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Bure : de la mort en barre sous la forêt

Bure : de la mort en barre sous la forêt

Ce jeudi 22 février à l’aube, la Zone d’insoumission à la radioactivité de Bure (ZIRA) dans la Meuse est tombée, dans le calme. La fin prochaine de la ZAD de Notre Dame des Landes pourrait bientôt libérer sur la France des centaines de militants surentrainés prêts à rejoindre de nouveaux points de résistance.

L’Etat n’a donc pas lésiné pour tuer le problème dans l’oeuf et cinq escadrons de gendarmes ont ratiboisé la forêt. La cinquantaine d’occupants qu’abritait le camp du bois Lejuc s’opposent à la construction d’un gigantesque centre d’enfouissement des déchets nucléaires. A 500 mètres sous la surface du sol, un réseau de 300 kilomètres de galeries devra accueillir à terme 485 000 mètres carrés de déchets radioactifs, dans une couche du sous sol jugée “particulièrement stable”.

L’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) possède déjà un laboratoire-prototype, sorte d’avant poste d’essais et de prospection, qui fut plusieurs fois la cible des zadistes du bois Lejuc. Les agents de l’Andra ont écopé d’une sacrée patate chaude : la mission de planifier l’enfouissement de 80 000 mètre cubes de déchets radioactifs, qui resteront mortellement dangereux pendant 100 000 ans. Le chantier doit durer 140 ans. Et il ne s’agit que de stocker la production de déchets des 58 réacteurs et 19 centrales du parc existant, qui produit chaque année environ 200 fus de “moyenne” et “haute activité”.

On peut visiter le laboratoire de l’Andra, qui permet d’entrevoir la forme du futur site. Les efforts des décorateurs n’y font rien, il y règne une ambiance surréaliste de science fiction post-apocalyptique. Jusqu’à trouver un Monopoly dans les abris de survie. Pour les ceux qui y travaillent, le danger existe : en 2016 un homme est mort dans les galeries du laboratoire souterrain. Mais les zadistes et les éboulements ne sont pas la préoccupation la plus délicate des scientifiques de l’agence.

Il n’y a aucune nomenclature internationale sur la question de la gestion des déchets, et de la transmission des informations aux générations futures. Certains pays plaident pour “l’oubli” des sites de stockage, d’autres pour les laisser accessibles en cas d’évolution technologique permettant le recyclage. Comment, par ailleurs, avertir les générations futures du danger de certains sites, qui perdurera pendant 100 000 ans ? En langue morte plaident certains à l’Andra, en hiéroglyphes soutiennent les autres. On songe même à confier un rituel du souvenir aux églises, institution humaine la plus pérenne dans le temps, pour transmettre. Bref, on ne sait pas, mais l’agence a jusqu’à la fermeture du site en 2156 pour trancher. Ce que l’on sait par contre c’est que ce chantier cyclopéen devrait coûtera 25 milliards d’euros, et qu’il ne sera probablement pas suffisant. Une nouvelle ligne sur la facture du Nucléaire que devront payer nos petits-enfants.

Pour aller plus loin :

Sur l’évacuation de La ZAD

Sur le coût du site d’enfouissement

Crédits (cc)Non à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes / Flickr

1 Comment

  1. > en 2016 un homme est mort dans les galeries du laboratoire souterrain. Mais les zadistes et les éboulements ne sont pas la préoccupation la plus délicate des scientifiques de l’agence.

    Qu’en savez-vous que les « scientifiques de l’agence » ne se préoccupent pas des éboulements, voir de la mort d’un homme (suite à un éboulement) comme vous semblez l’insinuer ? Ecrire une chose pareil est faux… et honteux !

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