Select Page

Quand on veut se la jouer « Jamais 2, sans 3 », mais sans l’équipe gagnante

Quand on veut se la jouer « Jamais 2, sans 3 », mais sans l’équipe gagnante

Un de nos socios propose un film à regarder pour les vacances de Noël. Il s’agit de Maman, je m’occupe des méchants, suite en demi-teinte de Maman, j’ai raté l’avion.

Après les deux succès, Maman, j’ai raté l’avion, et sa suite, Maman, j’ai encore raté l’avion, (plus de 500 Millions de Dollars rien que sur le sol US quand même), beaucoup ont dû être surpris que les producteurs n’exploitent pas plus le filon. En fait, cette franchise, titrée Home Alone en VO, soit littéralement « Tout seul à la maison », a bien plusieurs opus à son actif (5 au total), mais sont sortis dans l’indifférence générale. Le 3e opus qui nous occupe représente la 1ère tentative pour continuer la série… sans sa vedette.

Tout le monde se souvient du blondinet Kevin McCallister, interprété par Macaulay Culkin, âgé d’à peine 10 ans à l’époque, oublié de sa famille pendant les fêtes de Noël, d’où le « Home Alone » original, puis perdu à New York, Au vu du succès des deux films, la question qui pourrait tarauder certains ce serait « Tiens, comment ça se fait que l’on n’a pas revu le petit Kevin depuis ? » et la réponse se révèle plus compliquée que la simple intégrité artistique : d’une part, le concept s’avère difficilement déclinable à l’infini (oublié par sa famille, puis se trompant d’avion, et ensuite?), d’autre part, la vedette devenait de plus en plus difficile à gérer dans les coulisses, peu aidée par une ambiance familiale tendue.

Fausse suite, mais vrai remake… d’une Fenêtre sur cours ?

La solution trouvée au final ? Une simple suite-remake, à savoir que le film raconterait la même histoire à quelques variantes près, et où le personnage principal, pour éviter tout effet de répétition, est sobrement éjecté au profit d’un inédit coulé dans le même moule : bye Kevin McCallister, bonjour Alex Pruitt, joué par Alex D. Linz, plus jeune encore que Macaulay. Si, aux USA, le titre se la joue « Sur un malentendu, ça peut passer » en rajoutant juste un 3 au Home Alone de départ, en revanche, en France, la traduction choisie n’est pas parvenue à rendre explicite un quelconque lien, évoquant même plutôt un plagiat plus qu’une séquelle. Sérieusement, combien parmi vous avez deviné que derrière ce Maman, je m’occupe des méchants se cachait Maman, j’ai raté l’avion n°3 ?

De cette manière, l’une des différences, et elle est de taille, est que notre bambin n’est pas laissé à l’écart, du moins, il n’a pas raté ou s’est trompé d’avion, mais est simplement laissé seul à la maison… à cause d’une petite varicelle. L’air de rien, ce petit détail change complètement la dynamique de l’ensemble par rapport aux précédents films. Du coup, on peut comprendre la difficulté des traducteurs pour le titre vu qu’il n’y a plus d’avion dans l’histoire, à part celui que tente de prendre le père, mais ça aurait été un peu lourdingue : vous imaginez un titre à rallonge du style Maman, j’ai fait raté l’avion à Papa juste pour une scène ou deux qui en font menton ? Ainsi, alors que dans le premier, le petit Kevin ne faisait que défendre son foyer, dans Maman, je m’occupe des méchants, on est plus proche d’une Fenêtre sur Cours où Alex Pruitt imite James Stewart en surveillant le quartier avec sa longue-vue.

