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Dérégulation bancaire : les Etats-Unis ouvrent à nouveau la boîte de Pandore

Dérégulation bancaire : les Etats-Unis ouvrent à nouveau la boîte de Pandore

Le président américain vient de démanteler l’une des rares lois de Barack Obama qui régulait un peu le secteur financier.

A la Maison-Blanche, Donald Trump n’en finit pas d’effacer comme il le peut l’héritage de Barack Obama. Depuis hier, il est parvenu à démanteler la loi Dodd-Frank, adoptée en 2010, dans l’objectif d’empêcher de nouvelles déstabilisations des marchés financiers après la crise financière de 2008. Selon l’administration précédente, il était question de protéger le contribuable américain « en mettant fin aux sauvetages » de banques victimes de leurs propres turpitudes. Il s’agissait aussi de prémunir le consommateur américain contre les pratiques de « services financiers abusifs ». Longue de plusieurs centaines de pages, cette loi limitait les activités spéculatives des banques à 3% de leurs fonds propres ; elle obligeait à élever le niveau de garantie pour les crédits immobiliers ou exigeait des sociétés cotées qu’elles fassent voter les actionnaires sur la rémunération de leurs dirigeants ou qu’elles publient les montants versés aux gouvernements des pays où ils opèrent. Elle a été souvent critiquée : de fait, elle n’a pas empêché un phénomène de concentrations qui a lui-même abouti à rendre plus grosses les banques déjà considérées comme tellement grosses qu’une éventuelle faillite provenant d’elles était de nature à créer une crise systémique.

Quelques mois après un “mini-krach”

Qu’importe : Donald Trump a remis en cause, comme il l’avait promis, le statu quo ante. Jusqu’ici, les banques dont les actifs étaient supérieurs à 50 milliards de dollars étaient considérées comme d’importance systémique, et surveillées (en principe) de très près par la Réserve fédérale. Désormais, le plancher est relevé à 250 milliards d’euros. Résultat : seules 12 banques feront l’objet d’une surveillance accrue, alors qu’elles étaient au nombre de 38. La nouvelle réforme fait aussi sauter les restrictions en matière de crédits pour les banques considérées comme petites. Les Républicains, comme on pouvait s’y attendre, se réjouissent. Mais Nancy Pelosi, cheffe des Démocrates à la Chambre des représentants, a estimé que cette nouvelle loi, et je cite, « nous ramènera à l’époque où l’imprudence débridée de Wall Street a provoqué un effondrement financier historique ». Il faut tout de même noter qu’un bloc certes minoritaire d’élus démocrates a voté avec les Républicains pour arriver à l’adoption de ce texte.

Cette nouvelle législation est adoptée quelques mois après ce que certains experts ont qualifié en de “mini-krach” boursier à Wall Street, février dernier, et alors que la dette des ménages américains a dépassé début 2018 le record qu’elle avait atteint avant la grande crise de 2008. Elle représente environ 70% du PIB des Etats-Unis.

Photo :  Wall Street

Crédits : Petr Kratochvil/ PublicDomainePictures.net

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