« Amour et Amnésie » : Un film pour la Saint-Valentin

« Amour et Amnésie » : Un film pour la Saint-Valentin

Quand un séducteur sur une île paradisiaque tombe amoureux d’une femme atteinte d’une amnésie très spéciale.

Alors les comédies aux USA, c’est un peu comme en France, il y a plusieurs troupes qui font école. Dans l’Hexagone, nous avons eu le Splendid, puis les Inconnus, puis les Nuls. Aux États-Unis, ils ont l’émission Saturday Night Live qui est, encore aujourd’hui, un vivier de talents : les Blues Brothers et SOS Fantômes viennent de là.

De cette manière, visionner une comédie US sans connaître au préalable le parcours des acteurs à l’affiche, c’est prendre le risque de ne pas pouvoir apprécier l’humour de ladite comédie à sa juste valeur, en raison des références et de la verve particulière des auteurs. C’est un peu comme découvrir La Cité de la Peur et Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre sans avoir vu un seul sketch des Nuls. Rajoutez à cela, la problématique de chaque comédie à, simplement, se singulariser au milieu de la masse (on ne va pas se mentir, au moins une comédie US sort par semaine dans les salles) et vous aurez une petite idée de la difficulté de tous les talents à émerger.

Kezako Adam Sandler ?

Ainsi, le Amour et Amnésie (ou 50 First Dates, littéralement les 50 Premiers Rendez-Vous) qui nous intéresse ici, est une comédie « à la sauce Adam Sandler » et le Adam Sandler en question a tout de même plus de 20 ans de carrière en tête d’affiche derrière lui. Sortant du Saturday Night Live, révélé par la comédie farfelue devenue culte Radio Rebels de 1995, où il avait comme partenaire Brendan Freiser, le futur héros de la trilogie La Momie, et un Steve Buscemi qui sortait tout juste de Pulp Fiction, excusez du peu. Depuis, Sandler alterne les délires potaches (The Waterboy, Demain, on se marie) et d’autres plus dramatiques, comme Bid Daddy et Punch-Drunk Love.

D’ailleurs, ceux qui ont vu Demain, on se marie (dont les fans préfèrent son titre original de The Wedding Singer, soit « le chanteur de noce ») ne devraient pas être surpris que l’une des astuces pour se démarquer du tout venant est simplement de jouer avec les codes du genre, schémas pré-établis et autres clichés. En cela, la note d’intention est claire : le prologue nous montre des femmes de différent milieux sociaux qui racontent leur coup de foudre pendant des vacances sur une île, suivi d’une nuit torride pour se conclure par une rupture aux motifs de plus en plus extravagants. Les motifs en question allant du simple « En fait, je suis déjà marié » à « Je suis un agent secret et on m’appelle pour une nouvelle mission ». On comprend que, d’une part, l’événement décrit ressemble à un rebondissement d’un roman-photo (digne d’un Harlequin), et d’autre part, le personnage réellement introduit ici n’est pas visible à l’écran mais est présent via les discussions : le dragueur invétéré, joué par Adam Sandler donc, qui multiplie les conquêtes d’un soir, malgré ses airs de doux crétin.

Avec cette répétition à outrance (une dizaine de personnages sont balayés en 2 minutes montre en main), si l’on a lu le synopsis avant d’entrer en salle, on saisit d’emblée la mécanique mise en place : celle de l’arroseur arrosé. En effet, notre dragueur va rencontrer sur son chemin une nouvelle conquête potentielle, Drew Barrymore (Scream, Charlie et ses drôles de dames), et quel n’est pas son désappointement lorsque, dès le lendemain, celle-ci aura tout oublié de son existence. Cette situation, inédite pour lui, s’explique pour la simple raison que la demoiselle souffre d’une amnésie particulière, d’un problème de mémoire à court terme : elle oublie tout ce qui s’est passé la journée d’avant, autrement dit, pour elle, ce n’est que le même jour qui passe et repasse, au grand dam de ses proches.

Un coup de foudre sans fin

Ce détail constitue une astuce scénaristique qui renvoie un autre long-métrage sans tomber dans le plagiat : Un jour sans fin sorti en 1993, réalisé par Harold Ramis, avec Bill Murray alias le Peter Venkman de SOS Fantômes. Dans ce dernier, c’était une boucle temporelle qui faisait revivre le même jour au personnage principal, météorologue de son état, du coup coincé dans une petite bourgade. Ici, nous avons donc une situation inverse avec ce problème d’amnésie, puisqu’un seul personnage est touché par cette boucle. Ladite amnésie enclenche alors le vrai enjeu du film : comment vivre une relation durable lorsque sa partenaire ne vous connaît plus le lendemain ? Dans un premier temps, d’ailleurs, cela va contraindre notre séducteur à user de tous ses trucs et astuces pour reconquérir encore et encore la blonde de ses rêves (d’où le 50 Premiers Rendez-Vous du titre original), au même titre que Bill Murray à l’époque.

Un autre point commun entre les deux films : la description de l’amnésie et de la boucle temporelle très vite expédiés. D’un côté, aucune circonstance n’explique l’origine du bug dans lequel est enfermé le météorologue de Un jour sans fin, donnant un côté conte de fée au film de Ramis. De l’autre, l’accident de voiture et l’état de santé sont traités en quelques minutes (on comprend que le cerveau est touché et que son état est incurable, mais on ne s’épanche pas plus que ça) et donne l’impression que la fonction du docteur n’est d’être qu’un prétexte pour l’arrivée d’un guest connu aux USA. Oui, l’acteur jouant ledit docteur est un comique avec une certaine notoriété, je ne dis rien pour ne pas gâcher la surprise. Juste un indice : lui aussi vient du Saturday Night Live et a joué dans SOS Fantômes.

Dès lors, aux spectateurs d’accepter le jeu de cette superficialité : les acteurs en roue libre qui cabotinent à outrance (c’est l’une des caractéristiques des comédies à la sauce Adam Sandler, ça passe ou ça casse, et à ce titre Rob Schneider et Sean Astin s’en donnent à cœur joie) et même l’île semble tiré d’un magazine touristique. Le réalisateur Peter Segal a alors tout loisir pour rendre ses personnages vraiment attachant au point de rendre le final vraiment touchant. C’est un peu là la bonne surprise du film : alors que la verve comique s’étiole, nous nous attendrissons pour des protagonistes au premier abord agaçant.

Fiche technique :

Amour et Amnésie
50 First Dates
USA – Réalisateur : Peter Segal – 2004 – Interprètes : Adam Sandler, Drew Barrymore, Blake Clark, Sean Astin, Rob Schneider,…

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