Catégorie : Actualités

Des ophtalmologues demandent une suspension de l’utilisation du LBD

De nombreux ophtalmologues alertent le président Macron sur l’utilisation des LBD. Dans une lettre ouverte publiée par le JDD, ils dénoncent les séquelles irréversibles que provoque l’utilisation de ces armes. Une vingtaine de personnes ayant subi de graves blessures aux yeux ont été recensées.

« Monsieur le président, les blessures oculaires survenues ces dernières semaines ne sont pas dues au hasard ou à l’inexpérience ». Ils sont 35 ophtalmologues et ou professeurs à l’université à avoir écrit à Emmanuel Macron. Cette lettre dénonciatrice, rédigée le mois dernier, a pour objet de réclamer un « moratoire » sur les lanceurs de balles de défense (LBD) utilisés par les forces de l’ordre. Un moratoire désigne le fait d’accorder un délai ou une suspension volontaire d’une action. Selon le JDD, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a promis de recevoir ces ophtalmologues.
Les blessures graves aux yeux ne cessent d’augmenter et le nombre de manifestants blessés dépasse les 2 000. Des chiffres alarmants qui ne s’arrêtent pas là : depuis le début de la mobilisation, les forces de l’ordre ont procédé à 13.000 tirs de LBD.
« L’essentiel des accidents concernent la période récente et, dans la majorité des cas, ce sont des lésions irréversibles. »
Les médecins signataires de la lettre ont mis en place en 2014 dans l’ensemble des CHU de France une cellule de veille pour recenser les blessures oculaires liées à des tirs de LBD. Cette cellule a permis de dénombrer 20 éborgnés. Bahram Bodaghi, professeur et ophtalmologiste à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, indique que l’étude menée par la cellule fait état d’un triste constat:

« On a mené une enquête épidémiologique, au niveau de l’ensemble de tous les CHU. Le détail des lésions et leur évolution durant plusieurs années ont ainsi pu être répertoriés. Sans surprise, l’essentiel des accidents concernent la période récente et, dans la majorité des cas, ce sont des lésions irréversibles ».

Les dégâts causés par les LBD peuvent provoquer des séquelles irréversibles. Bahram Bodaghi témoigne de la capacité de destruction de ces armes : « On a vu arriver des personnes atteintes de lésions oculaires ou faciales très graves. La plupart donnent lieu à des séquelles irréversibles, des pertes totales de la vision ».
L’objet de cette lettre, rendue publique depuis peu, sera-t-il entendu par Emmanuel Macron ? Le président de la République, lors d’une étape du grand débat le 7 Mars dernier, à Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) a répondu à une manifestante :
« Ne parlez pas de « répression » ou de « violences policières », ces mots sont inacceptables dans un état de droit ». Des propos assurés, cependant contredits par les 83 enquêtes actuellement menées par l’IGPN sur les tirs de LBD par les forces de l’ordre.
Légende: CRS armé d’un LBD
Crédits: Zakaria ABDELKAFI/AFP

Les aveux d’Ismaël Emelien dans l’affaire Benalla

Ismaël Emelien, ancien conseiller spécial d’Emmanuel Macron est à nouveau mis en cause dans l’affaire Benalla. Il a affirmé à l’AFP ce vendredi qu’il a été entendu par l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) le 16 janvier. Ismaël Emelien est soupçonné d’être impliqué dans la diffusion illégale sur twitter d’images de vidéosurveillance en lien avec les violences du 1er Mai.
Celui qui avait démissionné de son poste, début février dernier, « pour publier son livre sur le progressisme », risque de faire couler à nouveau beaucoup d’encre.
Pour comprendre ce nouveau rebondissement, il faut effectuer un saut dans le passé. Il faut retourner au 19 juillet 2018 plus précisément. Il est presque 4h du matin quand le compte twitter pro macroniste @frenchpolitic vient à la rescousse d’Alexandre Benalla, en publiant une vidéo. Cette vidéo est issue de caméras de surveillance de la manifestation du 1er mai. Celle-ci selon le compte @frenchpolitic montre que l’une des deux personnes que Alexandre Benalla avait violenté ce jour-là était venu manifester avec en tête la « volonté de casser du flic ».

