénital/e de ce qu’il appelle l’Universalisme.
      Aux yeux de monsieur Badiou, cette inscription tenace de l’existence Juive dans le Particulier et d’autre-part l’existence du Capitalisme comme mode dominant d’organisation économique du Monde, constituent (sans plus expliquer ce qui pourrait éventuellement les relier) les fléaux originels de l’Humanité, fléaux bien plus graves que la barbarie islamiste et ses génocides, que les goulags Soviétiques, Chinois et Cambodgiens qui ne sont finalement aux yeux de Badiou que des échecs bien malheureux certes, de tentatives bien légitimes d’échapper à ce qu’il considère comme la malédiction des deux premiers fléaux.

      Ce dispositif théorique est la colonne vertébrale du positionnement Politique d’Alain Badiou À chacun de juger ses aveuglements.

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      • henrykardo

        @Abraham Kempsky
        C’est assez savoureux, si on aime l’amertume, de voir un négationniste des crimes communistes historiquement avérés comme Badiou traiter impunément « d’imposteur » l’un des plus grands penseurs et traducteurs de l’actualité occidentale : Alain Finkielkraut.

    • Abraham Kempsky

      Approbation sans nuance ni détail d’une groupie dont je ferai le pari probable qu’elle n’a du jamais lire un seul livre de l’oeuvre littéraire et philosophique d’Alain Badiou !!

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  3. Abraham Kempsky

    Article qui voudrait nous convaincre d’une thèse, en omettant sciemment un pan entier de l’affaire, à savoir que le Peuple Juif a une histoire des plus longues passée sur cette terre depuis sa sortie de l’Égypte des Pharaons ! Histoire longue et complexe dont les détails se retrouvent dans toutes les couches archéologiques du sous-sol de ce pays.

    Mais sans-doute Monsieur Ramzi Kebaïli ignore ce fait ou bien le considère d’une importance par trop négligeable pour ne pas se sentir obligé de simplement le signaler.

    Les Juifs qui n’ont jamais caché que cette terre était déjà en partie occupée avant leur arrivée (rappelons-nous le récit dans la Bible du combat de David contre Goliath), ont autant que tous ceux qui se sont succédés sur cette terre, le droit au qualificatif d’autochtones !

    Monsieur Ramzi Kebaïli sait-il que des tribus juives vivaient dans sur toutes les terres du Moyen Orient et en particulier là où est actuellement située l’Arabie Saoudite ? . Monsieur Ramzi Kebaïli a-t-il ne serait-ce qu’une vague idée de l’histoire des autres peuples que le sien au Moyen Orient ?

    L’indigence argumentative de ce texte (je ne parle même pas de l’emploi infantile de la notation mathématique ou logique A, non A) en fait un repoussoir à la simple intelligence éprise d’honnêteté intellectuelle, et je ne crois pas que même Alain Badiou consentirait à lui trouver des circonstances atténuantes.

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