Lire aussi : « Le retour de la créature du Lagon » : Le films à regarder pour Halloween

Ensuite, on peut certes déceler quelques faux airs ici et là avec les personnages des films précédents, mais les familles McCallister et Pruit n’ont concrètement aucun lien de parenté. On pourrait mettre ce sentiment de déjà-vu sur le compte d’une des idées à la base du projet : il était effectivement prévu que ce Home Alone 3 soit centré sur un des cousins de Kevin (joué par Kieran Culkin, le vrai frère de Macaulay, star du premier film, vous suivez ?), mais vu qu’aucun des acteurs n’a voulu rempiler, l’idée a été jetée à la corbeille : même les Casseurs Flotteurs, les Laurel et Hardy de la cambriole, que l’on prenait plaisir à voir martyrisés par Kevin, dans la logique de Bee-Beep et Coyote, sont absents ; les « méchants » du titre, ce sont des voleurs censés être professionnels mais que notre bambin haut comme trois pommes parvient tout de même à malmener.

Que sauver dans ce 3e opus ?

Du coup, que reste-t-il à ce Home Alone 3 pour le lier aux 2 premiers ? Ben, l’exécution d’un simple cahier des charges et à un alignement de passages obligés hérités des films précédents : la musique est reprise pour retrouver par instant l’atmosphère du premier opus et l’intrigue s’avère un enchevêtrement rocambolesque (une puce électronique caché dans un jouet pour justifier la présence de ses malfaiteurs dans le quartier et notre très jeune héros qui se la joue Fenêtre sur Cours donc) pour nous amener à la situation du bambin qui va mettre la misère aux malfrats du coin. Ah sinon, au niveau des petites curiosités du casting, certains pourront reconnaître une Scarlett Johansson, la Black Widow des films Marvel, dans l’un de ses premiers rôles au cinéma, ici tout jeune, du haut de ses douze printemps.

Alors, avec beaucoup d’indulgence (oui, beaucoup, parce que c’est Noël, on est fatigué), nous pouvons trouver que ce n°3 n’est pas si mauvais (Alex D. Linz porte bien le film sur ses épaules), il est même dans la moyenne des comédies US de fin d’année. Son plus gros problème est de passer après 2 films devenus des incontournables, pour ne pas dire des classiques instantanées, et son principal souci est d’être victime d’un nivellement par le bas dans ses ambitions lors de ses différents stades de production : le réalisateur n’est plus Chris Colombus dont c’était le 3e long-métrage (son CV contient depuis Madame Doubtfire et quelques Harry Potter), mais Raja Gosnell, monteur des précédents volets et qui fait ici ses premiers pas derrière la caméra.

C’est donc surtout son manque de lien avec les Maman, j’ai raté l’avion qui aboutit au sentiment que le charme n’opère plus, que ce Maman, je m’occupe des méchants a des allures de film dérivé plutôt que suite et qu’à la revoyure, ce 3e opus (sorti au ciné, on le rappelle) a déjà tout des téléfilms qui vont suivre après.

Informations :

  • Maman, je m’occupe des méchants
  • Home Alone 3
  • USA
  • 1997
  • Réalisateur : Raja Gosnell
  • Distribution : Alex D. Linz, Kevin Kilner, Haviland Morris, Lenny von Dohlen, Rya Kihlstedt,…

Légende : Affiche du film

Crédits : Wikimedia commons

1 Comment

  1. Jean-Paul B.

    Bonjour,
    aucun rapport avec ce qui précède.
    Pourquoi Le Média ne nous dit rien sur la demande des Kurdes de Minbej (au Nord de la Syrie près de la frontière avec la Turquie) de voir l’armée nationale syrienne (l’armée du « régime » pour ceux qui sont drogués aux « informations » des médias dominants!) et de son alliée la Russie, venir les protéger d’une probable attaque turque. Pas les moyens de suivre l’info ou blocage « idéologique » contre Bachar/Poutine?
    Pour remédier à cette carence,je mets en ligne un article du journal La Croix (!).
    https://www.la-croix.com/Monde/Syrie-armee-annonce-entree-Minbej-appel-Kurdes-2018-12-28-1300992107

    Réponse Signaler un abus

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Signez la pétition !

Devenez Socio

Derniers Tweets

Pin It on Pinterest

Share This

Partagez cet article

Avec vos amis !