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Allemagne : pour la première fois, le diesel sera partiellement interdit

Allemagne : pour la première fois, le diesel sera partiellement interdit

 Hambourg, deuxième plus grande ville du pays, connaît un petit bouleversement. Les véhicules diesels antérieurs à 2015 ne pourront plus y circuler à certains endroits.

La mesure ne concerne que deux tronçons de rue, de respectivement 1.600 et 580 mètres. A ce niveau-là, nous ne pouvons rester que dans l’ordre du symbolique. Le symbole reste tout de même assez significatif, dans un pays qui a fait du diesel le fleuron de son industrie automobile. Faut-il toutefois rappeler qu’outre-Rhin, cette technologie reste fragilisée par le scandale des moteurs truqués par Volkswagen. En effet, entre 2015 et 2017, la part du diesel dans les ventes de voitures neuves est passée de 47,7 % à 38,7 %.

Une mesure symbolique mais pas anodine

Malgré tout, le diesel reste subventionné. Celui-ci, à parcours égal, consomme moins que l’essence. D’autre part, selon Bosch, numéro un de l’équipementier automobile, le « diesel aurait un avenir »… Un bon moyen de défendre sa récente technologie permettant aux moteurs diesels de réduire leurs émissions de CO2. Si ces nouveaux moteurs permettent de rester conformes aux normes environnementales, on ne va pas parler de révolution tout de suite. En effet, le diesel ne semble pas avoir dit son dernier.

Mesure symbolique donc, que cette interdiction des véhicules diesels à Hambourg. Il faut savoir qu’en plus d’être une mesure évidemment locale, il s’agit également d’une mesure partiellement appliquée puisque certains groupes d’habitants, parmi lesquels les artisans, auront droit à une exception. D’autre part, si la Cour administrative fédérale d’Allemagne a estimé que les véhicules diesels pourront être progressivement bannis des grandes métropoles, le gouvernement a dans le même temps refusé l’instauration de la vignette bleue, mécanisme national qui permettrait de contrôler ces véhicules.

Le diesel a la peau dure

Il faut dire que le gouvernement allemand est très proche du lobby de l’industrie automobile et qu’il tient absolument à conserver son ”bébé”, né en 1982 de l’ingénieur munichois Rudolf Diesel. Tout cela n’est pas pour laisser la population d’Hambourg et les défenseurs de l’environnement très optimistes. Nos confrères de Sciences et Avenir rapportent ainsi les interrogations de Félix, commerçant sur un des tronçons visés, qui se demande : « Qui veut contrôler ça ? » et d’ajouter : « Je soutiendrais la mesure si je la trouvais applicable, mais je ne pense pas que ça serve à quelque chose« .

Conservatisme industriel risqué dans une conjoncture peu favorable au diesel et à l’heure du développement des énergies renouvelables. “L’enfant allemand” pourrait rapidement perdre en compétitivité. Compétitivité pourtant chère aux allemands et thème sur lequel ils aiment faire la leçon.

Photo : Mercedes Classe E

Crédits : Wikimedia commons

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