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« Le Retour de la Créature du Lagon » : le film à regarder pour Halloween

« Le Retour de la Créature du Lagon » : le film à regarder pour Halloween

Qui dit Halloween, dit sorcières et autres diableries, mais dit aussi monstres en tout genre.

En ce 31 Octobre, beaucoup de cinéphiles parmi les plus sérieux vont sûrement célébrer cette soirée avec un énième visionnage du classique Halloween : La Nuit des Masques de John Carpenter (qui voit d’ailleurs un nouvel opus sortir dans les salles obscures), d’autres avec un film d’horreur, peut-être aussi illustre ou plus lambda, histoire de rester dans la thématique tout en affichant leur singularité. Et pour rester dans le domaine festif, je vous propose de nous pencher sur un titre obscur, du genre à fréquenter volontiers les bacs DVD d’occasion que les grilles des chaînes télés. Parfait pour une soirée pop-corn. Attention, on met la galette dans le lecteur, on appuie sur « Play » et place à : Le Retour de la Créature du Lagon, ou Return of The Swamp Thing en VO.

Retour à l’enfance

Oui, vous pouvez passer direct au Retour, sans regarder le premier volet, qui se titre chez nous La Créature du Marais, et non du Lagon. Ne cherchez pas à comprendre. Ou alors vous faites carrément une soirée La Créature du Marais, c’est selon vos goûts. Sachez seulement que les deux films ne dansent pas dans la même catégorie : le premier se veut une adaptation premier degré, même si un peu loupé, le second est un pur délire à faire passer les Sharknado (vous savez, les films avec les requins dans des tornades) pour un modèle de sobriété. Alors, attention, derrière Le Retour de la Créature du Lagon, c’est un cinéma qui nous ramène à un autre âge, celui que l’on idolâtrait tout gamin, quand la vision d’un monstre en carton suffisait à faire notre bonheur.

En cela, rien que le générique est tout un programme : un montage de planches à comics mettant à l’honneur la créature du film, avec Born On the Bayou de Creedence Clearwater Revival en fond sonore. Alors que la scène pré-générique nous l’intronisait déjà en super-héros du marais (en fait, c’est le justicier du coin) bien loin de la créature tapie dans l’ombre du premier volet, les deux à trois minutes qui suivent enfoncent le clou pour confirmer que le spectacle auquel nous avons affaire se veut un hommage décalé et potache à toute une culture populaire : couleurs bariolées, postures des personnages de plus en plus saisissantes, mouvement de l’objectif (zoom arrière et autres rotations) pour rendre justice aux perspectives iconiques en diable de la créature et j’en passe. Tout ça pour nous mettre en appétit sur la dimension toute en allégresse du film en contrepoids à l’amateurisme que l’on a pu constater quelques minutes plus tôt.

En cela, il faut bien avouer que la première scène (des chasseurs du dimanche parcourent un marécage), entre les jeux des acteurs et le décor qui sent le studio à des kilomètres (on discerne même les murs à certains endroits), n’étaient vraiment pas là pour rassurer le spectateur lambda. En revanche, à la lecture du générique, les connaisseurs, eux, si ils n’ont jamais entendu parler de la réputation de ce Retour, devraient tiquer sur quelques noms : passons sur Dick Durock, un acteur et cascadeur, qui rempile sous le costume de la créature, pour nous intéresser à Louis Jourdan, un acteur qui a connu son heure de gloire durant les années 40/60 (au moins un Alfred Hitchcok dans sa filmographie et il a été un méchant dans un James Bond, Octopussy période Roger Moore), Heather Locklear (ça vous dit quelque chose Dynastie ? Melrose Place ?) dans le rôle de la demoiselle en détresse de service, mais surtout le réalisateur Jim Wynorski. Alors, ce dernier, je pense sincèrement qu’à la simple évocation de son nom, les fans du comics ont abandonné tout espoir d’avoir une adaptation digne de ce nom : Wynorski est un peu la caricature du cinéaste qui préfère aligner les dames aux formes plantureuses devant l’objectif, pour appâter le chaland, plutôt que de travailler ses scripts. Vous voilà prévenus maintenant.

