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La Cour des comptes étrille les sociétés de sécurité privée

La Cour des comptes étrille les sociétés de sécurité privée

Deux jours après l’annonce par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, d’une mission parlementaire chargée « de réfléchir au renforcement de la coopération entre acteurs publics et privés de sécurité », la Cour des comptes publie un rapport qui pourrait bien doucher son enthousiasme.

Ce rapport est en effet riche d’informations sur le fonctionnement des entreprises spécialisées dans des sous-domaines aussi divers que « la surveillance, y compris armée, le gardiennage, le transport de fonds et la protection de personnes, les agences de recherches privées et la protection des navires battant pavillon français pour le compte d’un armateur ».

Des entreprises qui recrutent massivement : le nombre de salariés du secteur a augmenté de 14,3% depuis 2011, pour se situer fin 2016 à 167 800 – pour comparaison, la police nationale en compte 143 000.

Le principal « intérêt » que représentent les sociétés de sécurité privée réside dans leurs bas coûts de main-d’œuvre. Selon la Cour des comptes, « 44% des agents de sécurité exerçant une activité de surveillance perçoivent un salaire mensuel brut inférieur à 1700 euros ». Mais le revers de la médaille est une forte volatilité des salariés et des niveaux de qualification trop bas pour faciliter des « montée en compétence ». Ce qui signifie qu’il ne sera pas si évident que cela de transférer des activités jusqu’ici régaliennes à ces nouveaux acteurs. D’autant plus que leur fiabilité peut être douteuse, comme l’a démontré le recours à ce type de sociétés dans le cadre de l’organisation de l’Euro 2016 et les manquements qui ont pu être observés. « Insuffisante qualité des palpations de sécurité à l’entrée des stades et des « fan zones », agents dépourvus d’autorisation professionnelle, nombre d’agents privés de sécurité présents inférieur au nombre fixé contractuellement », énumère la Cour des comptes.

Elle relève également un laxisme certain dans le contrôle de la moralité des travailleurs du secteur. En guise d’exemple, « un individu a pu obtenir une carte professionnelle alors que les recherches faisaient apparaître 31 mentions pour des faits variés (violences, infractions à la législation sur les stupéfiants, violences sur agent de la force publique, délit de fuite, agression sexuelle) ainsi qu’une procédure en cours pour fraude au mariage. Une carte professionnelle a été délivrée à un individu alors qu’il exerçait une activité privée de sécurité en faisant usage d’une carte professionnelle falsifiée ».

Pour aller plus loin, voici le rapport

Crédits (cc)TouN / Wikimedia Commons

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