S’ensuit alors l’ouverture d’une enquête judiciaire pour faire la lumière sur cette fuite d’images jugées protégées et confidentielles. Très rapidement, les soupçons se dirigent vers Ismaël Emelien. Intime de Macron et spécialiste de l’opinion et de la communication, il aurait pu jouer un rôle dans la publication de cette vidéo.
Des éléments s’accumulent et les magistrats en charge de cette affaire estiment posséder des charges suffisantes. C’est à ce moment que le conseiller spécial de Macron décide de démissionner, afin de se concentrer sur ses « projets personnels ».
Cependant, les moyens par lesquels Ismaël Emelien s’est procuré ces images restent encore non définis. La veille de la publication des images sur Twitter, trois hauts gradés de la préfecture de police de Paris sont entrés en contact avec Alexandre Benalla pour la remise de ces images. Sous la forme d’un CD Rom. C’est l’élément qui a permis l’ouverture de cette enquête judiciaire. Ces fonctionnaires ont été mis en examen pour « violation du secret professionnel » et « détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection ».
Néanmoins Alexandre Benalla a tenté de faire disculper Ismaël Emelien, durant sa garde à vue du 20 juillet, en indiquant que cette vidéo a été apportée au conseiller spécial de Macron, dans la matinée du 19 juillet, par conséquent après la fuite sur Internet.
Les enquêteurs ont par la suite prouvé que cela ne pouvait être vrai. Ils ont appliqué un « bornage » permettant d’affirmer que les téléphones d’Ismaël Emelien et Alexandre Benalla se trouvaient à proximité durant la nuit du 18 au 19 Juillet. De plus les deux anciens salariés de l’Elysée ont échangé des SMS aux alentours de 2h du matin le 19 juillet.
Légende: Alexendre Benalla

Crédits: Capture d’écran/Public Sénat

La colère des douaniers de Calais et Dunkerque prend de l’ampleur

Depuis ce lundi, des kilomètres de bouchons se forment à l’entrée du tunnel sous la Manche ; des centaines de poids lourds se retrouvent à l’arrêt ou ralentis sur l’A16. Trois cents douaniers regroupés dans la zone de Calais (Pas-de-Calais) et soixante-dix dans celle de Dunkerque renforcent les contrôles à proximité de la frontière, provoquant un ralentissement de la circulation. Ces agents de la douane réclament des moyens supplémentaires.
« Nous y sommes depuis dimanche minuit et cette situation risque de perdurer et de se décupler si les conditions de travail des douaniers ne s’améliorent pas. Avec le Brexit, il y aura des droits et des obligations supplémentaires pour les usagers et donc un durcissement des règles. Cela provoquera des bouchons et des problèmes logistiques. Nous renforçons les contrôles pour demander l’amélioration de nos conditions de travail », indique au Médiapresse David-Olivier Caron, secrétaire général CFDT-Douanes.
« On illustre ce que va provoquer le Brexit si nos moyens restent les mêmes »
Les propos de David-Olivier Caron, secrétaire général CFDT-Douanes, sont clairs, les conditions actuelles de travail des douaniers sont difficiles. Horaires de nuits, travaux rugueux… C’est le quotidien de ceux qui assurent entre autres le transport et la réception de marchandises.
« Le Brexit n’est qu’un catalyseur des problèmes qui persistent chez nous. Les employés font face à une réelle pénibilité, le nombre de personnes qui travaillent de nuit ne fait qu’augmenter. Chez nous, les heures de nuit sont très peu payées ; les conditions de travail vont se dégrader de plus en plus. Il faut une augmentation des rémunérations. »
D’ici la fin de l’année 2019, environ 700 personnes devraient épauler les équipes en place, selon David-Olivier Caron, qui confirme que le secteur a délivré des promesses d’embauche. Non sans émettre ensuite un bémol.
« Dès le début du Brexit, tous ces futurs agents ne seront pas présents, et ils auront besoin de temps pour être pleinement formés », énonce-t-il avec flegme. De plus, le secrétaire général de CFDT-Douanes insiste sur le manque d’infrastructures. « Des locaux doivent être construits, néanmoins ils ne sont pas toujours sortis de la terre, il y a un manque véritable d’outils, ce qui ne nous permettra pas d’affronter un tel choc. »
Un manque de moyens humains et matériels pour les douaniers qui, selon David-Olivier Caron, ne risque pas d’être résolu dans l’immédiat.
Le syndicat CFDT-Douanes appelle à continuer ces contrôles de manière illimitée.
Légende: Douanier
Crédits: Denis Charlet/AFP

