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Un rapport se penche sur les inégalités dans les collèges d’Île-de-France

Un rapport se penche sur les inégalités dans les collèges d’Île-de-France

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) s’est penché « au plus près » sur les ressources humaines des 874 collèges publics d’Île-de-France, dans les académies de Paris, Créteil et Versailles. Ils publient ce mercredi 24 octobre leurs conclusions : les collégiens des quartiers défavorisés en Ile-de-France bénéficient de conditions de travail moins favorables que ceux des zones plus privilégiées. Pour mener leur étude, les chercheurs ont découpé en quartiers rassemblant des populations à coloration sociale assez proche, de 2 600 habitants en moyenne.

La première inégalité concerne le personnel enseignant. Première remarque, les contractuels, c’est-à-dire les enseignants non titulaires, ne représentent que 5,5 % des professeurs de collèges des territoires parisiens et de banlieue (Neuilly-sur-Seine et Boulogne) très favorisés, contre 13 % en moyenne dans les zones cumulant le plus de difficultés socio-économiques. Ajoutons à cela que les élèves plus favorisés profitent de professeurs plus expérimentés. Ainsi, les collèges de Paris, Neuilly et Boulogne se distinguent, avec seulement 9,6 % de leur corps enseignant âgé de moins de 30 ans. Ceux-ci représentent en revanche plus du quart des effectifs dans les territoires défavorisés et plus de 30 % en territoires cumulant le plus de difficultés socio-économiques. Enfin, le Cnesco a aussi mesuré la stabilité des équipes enseignantes au sein des établissements. Il s’agit d’une variable reconnue comme un élément fondamental dans la réussite scolaire des élèves. Là encore, l’étude pointe de sérieuses inégalités : la part des enseignants affectés dans le même établissement depuis au moins huit ans est de 28 % des territoires parisiens et de banlieue (Neuilly-sur-Seine et Boulogne) très favorisés, 30 % dans les banlieues résidentielles favorisées, 22 % dans les quartiers défavorisés et 17 % dans les quartiers les plus défavorisés.

Les chercheurs se sont également penchés sur les résultats du brevet. Si les taux de réussites sont relativement similaires (89 % de réussite pour les premiers, 83 % pour les seconds), les notes des épreuves écrites nationales (qui représentaient 50 % de la note finale, les 50 % restants provenant du contrôle continu pendant l’année scolaire) sont beaucoup plus disparates. Les acquis scolaires des élèves des quartiers défavorisés apparaissent alors plus fragiles.  Les chercheurs émettent plusieurs recommandations pour combattre cet état de fait, accompagner les professeurs débutants et stabiliser les équipes. Ils proposent par exemple le tutorat, des formations spécifiques pour les jeunes enseignants souvent affectés dans les quartiers les moins favorisés, y compris « une formation aux codes culturels » dont les jeunes professionnels sont souvent éloignés, aides au logement ou places en crèche…

Légende : Salle de Classe

Crédits : Wikimedia Commons

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