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Deux pages du journal d’Anne Frank ont été retrouvées où elle y parle de sexualité

Deux pages du journal d’Anne Frank ont été retrouvées où elle y parle de sexualité

La jeune fille avait caché ces pages grâce à du papier kraft. On y découvre l’autre visage d’Anne Frank, celle qui découvre son corps et l’intimité des adultes.

28 septembre 1942. « Je vais utiliser cette page pour consigner des blagues salaces », Anne Frank prévient. Ainsi commencent les cinq phrases barrées, quatre blagues et trente-trois lignes sur l’éducation sexuelle et la prostitution, que des chercheurs de la Maison Anne Frank ont réussi à décrypter ce mardi 15 mai 2018.

Le musée d’Amsterdam a expliqué avoir réussi à lire le contenu de ces passages inédits grâce à un traitement photographique. Comme vous pouvez le voir sur cette photo la jeune fille âgée de 13 ans, avait collé les pages et apposé du papier kraft pour préserver son intimité.

Anne Frank avait fait part de ses inquiétudes si son père venait à trouver son journal intime. Le 3 octobre 1942, elle écrivait : « Papa grogne à nouveau et menace de me prendre mon journal. Horreur des horreurs, à partir de maintenant, je vais le cacher. »

Anne Frank, une jeune fille à la découverte de la sexualité

« Un garçon n’est pas aussi compliqué d’en bas qu’une fille, je crois. Sur les photos ou les reproductions d’hommes nus, on voit quand même très bien comment ils sont faits, mais pas les femmes », écrit Anne Frank, dans la partie consacrée au sexe féminin. Sexe invisible, sexe cachée, sexe tabou, la petite fille qui se transforme alors en femme l’a bien compris.

Elle poursuit : « Le trou en dessous est si minuscule que je n’arrive presque pas à m’imaginer comment un homme peut y entrer, et encore moins comment un enfant entier peut en sortir. On arrive tout juste à faire entrer l’index dans ce trou, et non sans mal. Voilà tout, et pourtant cela joue un si grand rôle ! »

Avec candeur, Anne Frank évoque aussi la prostitution : « Tous les hommes, s’ils sont normaux, vont avec des femmes, des femmes comme ça les accostent dans la rue, et ensuite, ils partent ensemble. A Paris, ils ont de grandes maisons pour ça. Papa y est allé. »

Vendus à plus de 30 millions d’exemplaires à travers le monde, ces pages du Journal d’Anne Frank étaient jusqu’à lors inconnues du public. La Maison Anne Frank a fait part de l’importance de la transmission de ces deux pages manquantes : « Pendant des décennies Anne est devenue un symbole mondial de l’Holocauste, et Anne « la jeune fille » a été relayée au second plan. Ces textes replacent au premier plan la curieuse et, à maints égards, précoce adolescente. »

Le jour de la découverte, Ronald Leopold, le directeur de la Maison d’Anne Frank, a commenté cette joyeuse trouvaille : « Anne Frank écrit sur la sexualité de manière désarmante. Comme tous les adolescents, cela suscite sa curiosité. »

Extrait du texte retrouvé sur le sexe féminin:

« Un garçon n’est pas aussi compliqué d’en bas qu’une fille, je crois. Sur les photos ou les reproductions d’hommes nus, on voit quand même très bien comment ils sont faits, mais pas les femmes. (…) Les choses sont tout de même très bien organisées chez nous, avant d’avoir onze ou douze ans, je ne savais pas qu’il existait en plus les petites lèvres, on ne pouvait absolument pas les voir. (…) Quand j’ai demandé une fois à Maman à quoi servait cette excroissance, elle m’a dit qu’elle ne le savait pas, pas étonnant, elle a toujours de ces réactions stupides !

Mais pour en revenir à notre sujet, comment faire pour en décrire la composition, sans exemple à l’appui ? Et si je m’y essayais ici pour voir ? Allons-y.

Devant, quand on est debout, on ne voit rien que des poils, entre les jambes se trouvent en fait des espèces de petits coussinets, des choses molles, elles aussi couvertes de poils, qui se touchent quand on se met debout, à ce moment-là, on ne peut pas voir ce qui se trouve à l’intérieur. Quand on s’assoit, elles se séparent, et dedans c’est très rouge, vilain et charnu. Dans la partie supérieure, entre les grandes lèvres, en haut, il y a un repli de peau qui, si l’on observe mieux, est une sorte de petite poche, c’est le clitoris. Puis il y a les petites lèvres, elles se touchent, elles aussi, et forment comme un repli. Quand elles s’ouvrent, on trouve à l’intérieur un petit bout de chair, pas plus grand que l’extrémité de mon pouce. Le haut de ce bout de chair est poreux, il comporte différents trous et de là sort l’urine. Le bas semble n’être que de la peau, mais pourtant c’est là que se trouve le vagin. Des replis de peau le recouvrent complètement, on a beaucoup de mal à le dénicher. Le trou en dessous est si minuscule que je n’arrive presque pas à m’imaginer comment un homme peut y entrer, et encore moins comment un enfant entier peut en sortir. On arrive tout juste à faire entrer l’index dans ce trou, et non sans mal. Voilà tout, et pourtant cela joue un si grand rôle ! »

Anne Frank

 

4 Comments

  1. Orwelle

    Il s’agit d’un journal intime. Qui plus est, Anne Frank a « caché ces pages grâce à du papier kraft ». Je ne les ai donc pas lues. Publier ce texte est, à mon avis, une atteinte à la vie privée et dénote une absence de respect pour son auteure, qui n’a même pas la possibilité de se défendre. Que « Marianne » mette cela en ligne ne m’étonne pas beaucoup car ce site a parfois des pratiques racoleuses, mais que Le Mediapresse fasse de même me déçoit beaucoup.

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    • modivangogh

      Un manque de respect ? Et se défendre de quoi ? Bien au contraire je trouve cela très touchant. Anne était tout simplement un être humain, une petite femme, elle était une adolescente qui découvrait son corps comme des milliers d’adolescentes. Ce texte m’attriste et m’émeut.

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      • Orwelle

        Se défendre contre le fait qu’on donne à lire sur internet des confidences qu’elle cherchait à cacher.
        C’est peut-être logique de ne pas comprendre dans une société qui abreuve de téléréalité, et où on ne sait plus distinguer ce qui relève de la sphère privée.

  2. christian xerri

    Quelques lignes « confidentielles » jusqu’à ce jour, mais rien de bien personnel. A chacun d’apprécier et personne n’est obligé de les lire, il en va ainsi de bien des « libertés ». Ma mère me disait: si tu n’aimes pas, nul besoin d’en dégoûter les autres », elle a toujours raison car la liberté de chacun ne s’impose à personne, sauf aux moralistes violents.

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