La lettre ouverte ultimatum des Stylos Rouges à Jean-Michel Blanquer

Le mouvement des Stylos rouges veulent continuer la lutte et ont voulu lancer un dernier ultimatum au président de la République, au Premier ministre et au ministre de l’Éducation nationale. « L’École de la République incarne l’avenir de notre société et est, à ce titre, son meilleur investissement », explique la lettre.
En outre, les Stylos rouges déplorent la surdité gouvernementale vis-à-vis des « dysfonctionnements du système » que le mouvement tente de mettre en lumière. Ainsi le personnel de l’Éducation investi dans la lutte demande à ce que le « ministère [de L’éducation nationale] engage avant le 15 avril des réunions avec des membres Stylos Rouges ». Il en va de l’avenir des élèves et de leurs conditions d’apprentissage.
Pour lire la lettre des Stylos Rouges
Légende : Rassemblement près du ministère de l’Éducation nationale
Crédits: Irving Magi/ Le Média

Réformes Blanquer : les enseignants organisent la riposte

Le projet de loi pour une école de la confiance a été adopté hier par l’Assemblée nationale et après le vote d’un amendement polémique, la semaine dernière, obligeant les salles de classes à arborer les drapeaux français et européens, les établissements scolaires n’abandonnent pas la lutte et organisent la riposte.
Lycéens et enseignants étaient, mardi 12 février dernier, au métro Solférino pour tenter un rassemblement devant le ministère de l’Enseignement national. Ledit rassemblement a été empêché par les forces de l’ordre, qui faisaient barrage, contraignant la mobilisation à rester sur le Boulevard Saint-Germain. Une assemblée générale (AG) des « lycées franciliens » s’est également tenue dans l’après midi pour organiser la suite du mouvement. Un temps fort de grève et un nouveau rassemblement est prévu cet après-midi.
L’école de la confiance, ou l’école sous tutelle
Parmi les points de friction principaux, on trouve le « devoir d’exemplarité », qui figure dans le tout premier article du projet de loi pour « une école de la confiance ». Les enseignants et les syndicats craignent, en conséquence, que leur liberté d’expression soit entravée. D’autant qu’en cas de non-respect de cet article, les enseignants pourraient faire l’objet de sanctions. Du côté des stylos rouges, on déplore une tentative d’omerta. « Après la campagne #PasDeVague, le ministère de l’éducation nationale a voulu nous faire taire » nous confie Arnaud Fabre, professeur de collège agrégé et membre des stylos rouges. Même si cet article premier ne vise pas la liberté pédagogique des enseignants, on peut tout de même craindre qu’il s’agisse d’une étape pouvant nous y conduire.
Le projet de loi prévoit également que les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espé) soient remplacées par des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation. Initialement rattachée au ministère de l’enseignement supérieur, puisque délivrant un master, la formation des enseignants se retrouverait dans le giron du ministère de L’Éducation nationale. Un problème car, d’une part, cela pourrait remettre en cause l’autonomie des formations proposées et, d’autre part, la formation viendrait à être éloignée de la recherche universitaire en matière d’éducation et de pédagogie, pourtant essentielle à une formation de qualité. Jean-Michel Blanquer pourrait ainsi avoir tout loisir de chapeauter le contenu de la formation et le recrutement, remettant en cause la liberté pédagogique des professeurs.
Le scepticisme est identique concernant les Cnesco, l’organisme indépendant chargé d’évaluer le système scolaire. « La loi projette de supprimer [l’organisme en question] avec ses remarquables conférences de consensus qui permettaient de croiser les apports de la recherche et expériences des acteurs pour faire avancer l’école. En le remplaçant par un conseil d’évaluation rattaché au ministère, le ministre montre sa volonté d’être juge et partie », explique, à nos confrères de l’Huma, Francette Popineau, co-secrétaire générale et porte-parole du SNUipp-FSU.