Entre amateurisme assumé et hommage décomplexé

Nous retrouvons ce petit monde dans un coin perdu, près d’un marais donc. Le docteur Arcane, joué par Louis Jourdan, est occupé à ses travaux sur la jeunesse éternelle, aidé par une équipe de chercheurs (ce qui nous vaut un laboratoire rempli de mutants, si vous aimez les monstres en caoutchouc, vous allez être servis) et protégé par une milice privée, avec des soldats de la gent féminine aux wonderbras bien remplis. Notre vilain de service est un parfait croisement entre le docteur Frankenstein et les mégalos des James Bond. Quant à la créature du marais, elle se contente de maintenir l’ordre dans le bayou, au point d’attirer l’attention de deux gamins cherchant vainement à prendre une photo de lui comme si c’était le monstre du Lock Ness. Alors que notre créature ne fait pas vraiment attention à se cacher. Tout aurait pu en rester là si la fille du bon docteur, Heather Locklear, ne s’était pas mis dans l’idée de débarquer à l’improviste.

Jusque là, le film est déjà bien barré (mention spéciale à Dick Durock qui s’éclate à jouer les redresseurs de torts paternalistes), et le moins que l’on puisse dire est que la suite est du même acabit. Suite à un repas houleux avec son père, Heather Locklear s’en va gambader dans le marais où elle rencontre ladite créature qui la sauve de deux habitants malveillants du coin. Une romance s’ensuit qui se veut dans la lignée de La Belle et la Bête, sauf qu’elle se révèle bien plus improbable. Bon, évidemment, c’est à chacun de savoir où placer son curseur, mais un coup de foudre réglé en deux ou trois répliques du genre « Et y a t-il une madame créature du marais ? » vous comprendrez que j’ai du mal à garder mon sérieux.

De cette manière, le film parvient toujours à osciller dans ses eaux-là, entre amateurisme assumé (je suis sûr que les 3/4 du casting font exprès de jouer mal) et hommage décomplexé : il faut voir la Heather Locklear en tenue légère gambader pied nu dans le laboratoire, comme une demoiselle en détresse sorti tout droit d’une couverture de pulp. D’ailleurs, je ne saurais trop vous dire qui est, finalement, la vraie star du film ? Dick Durock, l’acteur-cascadeur, qui s’éclate dans le rôle-titre ? Ou Heather Locklear ? Toutes ses minauderies lui ont même valu le Razzie Awards de la Pire Actrice cette année-là. Il est vrai que son cabotinage peut en agacer certain tout en rajoutant du charme à l’ensemble, c’est selon.

Et encore, si il n’y avait que ses deux intrigues (les recherches du Docteur Arcane et la romance de la Créature avec la demoiselle Locklear) pour tenir le film, il n’y aurait pas de quoi en faire tout un fromage, mais même parmi les seconds rôles, il y a du gros pétage de câble dans l’air. D’un côté, nous avons la garde rapprochée du docteur qui se perd dans des simagrées de toutes sortes (sans rire, où le Docteur a trouvé ces mercenaires ? Et il les paie combien ?), et de l’autre, les deux enfants du début qui reviennent sporadiquement tout au long du film. Tout cela permet à ce Retour de la Créature du Lagon de maintenir un rythme de croisière à son délire potache qui se serait bien étiolée sinon.

Donc soyons clair, ici nous avons affaire à un film qui n’est pas destiné à marquer l’Histoire du cinéma d’une pierre blanche, c’est clair. Mais après une pizza, une tournées de bonbons et une soirée bien arrosée, c’est nickel.

Informations :

  • Le Retour de la Créature du Lagon
  • The Return of the Swamp Thing
  • USA – 1989
  • Réalisateur : Jim Wynorksi
  • Avec : Dick Durock, Heather Locklear, Louis Jourdan, Sarah Douglas,…

Légende : Affiche du film

Cérdits : Lightyear Entertainment

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