Cette loi « pour une école de la confiance » apparaît comme la goutte d’eau… Elle vient s’ajouter à la réforme du lycée et à Parcoursup, déjà votés l’an dernier, ainsi qu’aux suppressions de postes prévues par le projet de loi de finance 2019. Les suppressions de postes posent évidemment un problème dans la mesure où les classes de REP et REP+ sont censées être dédoublées et où les nouvelles spécialités prévues par la réforme du lycée pourraient être très contraignantes en termes de volume horaire. « On va réduire le nombre d’heures de cours », nous explique Arnaud Fabre. « De plus, certaines spécialités seront incompatibles avec d’autres. On donne l’impression d’élargir les choix pour les élèves mais en fait, c’est tout le contraire. On ne fait finalement que reconstituer les filières », ajoute-t-il.
Objectif : libéraliser l’école ?
Les enseignants en lutte ne l’oublient pas ; tout cela pourrait participer à la logique de libéralisation des services publics, voulue par le rapport Comité action publique 2022 (CAP22) et le gouvernement d’Emmanuel Macron.
Lire aussi : L’État veut confier les services publics à des agences « indépendantes »
CAP22, c’est ce rapport publié à l’automne dernier et qui donnait ses suggestions en matière de réorganisation des services publiques. Parmi ces suggestions, on pouvait trouver celle concernant les agences publiques-privées, censées incorporer 10% du « monde économique » et prendre en charge une grande partie des missions du ministère. « Cinq ministères clés verront la grande majorité de leurs missions confiées à des opérateurs », expliquait le rapport. Avec pour objectif « d’apporter plus de souplesse aux employeurs publics » ; soit casser le statut de la fonction publique. « De plus en plus d’enseignants, notamment dans les lycées professionnels, sont sous contrats privés », nous dit-on. Derrière tout cela, la question des heures supplémentaires posent également problème. « Sachant qu’en moyenne, un professeur travaille 42 heures par semaines, la mesure consistant à imposer une seconde heure supplémentaire est absurde », estime-t-on, du côté d’Arnaud Fabre.
L’objet de la réforme ne serait-il pas, encore une fois, de faire des économies et d’ouvrir encore un peu plus les services d’éducation au privé ? À propos de l’école du socle, « cela n’a aucun sens, les directeurs d’école devront assurer les cours et on va demander aux principaux de collèges de diriger à distance des écoles dont ils ne connaissent rien. Finalement, on ne fera que supprimer des postes de directeurs », nous explique Arnaud Fabre.
Quant aux diminutions d’heures de cours et de soutien, en plus de poser des problèmes « logistiques », laissent aussi craindre que le soutien scolaire privé (comme Acadomia) ne se taille la part du lion. « Les familles voudront compenser les défauts de L’Éducation nationale », précise le stylo rouge.
La réforme de la formation des enseignants pourrait également participer à cette libéralisation. Elle pourrait légitimer l’utilisation toujours plus accrue des contractuels et d’enseignants sous-payés… et sous formés. Ce sera déjà le cas avec la mesure concernant la formation des surveillants. Mais, si l’on en croit des professeurs de l’université Paris Est Créteil que Le Média a interrogé, les diplômés des ESPE verront aussi leurs conditions de travail dévaluées. En premier lieu, c’est le concept « pré-professionnalisation » qui pose problème. Ce dernier consiste à permettre aux étudiants de master 1 et de master 2 d’enseigner dans des écoles, sans avoir à passer de concours et dans des conditions de rémunération forcément moins « généreuses », puisqu’il s’agit en réalité d’un stage. En plus des conditions de travail, c’est la qualité de la formation elle-même qui pourrait être touchée par une telle mesure. « Comment un étudiant trouvera-t-il le temps de concilier le stage, la préparation au concours et le mémoire de recherche ? », nous dit un des professeurs. Peut-on voir cela comme un moyen de constituer une réserve de contractuels parmi ceux qui réussissent le master MEEF (master de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) mais échouent au concours ? C’est en tout cas ce qu’on redoute, dans les ESPE. D’ailleurs, les établissements devraient pouvoir recruter des contractuels auprès des étudiants en ESPE dès leur deuxième année de licence. Les académies risquent d’y avoir de plus en plus recours, avec les suppressions de postes et le manque de remplaçant que cela induit. « Comment peut-on parler « d’école de la confiance » alors qu’on va envoyer des professeurs non-formé devant les élèves ? », interroge un des professeurs.
Pour Blanquer, le métier d’enseignant s’apprendrait avec la pratique. « Ce n’est pas vrai, il y a des bases théoriques qui sont indispensables », nous dit Véronique Méloche, une des professeures de l’ESPE de Créteil. En fin de compte, « c‘est une manière de faire de l’enseignant un employé comme un autre », estime-t-elle. Les enseignants de l’ESPE de Créteil se posent beaucoup de questions : qui seront les tuteurs de ses jeunes étudiants « envoyés au casse-pipe » ? Combien d’heures d’enseignement feront les M1 et les M2 ? Seront-ils rémunérés convenablement ? À ces questions, le ministère ne semble pas pressé d’y répondre. « Blanquer dissimule plusieurs aspects de la réforme et le ministre ne veut pas discuter avec nous. Il n’y a aucun dialogue possible« , nous dit un autre professeur. Ceci étant dit, le projet de loi prévoirait de décaler le concours en Master 2, de façon à alléger la charge de travail des étudiants. Reste à savoir comment cela va s’organiser. Certains enseignants en poste sans concours et sans être allés jusqu’au M2 se posent la question, en tout cas. Ce qui pose encore un souci, c’est le risque de voir des enseignants recrutés sur concours, plus qualifiés a priori, mais sans être mieux payé pour autant.
Enseignants et lycéens tentent d’organiser la lutte
Depuis un moment déjà, le milieu enseignant et les lycéens sont en grève. Les lycéens avaient d’ailleurs payé cher leur opposition aux réformes Blanquer. On se souvient des images de Mantes-la-Jolie, lorsque les lycéens avaient été mis à genoux, mains derrière la nuque, par les forces de l’ordre. Depuis début février, certains enseignants ont décidé de s’engager dans la grève reconductible. Mais la grève peine à faire l’unanimité, car très (trop) coûteuse. Le mardi 5 février dernier, jour de grève générale, seules 5% des enseignants étaient en grève, à en croire les chiffres donnés par le ministère de L’Éducation nationale.
Vraies ou fausses, les statistiques gouvernementales ne doivent pas servir d’excuse à la démobilisation. D’autant que le contexte gilets jaunes et stylos rouges structure des opportunités de mobilisation qui ne se représenteront peut-être pas dès demain. C’est pourquoi plusieurs assemblées générales se sont tenues dans l’après-midi du mardi 12 février. L’objet de la discussion a porté sur les suites à donner à la mobilisation. Le constat apparaissait clair : les réformes Blanquer mettent en danger l’avenir des élèves et les conditions de travail des enseignants. Il a ainsi été conclu un temps fort de grève ce jeudi 21 février ainsi qu’un nouveau rassemblement devant le ministère. Quant aux revendications, elles sont claires : abrogation des réformes du lycée, de Parcoursup, la titularisation de tous les contractuels, une norme de 25 élèves par classe, l’abandon de la seconde heure supplémentaire imposée, des horaires et des rythmes scolaires nationaux, la reconnaissance des droits syndicaux pour les lycéens et le respect de la liberté d’expression menacé par la loi Blanquer.
Lire aussi : Une rentrée bousculée par Parcoursup
Plusieurs modes d’actions ont été soumis à la discussion comme la grève reconductible, la grève relais, le boycott de Parcoursup (consistant à entraver la remontée des notes vers la plateforme) ou encore la démission des professeurs principaux. Du côté des stylos rouges, on tente le coup de la surprise, pas moyen d’en savoir plus pour le moment. Ces derniers ont tout de même prévu une grève des examens, du brevet et du bac. Beaucoup d’idées ont été dégagées pour réinventer la lutte sociale et constituer un nouveau répertoire d’actions collectives.
Légende : Rassemblement métro Solférino contre les réformes Blanquer
Crédits : Irving Magi / Le Média

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